Claude Nadeau, musique classique - clavecin, orgue... musique baroque

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lundi 20 août 2012

Litanies en grégorien

J'ai reçu un @ de quelqu'un qui me demandait la partition des litanies en latin... J'ai pensé que la réponse que je lui ai faite pourrait rendre service à quelques personnes, intéressées par cette très belle musique! Dans ma réponse, je donne les partitions, et des indications sur comment les chanter. Et j'ajoute un commentaire personnel:

Oui c'est long. C'est le principe des litanies. Mais donc, c'est la longueur de cette prière qui en fait l'intérêt. Dans d'autres traditions, on parlerait de "mantra" ou de "transe", eh bien les litanies c'est cela. Si ce n'est pas long et répétitif, cela n'a aucun intérêt. C'est aussi pour cela que le chant grégorien a des vertus (scientifiquement avérées!) apaisantes, intériorisantes. En même temps, quand on se penche sur son histoire le grégorien au tout début (qui ne s'appelait pas encore grégorien...) découle de la langue parlée, donc dans un thème comme celui-là, la phrase ne doit pas être trop lente, et doit reproduire le rythme de la parole normale, posée, mais pas lente pour autant. On ne devrait pas avoir besoin de reprendre son souffle au milieu d'une phrase. Mais bon, vous avez sans doute l'habitude de chanter le grégorien...

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mercredi 22 décembre 2010

Musique sacrée bretonne avec Symphonie de Breizh

article paru aujourd'hui dans Ouest-France

L'orchestre Symphonie de Breizh était en concert à l'église samedi 18 décembre. L'ensemble baroque vannetais a présenté son spectacle "Nedeleg e Breizh". Sous la direction de Claude Nadeau, claveciniste, des trésors ont été exécutés de main de maître. Le messie, de Haendel, chant lyrique interprété par Bleunwenn Mével, soprano, a ébloui les auditeurs (photo). Des chants de Noël en breton ont aussi été présentés. retrouvez bientôt trois extraits de ce concert, qui a fait l'objet d'une captation pour la web tv Brezhoweb

lundi 21 juillet 2008

Concet à l'orgue baroque historique (1709) de Notre-Dame de Quelven (Morbihan)

Première vidéo du concert: (4 min)

Quelven. Claude Nadeau en concert jeudi - Article paru dans Le Télégramme


Depuis le 1er janvier et pour deux ans, Claude Nadeau est en résidence à Vannes. Jeudi, l'artiste donnera un concert à Quelven. Son petit accent qui perdure ne trompe pas, cette claveciniste est bien d'origine québécoise. Sa passion de la musique l'a menée en France, puis en Bretagne. Au programme de ce concert :
Magnificat du Premier Ton (Livre d'orgue de Montréal), Deux chorals (J.-S. Bach), Salve Regina grégorien (chanté, sur le ton solennel), 2 Ricercar sur le Salve Regina (Manuscrit de l'Escurial), Lauda Sion (Arauxo), Kantig ar Baradoz - traditionnel "Le Paradis", extrait. "Huit chants de Bretagne" (Jean Langlais-1975), Deux Noëls, extrait du Premier livre (Claude Balbastre).

Concert à 17 h. Entrée libre
Tél. 02.97.27.70.08 (mairie). www.orgue-de-quelven.org

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dimanche 23 décembre 2007

Pour ou contre le travail le dimanche

La polémique enfle, faut-il oui ou non autoriser l'ouverture dominicale? En tant que musicienne et particulièrement en tant qu'organiste, j'aimerais participer au débat.

Oui mesdames et messieurs, c'est profondément injuste car voici des siècles que les églises sont ouvertes le dimanche et que les organistes travaillent dominicalement, sans être mieux payés et parfois même (souvent!) sans être payés du tout. Le premier des dix commandements de l'organiste n'est-il pas "Le dimanche tu travailleras, les jours de fête également"? Mais ce n'est pas là le seul sujet de récrimination, chers camarades.

Que dire en effet de l'emploi non-rémunéré des petits chanteurs dans les Maîtrises, martyrisés par leurs grands méchants patrons, j'ai nommé les ignobles, les infâmes chefs de choeur, sans que personne ne crie au scandale pour l'exploitation éhontée des enfants.

Sans compter le job de prêtre, où on constate une discrimination évidente au niveau du recrutement, discrimination li�e non seulement au sexe, mais aussi aux croyances religieuses!

Où va-t-on avec tout cela, je vous le demande.

PS: ceux qui n'ont pas d'humour, pas la peine de poster des commentaires incendiaires... ;-)


au boulot! accompagnement d'une messe, église St-Eustache, Paris

lundi 29 octobre 2007

Centre de musique sacrée de Saint Anne d'Auray : chapeau

J'ai assisté samedi soir au concert "Hommage à Jean Langlais" proposé par les Choeurs de la maîtrise de Sainte-Anne d'Auray à la Basilique du même nom dans le Morbihan : une splendeur!

Des oeuvres pour choeur et orgue de Poulenc, Pierre Villette, Jean Langlais bien sûr, mais également la "Séquence de Saint Michel" de Richard Quesnel, qui dirigeait la Maîtrise. Je découvre avec bonheur ce jeune compositeur et chef (né en 77), à la direction souple et confiante, qui arrive à tirer le meilleur des jeunes voix qui lui sont confiées. Sa "Séquence", créée il y a quatre ans, est une merveille et franchement, le concert fut exceptionnel. Ils sont jeunes, ils sont talentueux, ils sont beaux, transfigurés par la musique qu'ils partagent : ces musiciens vous donnent un profond bonheur à les entendre!

Le Centre de musique sacrée de Ste Anne d'Auray, sous la houlette de Bruno Belliot, est très actif, et organise notamment tous les ans une académie d'orgue.

vendredi 17 août 2007

Fêtes d'Arvor à Vannes

Ra vo saveteet ar Rouanez gant Doue! C'est Audrey Le Scouarnec qui vient d'être élue Reine de l'Arvor 2007 à Vannes (au milieu avec le tablier blanc), et j'ai eu le privilège de faire partie du jury qui évaluait les jeunes filles sur trois grands aspects : un jury "patrimoine", dont j'étais membre, qui jugeait la connaissance de la culture bretonne (culture générale, musique et danse, costume et langue), un jury "élégance et maintien" et un jury "authenticité du costume". Audrey porte avec beaucoup d'émotion la robe de mariage de sa propre grand-mère, et danse au sein du cercle du Croisty, en pays Pourlet. C'est la deuxième fois que j'ai le plaisir de faire partie du jury "patrimoine" et cette année, les candidates nous ont étonnés par leur niveau, tant et si bien que je crois que l'an prochain nous devrons être plus exigeants encore, et relever le niveau de nos exigeances afin de les départager!

C'est formidable de voir que onze demoiselles ont prétendu cette année au titre de Reine, pour lequel il ne suffit pas d'avoir une jolie tête mais également de l'avoir bien pleine. Et si pour l'année prochaine, nous demandions à chaque candidate de nous présenter un court exposé, une page disons, sur un sujet culturel de leur choix? Ainsi nous aurions le plaisir non seulement de voir ces somptueux costumes traditionnels, portés avec superbe, mais également d'entendre l'une nous parler des peintres de la côte, l'autre de l'architecture des maisons traditionnelles, ou une autre encore des traditions de mariage dans son propre village... Bref, d'envoyer chacune à la pêche afin qu'elles nous rapportent dans leurs filets de dentelle un élément culturel du pays de Vannes.

A l'occasion des Fêtes d'Arvor, j'ai essayé de lancer une nouvelle mode : se réapproprier certains éléments du costume féminin traditionnel et les intégrer dans une tenue moderne, dans un audacieux mélange de tradition et de modernité, comme les musiciens bretons ont si bien su faire avec leur art. C'est ainsi que j'ai porté la coiffe de l'île de Groix sur une robe qui, si elle est bien en velours noir comme les tenues traditionnelles, n'en est pas moins courte et tout à fait moderne, avec un perfecto en cuir blanc et des bottes montantes de cuir noir (sans oublier les bas résille, évidemment). Dazont ar brezhoneg n'o ket e botoù-koad med e botoù nadoz!

La coiffe et le béguin sont ceux de la mère de Yannig Baron, fondateur des écoles Dihun (langue bretonne au sein de l'enseignement catholique), qu'on voit sur la photo arborant le chapeau de son grand-père. A noter également le modèle réduit d'un thonnier groisillon, posé sur le dessus d'une presse à lin du 17e siècle, un meuble extrêmement rare et sans prix. Pour un Breton, la coiffe de sa mère est souvent le plus précieux des trésors ; porter celle de la mère de Yannick, vénérable militant et légende vivante de la langue bretonne, est donc tout un symbole, mais aussi toute une responsabilité!

Enfin, pour ceux qui se poseraient la question, il y a eu un peu plus de breton cette année à la messe du grand pardon de Notre-Dame d'Arvor à la Cathédrale de Vannes, mais labour 'zo c'hoaz! il reste du boulot, tri mil boulc'hurun! (tonerre de Brest!) Certes on a eu droit à quelques répons (acclamation après l'évangile, refrain de prière universelle...) et même la lecture de l'évangile en breton vannetais à la suite du français, mais de cantique breton comme tel, point. Pire : en chant d'entrée, on a osé composer des paroles en français soi-disant à Notre-Dame d'Arvor sur le cantique "Eürus an hini": on garde donc la très belle mélodie bretonne, c'est déjà cela, mais on enlève les mots savoureux sur lesquels elle a été écrite pour les remplacer par des mièvreries en français à l'eau de rose. Qu'à cela ne tienne! puisque mon rôle de jury me donne accès aux premiers rangs dans la nef de la cathédrale St-Pierre de Vannes, je fais de la résistance et avec toute la puissance de ma voix, j'ai chanté le cantique original sur la poésie en breton pendant que le pauvre chantre ânonnait les paroles en français qui ne vont certainement pas remporter de prix nobel de littérature et qui spirituellement ne veulent rien dire.

Je ne comprends pas, et là c'est l'organiste qui parle, l'organiste qui a dans ses veines le sang de sept générations de musiciens d'église, je ne comprends pas pourquoi on continue d'appauvrir le répertoire de musique sacré catholique sous prétexte d'accessibilité au plus grand nombre. Surtout que cela produit exactement l'effet contraire, il n'y a qu'à voir les églises vides! Après le dernier concile, on a jeté le grégorien avec l'eau du bain "pour faire moderne" alors que rien dans les textes de Vatican II ne nous y obligeait : cette musique qui rythmait les offices depuis plus de mille ans, plongeant ses racines dans le chant ambrosien et le chant byzantin, disparaissait du jour au lendemain pour laisser la place à quelques très jolis chants en langue vernaculaire et beaucoup de musique d'ascenseur. En Bretagne on détient un fonds de cantiques sublime, il y en a des centaines, en pays vannetais, en Finistère, partout -j'ai des bouquins entiers à la maison, un rayon complet de ma bibliothèque!- et le peuple breton qui fut très pratiquant à une époque a mis tout son génie dans cette musique qui revêtait une importance primordiale dans leur société. Voilà qu'aujourd'hui on zappe tout cela, on le balaie du revers de la main, non seulement cela n'existe pas mais ne vous y intéressez surtout pas : cela n'a jamais existé, circulez il n'y a rien à voir, et lorsque je m'en insurge je passe pour une horrible militante arriérée et rétrograde, une communautariste sectaire!

Une Bretonne en coiffe!...

Remarquez on a le même problème en Provence. Régulièrement je participe à des messes en provençal (et costumée en Arlésienne, attention!), et il est difficile, au-delà de la lavande et des cigales, de dépasser le folklorisme aux yeux des gens.

Or l'humain a besoin de sacré. Il a besoin de Beauté. Ce n'est pas parce que les cantiques bretons sont en langue bretonne qu'ils sont beaux : c'est à l'inverse parce qu'ils sont beaux que ceux-là ont réussi à traverser les siècles. Dans quelques centaines d'années, quand on ne parlera plus français en France et que dans le cadre d'une fête traditionnelle on célébrera une messe dans la nouvelle langue vernaculaire, le Globish, les cantiques en français du XXe siècle qu'on chantera peut-être seront ceux qui auront été assez beaux pour traverser l'histoire. Il en va de même avec les cantiques bretons aujourd'hui.

Qu'importe : moi je fais de la résistance, et je chante en breton, like it or not. Au sortir de la cathédrale j'ai lancé sauvagement le début d'un cantique en breton, dans la rue, et les fidèles qui étaient autour de moi se sont empressés de joindre spontanément leurs voix à la mienne, un large sourire sur le visage. Et quand on me demande en quelle langue a été célébrée la messe, je réponds que c'était une messe FLB. Français, Latin, Breton.

lundi 6 août 2007

Photos du concert de Lalouvesc

"Mais il va venir jusqu'ici, le public?" C'est la question que nous nous posions, alors que nous serpentions dans les cols qui mènent à Lalouvesc, 1100 m d'altitude dans les Cévennes, à 45 minutes de Valence. Une petite ville dotée d'une jolie basilique construite dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans laquelle un orgue assez récent nous attendait. Un instrument assez étonnant en véité et un peu hétéroclite, puisque selon ce qu'on m'a expliqué on a récupéré des éléments de trois orgues différents pour en construire un seul. J'ai pu commencer à répéter dessus mardi pour le concert de jeudi, et tout naturellement j'ai proposé d'accompagner les messes de semaine tous les jours de ma présence à Lalouvesc, ce qui m'a permis de me familiariser avec l'instrument. Lalouvesc, près de 500 habitants de nos jours, fut un très grand centre de pèlerinage puisque c'est en cet endroit que mourut saint Jean-François Régis. Encore aujourd'hui, la présence des pères Jésuites et des religieuses du Cénacle est très affirmée.

Eh bien le public est venu, et la basilique était presque comble pour le concert du 26 juillet, qui ouvrait le festival "Promenades musicales à Lalouvesc". Le public enthousiaste nous a même gratifiés d'une ovation debout après le concert! Quel bonheur, d'autant plus que nous avons pris réellement un grand plaisir à faire ce concert, qui comportait, en ce qui me concerne, le concerto pour orgue en si bémol majeur op. 4 n° 7 de Handel (le même que j'ai joué à Quintin) ainsi que le Stabat Mater de Pergolèse (solistes : Lys Nordet et Jean-Pierre Tazé), dans lequel j'ai fait le continuo d'orgue.

L'orgue est situé dans la nef, à hauteur même du sol, ce qui a permis à l'orchestre de venir se placer tout autour de l'instrument. Un orgue avec de très jolies sonorités (et notamment de belles mixtures!), très lumineuses, et parfaitement appropriées pour Handel!

lundi 30 juillet 2007

Supplique à Mgr Centène, évêque de Vannes, au sujet des cantiques bretons

Monseigneur,

Le 15 août prochain, j'aurai le bonheur de m'unir à votre prière pour la messe du pardon de Notre-Dame d'Arvor, puisque la Mairie de Vannes m'a fait l'honneur de me solliciter, cette année encore, pour faire partie du jury qui élira la "Reine d'Arvor" 2007.

L'année dernière j'avais déjà eu la joie de prier avec le Père Maurey et les centaines de fidèles rassemblés à cette occasion. Je ne suis pas d'origine bretonne, mais dans ma famille originaire du Québec je suis la 7e génération de musiciens d'église. Organiste, je m'intéresse de très près à la musique bretonne, qu'elle soit classique ou traditionnelle. J'ai eu l'occasion de faire un concert bombarde, orgue et chant en 2005 à la cathédrale de Vannes, au cours duquel j'ai fait la connaissance du Père Maurey (et bien sûr également de Michel Jégo). Plus récemment, j'ai effectué une tournée au Japon à l'occasion de la St Patrick 2007, avec le soutien du Conseil Régional, de l'Ambassade de France et d'Air France, au cours de laquelle j'ai fait un concert d'orgue à Tokyo qui a permis au public japonais de découvrir les compositeurs bretons et même vannetais tout aussi bien que les cantiques traditionnels bretons.

Je vous écris spécialement pour vous dire que j'avais été profondément attristée l'année dernière par la quasi absence de cantiques bretons au cours de la messe du 15 août.

Mon regard n'est pas celui d'une militante obtuse, et ces cantiques n'évoquent chez-moi ni l'enfance ni un certain folklorisme : ils sont seulement sublimement beaux.

Plus encore, j'ai remarqué à chaque fois que je participais à une messe en basse-Bretagne, que si les fidèles ânonnent les chants en français (qui sont souvent, avouons-le, d'une qualité musicale très discutable!), dès qu'on entonne un cantique breton, c'est toute l'assemblée qui chante à gorge déployée et avec une profonde joie - enfin, pour peu qu'on ait les paroles dans le feuillet de participation !

Je sais tout l'attachement que vous portez à la culture bretonne. Vous avez sur elle un regard qui est d'autant plus sincère que, comme pour moi, ce n'est pas la culture dans laquelle vous avez grandi. Je sais aussi à quel point vous êtes sensible à la belle liturgie, si importante pour que la prière sourde au coeur des fidèles. C'est la raison pour laquelle je me tourne vers vous pour vous demander d'essayer d'influencer les différents intervenants de la messe du 15 août prochain afin qu'il y ait un peu plus de place pour les cantiques bretons. Par ces cantiques, on détient en Bretagne un trésor musical inestimable ; or si on ne les chante pas en Bretagne, où les chantera-t-on? Laissera-t-on mourir ce répertoire qui vaut bien Mozart ou Bach à mes yeux ?

Bien sûr, nombreuses sont les personnes capables, à Vannes, de proposer à l'assemblée des cantiques bretons au cours de la messe du pardon de Notre-Dame d'Arvor. Mais s'il advenait que l'absence de ce répertoire à cette messe spécifiquement soit liée à un conflit de personnes ou toute autre raison non-musicale, je me propose à vous dans un esprit de service si je pouvais me rendre utile, comme animatrice de chant, pour faire profiter de ce répertoire la nombreuse assemblée du 15 aoît, (au moins chanter Rouanez karet an Arvor, "reine aimée de l'Arvor", c'est un minimum vu la circonstance!) .

Je vous remercie d'avance de l'attention que vous porterez à ma demande.

mercredi 18 juillet 2007

Amours, délices et orgues à Quintin

Répétition en solitaire ce matin en vue du concert de jeudi à la basilique de Quintin, sur le superbe orgue de la basilique de Quintin, construit par le Rennais Jean-Baptiste Claus au 19e siècle et classé monument historique en 1999:

Entre le trop et le trop peu, comment trouver la bonne ornementation, en fonction de la nature de l'instrument, car tous les orgues sont uniques, -et je viens tout juste de faire la connaissance de l'orgue avec qui (si si, avec "qui") je jouerai jeudi - et comment trouver le phrasé juste en fonction de l'acoustique tout à fait particulière de la basilique... L'orgue de Quintin présente quelques exotismes, notamment une pédale de tonnerre, et un jeu que je n'ai jamais vu nulle part ailleurs, qui me semble une néo-bretonnitude : le keraulophone.

Ker pour la Bretagne, "aulo" pour aulos, l'instrument à vent grec, et phone pour le son (comme saxophone...), sans doute...

Longue journée, qui se termine par une répétition du sublime Stabat Mater de Pergolèse, l'occasion de rencontrer le sympathique (et talentueux!) contre-ténor Jean-Pierre Tazé, avec qui je me suis rendue au café internet "Le Celtic" à Quintin pour vous rédiger ces lignes... Rendez-vous pour le concert jeudi à 20h45 à la basilique!

Pour ceux que ça intéresse, la composition de l'orgue:

Grand orgue

Bourdon 8'
Montre 8'
Salicional 8'
Prestant 4'
Octavin 2'

Récit

Quintaton
Cor de chamois 8'
Keraulophone
basson - hautbois
Flûte traversière 8'

Écho

Voix céleste
Gambe
Dulciane
Flûte harmonique 8'
Trompette 8'
Voix humaine 8'

Pédalier

Flûte 8'
Soubasse 16'

Machine Barker. Pédale d'expression (cuiller!). Trémolo. Accouplements en tout genre (honni soit qui mal y pense!). Pédale de tonnerre! VROUM!

l'orgue est plus ancien que la basilique, il a été conçu pour le couvent des Ursulines (toujours à Quintin), ce qui explique la sobriété des jeux, conçus surtout pour l'accompagnement.

Difficile de bien registrer de la musique baroque sur un orgue romantique! Mais avec un peu d'imagination et en rusant bien, on finit par arriver à le faire sonner baroque... ;-)

Belle mécanique bien précise (loué soit Barker - quand la machine fonctionne bien!), qui permet à mes petits doigts de claveciniste (tic tic tic!) de caracoler dans tous les ornements qui taquinent le clavier aux reprises.

lundi 9 juillet 2007

Les Nuits de Gignac et le mariage de Sandra et Julien

Encore un gros week-end, puisque vendredi soir je suis alle prter main-forte au Bagad d'Aix qui effectuait la premire partie d'un concert de Tri Yann au festival "Les Nuits de Gignac" dans le Gard. Ca impressionne toujours un bagad, mme hors de Bretagne, et mme un bagad qui n'a que quelques mois d'existence comme le Bagad d'Aix en Provence. Mais malgr le nombre de dcibels (15 cornemuses, bombardes et tambours, a s'entend!), il a encore fallu se battre contre le sonorisateur qui a lanc la sonorisation sur scne alors que nous tions en train de jouer (en acoustique, forcment), au mpris des danseurs qui nous entouraient. On est toujours fragile quand on fait de la musique non amplifie, mme de la musique de bagad ; et il faut encore et toujours se battre et pousser une gueulante pour faire respecter notre musique contre la toute-puissance des musiques amplifies...

Levs tt le lendemain matin, c'est en voiture que nous avons parcouru la distance entre Montpellier et Paris pour tre en costumes et prts jouer 16h Linas-Monthlry. Traverse du viaduc de Millau 8h du matin, sous le soleil matudinal, quelle splendeur. Puis trs belle crmonie de mariage en l'glise Saint Jean Baptiste de Leuville-sur-Orge pour les pousailles de Dame Sandra et Sieur Julien (bientt des photos!). J'ignorais jusqu' notre arrive qui tait le saint patron de l'glise o allait tre clbre la bndiction: Jean-Baptiste occupe une place de choix dans mon esprit car non seulement c'est le patron du Qubec (notre fte nationale est le 24 juin), mais galement, c'est l'hymne St Jean Baptiste, couche sur papier par Guido d'Arezzo vers le XIe sicle, qui a donn leurs noms aux notes de la gamme.

Quel dommage, je ne sais par coeur que le premier couplet, et je n'ai pas la partition sur moi: je ne pourrai donc pas la chanter... J'en fais part au sacristain, et vite vite avant la noce nous fouillons dans tous les placards de la sacristie pour chercher un vieux Paroissien Romain qui tranerait par l... nous avons trouv moult livres, des tonnes de poussire, des bouts de cierges, mais de Paroissien Romain, point... Toute triste, je me suis rsoute chanter autre chose et la crmonie commence. Vers le milieu de la premire lecture, le sacristain arrive, un peu essoufl, et me tend un feuillet : c'est "Ut queant laxis!" (mot mot : "Que tes serviteurs chantent d'une voix vibrante!") C'est l'hymne! Il a couru chez-lui, l'a trouve sur internet (!!!) et me l'a imprime. Alleluia! Au moment voulu, je me suis donc place sous la cl de vote de cette glise plusieurs fois centenaire, et la voix est monte comme l'encens qui emplit la nef de ses volutes... Frissons.

Pour la prochanie fois (et pour tous ceux que a intresse!) la partition de cette hymne se trouve ici (au format .pdf)

Au fait, une petite rgle de grammaire rigolote : "hymne" est fminin lorsqu'il s'agit d'une hymne religieuse, mais masculin lorsqu'il s'agit d'un hymne national... (lacit, quand tu nous tiens...!)

Dans le mme ordre d'ides, on pense tout de suite "amours, dlices et orgues"... qui sont masculins au singulier mais fminins au pluriel. Si ce n'est que selon le Grvisse (LA rfrence... d'autant plus que Maurice Grvisse tait Belge : on ne va tout de mme pas laisser les francophones de France s'occuper de leur langue, il seraient capables de ne pas en prendre soin), orgues n'est fminin pluriel uniquement lorsqu'il ne s'agit que d'un seul instrument : les grandes orgues de Notre-Dame de Paris, mais les beaux orgues de Bretagne...

samedi 23 juin 2007

Mariage de Nathalie (Marquay) et Jean-Pierre (Pernaut)

Ce week-end, un couple de maris pas tout fait ordinaires dans cette belle glise des Billettes Paris, puisque le prsentateur vedette du Journal de TF1 y convolait avec une ex-Miss France... J'ai eu le bonheur de les accompagner en musique, et il est vrai que cette crmonie tait trs spciale!

Musicienne d'glise depuis l'ge de 12 ans, je prends trs au srieux mon rle de "passeuse de lumire" (le terme exact requis est "psychopompe", m'apprend un ami internaute) ; une amie qui me demandait "comment je faisais" pour ne pas tre morte de trac en chantant devant des personnalits comme celles-l, j'ai rpondu qu'en fait, au moment prcis o la musique survient, il n'existe que trois choses : eux, ceux qui je donne la musique que je porte en moi, car la musique est faite pour tre donne et pour donner du bonheur aux gens, particulirement dans des moments de passage aussi importants que celui-ci ; moi, qui suis le vecteur, la mre-porteuse d'une musique que certes j'ai cent et cent fois poli, mais qui me dpasse ; et la Musique elle-mme, finalement, ou pour ceux qui y croient, la Lumire qui emplit de plnitude (n'oubliez pas ma devise : "Terrae reddo quod a caelo accepi"!). Il y a donc Celui qui m'a donn, il y a le couple qui reoit, et moi qui suis le vecteur, ou plutt le catalyseur, le passeur de lumire. Vu comme cela, il n'y a plus de trac avoir...

Cela dit, c'est bien beau en thorie, mais je vous avouerai que pour ma premire intervention, le "Laudate Dominum" de Mozart, l'motion m'a quand mme faite trembler un peu! Le deuxime morceau, l'Ave Maria de Schubert, n'a t troubl que par les "encouragements" d'un petit enfant... raction spontane de la part du bambin, c'est la vie qui se manifeste! Quel bonheur de participer un moment aussi important dans la vie d'un couple, et de marquer du sceau de la musique ce moment prcieux !

Crmonie trs prive, ceux qui voulaient des photos du mariage de Jean-Pierre Pernaut et de Nathalie Marquay ne m'en demandez pas : je n'en ai pas! En revanche je garde pour longtemps dans ma mmoire l'expression de profond bonheur sur le visage des maris alors que je chantais. Et a vaut tout l'or du monde!

Merci l'excellent organiste des Billettes, Eric Ampeau ; au Pasteur Joly qui nous accueillait en son glise ; au Pre de La Morandais qui prsidait cette clbration ; et au chanteur Grgory Turpin qui a partag avec moi l'animation musicale de cette crmonie.


Lundi, 25 juin
Tout juste remise de mes motions, et du lourd week-end avec la presta hier et la route qui va avec, je trouve ceci dans ma bote aux lettres:

Trop vite rencontr au mariage de Nathalie, je n'ai pas eu le temps de vous dire comme votre interprtation de l'ave maria de schubert m'avait mu. Toutes mes flicitations et merci pour ce moment de grce. J'espere vous r-entendre un jour, avec bonheur.

Mardi 2 juillet
Je reois aujourd'hui ce petit mot de la part du mari:

Merci de tout coeur. Je n'avais pas encore eu l'occasion de vous le dire tranquillement. Votre voix magique a largement contribu l'motion que nous avons ressentie nathalie et moi dans cette superbe glide des Billettes. Nous aurions tant voulu enregistrer la crmonie de bout en bout. Nous ne l'avons pas fait mais nous avons tout, absolument tout dans la tte et dans le coeur. Merci infiniment. Bien sur, ds que je recevrai des photos, je vous les enverrai bien sur. A trs bientt j'espre et trs cordialement.

Est-ce que ces deux messages ne valent pas tout l'or du monde?