Claude Nadeau, musique classique - clavecin, orgue... musique baroque

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lundi 15 août 2011

du clavecin aux Prix pour l'avenir de la langue bretonne - Ofis ar brezhoneg

Le 17 juin dernier, l'Office de la langue bretonne a remis ses "Prix pour l'avenir de la langue bretonne" en choisissant de le faire dans le très bel écrin de l'auditorium des Carmes, à l'école de Musique de Vannes, en profitant de l'affluence du Salon du Livre de Vannes. voir les lauréats sur le site de l'Ofis, l'article sur Agence Bretagne Presse en français et en breton, et sous l'oeil attentif des caméras de France 3 Bretagne

A cette occasion, il m'a été demandé d'ouvrir et de clore la cérémonie avec de la musique bretonne au clavecin. J'ai donc commencé par jouer un prélude et une gigue du compositeur vannetais Charles de Mars que j'affectionne tout particulièrement. J'ai aussi joué le cantique "Pe trouz war an douar", que le public s'est empressé de chanter avec moi! et puisque les bergers à la crèche "jouent haubois, résonnez musettes", je me suis prise à imaginer qu'ils auraient bien pu être un couple de sonneurs, et j'ai enchaîné sur un laridé vannetais en mode ancien. Au clavecin! On me dira plus tard dans la salle que certaines personnes n'ont eu qu'une envie: se lever et danser! N'est-ce pas après tout aussi l'un des rôles du clavecin, certes plus habitué à jouer des danses comme l'allemande, la gavotte, la courante, la sarabande?

J'appréhendais cette cérémonie, car j'ai toujours peur qu'on n'écoute le clavecin qu'avec complaisance, par politesse, en pensant ouais, finalement, bof. Mais à ma grande surprise, énormément de gens sont venus me voir après la cérémonie pour me dire à quel point ils avaient été conquis, qu'ils avaient découvert plusieurs facettes de l'instrument, et c'est toujours un moment magique pour un musicien.

L'occasion de tisser un parallèle entre le clavecin et le breton : il nous appartient de composer son histoire à venir. Dans les deux cas c'est ancien, c'est fragile, il faut prêter attention si on veut l'entendre, il a plus de littérature qu'on ne le pense, et si on n'y fait pas attention on ne l'entendra plus.

J'ai été frappée d'entendre plusieurs lauréats des prix venir chercher leur trophée et s'exprimer en français, s'excusant presque de ne pas être locuteur du breton. Remarquez, tant qu'ils posent des actions pour promouvoir cette langue, après tout... mais on a du mal à trouver crédible des personnes qui ne joignent pas les actes aux paroles. Je connais des personnes qui "s'excusent" depuis dix ans de ne pas parler breton. S'ils avaient vraiment voulu, vous ne me ferez pas croire que depuis 10 ans ils n'auraient pas trouvé quelques minutes tous les jours pour au moins potasser une méthode Assimil?...

Apprendre le breton est une décision. On peut ne pas la prendre et défendre quand même la langue; c'est déjà pas mal. Mais pour avoir fait l'effort de m'y mettre, je me suis rendu compte qu'on a une perception complètement différente de la question à partir du moment où on est à l'intérieur, où on fait partie des locuteurs.

Aussi je n'ai pas pu m'empêcher de répondre, avant mon dernier morceau, à toutes ces personnes qui s'excusent de ne pas parler breton en disant "oui, mais vous comprenez, moi mes parents ne parlaient pas breton..." eh bien les miens non plus! Un jour on se lève et on se prend en mains, c'est tout. Si vous avez vraiment envie de défendre le breton, parlez-le! Si vous ne trouvez pas le temps pour le faire, c'est que votre motivation n'est pas assez forte, ce qui est possible aussi et ce n'est pas répréhensible. Mais arrêtez de vous cacher derrière vos parents ou de dire "oh moi je viens du pays gallo". Apprendre le breton est une décision, vous la prenez et vous y consacrez les efforts que ça mérite, ou pas. Et si vous ne le faites pas, ce n'est pas grave, mais au moins reconnaissez que c'est parce que vous manquez de motivation. D'autres gens s'y mettent, des milliers de gens s'y mettent, et réussissent. Et puis franchement vous aurez beau dans quelques années défendre une langue que plus personne ne parle...

Trouveriez-vous crédible au Québec qu'on dise la main sur le coeur "moi je défends le français" et ce sans le parler? sans blague?...

On ne peut pas aimer qu'à moitié. Si vous défendez le breton sans le parler, alors vos amours sont platoniques... ce qui est tellement moins bien! ;-)

Ah oui tiens : mention spéciale aux "officiels", et c'est quand même pas piqué des hannetons, qui pouvaient bénéficier d'un casque pour la traduction simultanée, et qui ne l'ont porté que pendant les 5 premières minutes pour faire joli. Cela veut dire qu'ils ont passé la quasi totalité de la cérémonie à faire semblant d'être attentif à des paroles auxquelles ils ne comprenaient absolument rien. Cela veut aussi dire qu'ils s'en fichent royalement.

samedi 17 juillet 2010

Récital "Compositeurs bretons pour le clavecin, du XVIIIe au XXIe siècle" le 11 août à Plouha (22)

C'est dans la sublime chapelle Kervaria an Iskuit, à Plouha (22), que j'aurai le bonheur de jouer, le mercredi 11 août prochain, dans un concert tout clavecin.

Ce concert est présenté dans le cadre du festival du breton du Goëlo, organisé par Kalon Plouha.

Cette chapelle, dont les plus anciennes parties datent du XIIIe siècle, est classée Monument historique. Ses deux plus beaux atouts sont son porche, qui comporte les douze statues des apôtres, mais surtout une fresque qui court à l'intérieur de l'église et qui représente une danse macabre du moyen âge, l'une des seules en France et la seule en Bretagne avec celle de l'église de Kernascléden (si si, là où il y a les colonies de chauve-souris!)

Avec des oeuvres de Charles de Mars, Pierick Houdy, Yves Ribis, mais également des musiques traditionnelles bretonnes arrangées pour clavecin sur la base du travail d'Alan Stivell ou Didier Squiban, vais-je réussir à faire danser les morts?

Venez nombreux à ce concert exceptionnel et invitez vos amis!

Voir l'affiche

jeudi 23 juillet 2009

Téléfilm "Marquise de Pompadour" sur France 2 : non au clavecin karaoké!

Lettre à M. Jean-Marie Sernia

Monsieur,

Je viens de regarder sur France 2 le téléfilm "Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour", dont la musique est signée Jean-Marie Senia.

Je ne comprends pas, dans la musique de ce téléfilm, la musique d'inspiration baroque fait une large place à... un affreux son de synthé censé rappeler celui du clavecin... est-ce parce que la prod n'avait pas assez de budget, ou parce que vous n'avez trouvé aucun claveciniste pour interpréter votre belle musique?

Je suis toujours triste d'entendre de telles utilisations de cet instrument, car elles font énormément de tort à tous les clavecinistes. Je ne suis pas du tout puriste (je joue même du clavecin dans un groupe rock), mais le public, qui n'a que somme toute peu d'occasions d'entendre du clavecin en "live", interpréte à tort cet effet sonore des plus désagréables (vous en conviendrez) pour du clavecin. Et tous les jours nous devons réparer les dégâts, expliquer que, non, le clavecin n'est pas une "boîte à clous", comme des musiques largement écoutées telles que celles de ce téléfilm pourraient laisser croire. Oui c'est un instrument qui a une palette sonore un peu moins métallique et un peu plus riche...

Il faut peut-être être claveciniste, faire depuis plusieurs années des animations dans les écoles, des concerts populaires, bref de la vulgarisation pour se rendre compte de l'immense préjudice que l'utilisation de sons de synthé pour représenter notre instrument causent à ceux qui essaient, au quotidien, tant bien que mal, de faire aimer toutes les richesses du clavecin.

Dans ce téléfilm, on a aussi pu entendre des extraits sonores gentiment consentis par des maisons de disques qui sont toujours désireuses de recycler leurs catalogues (au détriment des compositeurs de musique de film d'ailleurs). Comment Ton Koopmann peut-il côtoyer un son de synthé? Il n'y a donc pas à Paris un seul claveciniste qui puisse enregistrer en studio vos compositions??

Excusez ma colère, ce n'est pas votre musique que je critique, mais tous les jours je dois désamorcer des bombes, c'est-à-dire faire face aux idées reçues des gens qui n'ont eu, pour tout contact avec le clavecin, que la musique des films et qui imagine que le clavecin, ce n'est "que" ça. De grâce, la prochaine fois, demandez à un musicien d'enregistrer pour vous. Je vous trouverai un élève qui le fera gratuitement si c'est une question de budget, mais par pitié, plus de synthé!

mardi 19 mai 2009

Concert baroque à Paris, "Lamenti"

Musique baroque du 17e siècle italienne et anglaise (Monteverdi, Frescobaldi, Strozzi, Purcell, Dowland), entrecoupée de poésies d'un maître bouddhiste vietnamien, Thich Nhat Hanh.

Brian Cummings, contre-ténor
Frederico Yacubsohn, viole de gambe
Claude Nadeau, clavecin
Benoît Damant, récitant

Mercredi 20 mai à 20h30 Théâtre L'Archipel, 17 bd Strasbourg 75010 Paris (métro Strasbourg Saint Denis)

vidéos

The Fatal hour, Purcell : http://www.youtube.com/watch?v=vn5JcDn8kjs
Flow my tears, Dowland : http://www.youtube.com/watch?v=2aM1oYBliic
Greensleeves http://www.youtube.com/watch?v=ccsI39xoF1U

Billetterie

Page Facebook de l'événement

jeudi 14 mai 2009

Vidéos du concert du 6 mai à Vannes

Suite pour clavecin de Mars
Port an Deorai, gigues de Alan Stivell
Pe trouz war an douar, noël vannetais
Suite vannetaise pour clavecin électro de Yves Ribis, 1er mouvement, Gwerz Marv Jean Jan
3e mouvement : An-Dro

Voir toutes mes vidéos sur Youtube

Article paru dans Le Télégramme:

Claude Nadeau défriche des trésors cachés

C'est la plus vannetaise des Québécoises: la claveciniste Claude Nadeau joue ce soir à l'Auditorium des Carmes sur le thème "compositeurs vannetais d'hier à aujourd'hui".

Bretons, elle vous a compris! Née à Montréal il y a 33 ans, la Québecoise Claude Nadeau est "tombée dans la marmite bretonne" depuis dix ans. Cette claveciniste est en résidence artistique à Vannes, mais elle cite plus volontiers l'expression bretonne: "Arzourez degemeret, ça veut dire artiste accueillie." Ce soir, elle veut "redonner aux Vannetais ce qui leur appartient". Son concert s'articulera en trois temps. Première partie: elle va jouer deux suites de Charles de Mars, qui a été organiste à la cathédrale de Vannes pendant 45 ans au début du XVIIIe siècle. "Ces trésors cachés font partie de notre patrimoine". Deuxième temps de son concert: elle va jouer deux suites de compositeurs contemporains locaux. Il y aura d'abord une suite de Pierick Houdy, un étellois de 80 ans qui a vécu 25 ans au Québec: ce morceau, "La gigue et la gavotte", n'a été joué qu'une fois, l'année dernière, pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec.

Une musique vivante

Claude Nadeau va aussi interpréter une suite en trois mouvements pour clavecin électrique, écrite par Yves Ribis. Ce guitariste lorientais de 52 ans a beaucoup composé pour Arz Nevez. "Je vais la jouer avec un boucleur, ce qui me permet de jouer en canon avec moi-même. C'est important de montrer que le clavecin n'est pas un instrument de musée". Dans la dernière partie de son concert, Claude Nadeau va réarranger de la musique traditionnelle bretonne: une suite de gigues écossaises d'Alan Stivell, deux suites de Didier Squiban et deux cantiques bretons.

Avec les félicitations des joueurs du Voc!

A ses yeux, c'est le temps fort de sa résidence artistique à Vannes, qui a commencé début 2008 et va durer au moins jusqu'à la fin de l'année. Elle s'est infiltrée dans la vie culturelle locale. Son leitmotiv: "créer des passerelles" et montrer que la musique classique peut plaire à tout le monde. Son dernier projet, mené en collaboration avec le Voc, en est une parfaite illustration: "Le stade est juste à côté, je veux entretenir des rapports de bon voisinage! J'ai invité les joueurs à venir au concert clavecin et percussions du 24 mars. Une dizaine sont venus, ils m'ont dit qu'ils avaient adoré. Il ne faut pas opposer la culture et le sport. On partage des valeurs communes: entraînement intensif, discipline, technique, esprit d'équipe..."

Laurent Guenneugues

article paru dans Ouest-France:

Claude Nadeau dépoussière le clavecin

Claude Nadeau joue les compositeurs vannetais d'hier à aujourd'hui, ce soir aux Carmes. Elle va même amplifier son clavecin et jouer avec une pédale "loop".

La claveciniste québecoise, en résidence artistique à Vannes, ne considère pas son instrument comme une pièce de musée. Ce soir, elle joue classique, contemporain, acoustique et amplifié.

Entretien

Claude Nadeau, cela fait un an et demi que vous êtes en résidence à Vannes. Vous donnez ce soir un concert de clavecin à l'auditorium des Carmes. Quel en est le programme ?

Déjà, c'est le moment fort de cette résidence. J'ai décidé de bâtir le programme autour de trois axes qui me tiennent à coeur : le patrimoine avec des oeuvres de Charles de Mars, organiste de la cathédrale de Vannes et compositeur du XVIIIe siècle ; des compositeurs contemporains vannetais, Yves Ribis et Pierrick Houdy ; et de la musique traditionnelle arrangée pour clavecin. J'ai transcrit des pièces d'Alain Stivell et Didier Squiban. Je vais aussi jouer des cantiques bretons, le cantique du Paradis et un Noël vannetais. C'est de la très belle musique.

Des auteurs contemporains écrivent pour le clavecin ?

L'avantage avec des musiciens contemporains, pour des instrumentistes comme nous qui jouons des compositeurs décédés il y a 300 ans, c'est qu'on peut les rencontrer, échanger, s'en faire des amis. L'écriture devient un projet commun.

Pierick Houdy, par exemple, m'a écrit une oeuvre l'an dernier que j'ai jouée pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Je ne l'ai donnée en public qu'une seule fois, là-bas.

Yves Ribis, lui, m'a écrit une suite vannetaise pour clavecin électrique. Le son sera amplifié et j'aurai un pédalier pour enregistrer des sons en direct et les faire tourner en boucle. Du coup, j'aurai les mains libres pour jouer en canon avec moi-même.

C'est la première fois que vous jouez du clavecin avec l'appui de ces technologies ?

Je suis très ouverte à tout ça. Je ne joue pas du clavecin avec une perruque XVIIIe. Ca n'est pas un instrument de musée qui a eu son heure de gloire et qu'on doit laisser prendre la poussière dans un coin. On peut le brancher sur un ampli Marshall.

Pour autant, je ne joue pas de la musique électronique. Le clavecin est équipé de capteurs. On l'amplifie sans déformation en respectant une certaine authenticité. Si Bach revenait, il se servirait de ces technologies pour écrire de la musique.

Quand j'entends des trucs qui me plaisent, je ne vais pas me priver de les jouer parce qu'ils n'ont pas été écrits pour le clavecin. Je transcris la partition. C'est ce que j'ai fait avec des pièces d'Alan Stivell et de Didier Squiban.

Denis Riou

lundi 27 octobre 2008

"Si le clavecin m'était conté"... conférence à l'Université de Bretagne Sud (Lorient)

"Le clavecin raconté..." par la claveciniste Claude Nadeau Instrument ancien et pourtant relativement méconnu, le clavecin est riche d'une histoire qui continue de s'écrire.

La claveciniste Claude Nadeau, accueillie à Vannes depuis janvier 2008 dans le cadre d'une "Résidence artistique", nous raconte l'histoire d'un instrument fragile et chatoyant, qu'elle aime d'amour et dont elle parle avec passion.

Comment ça marche ? D'où vient-il ? Comment l'accorder ? Que peut-il jouer ?...

De la fin du moyen âge à l'Europe des Lumières, de la cour de Versailles aux chansons des Doors ou de Jacques Brel en passant par les compositeurs bretons du XVIIIe siècle, Claude Nadeau nous entraîne, avec des extraits musicaux enregistrés et supports photographiques, dans l'épopée d'un instrument fascinant qui n'a pas fini de nous dévoiler ses secrets.

Jeudi 6 novembre 2008 à 17 h 30

Université de Bretagne-Sud
Pôle de Formations Sanitaires et Sociales, Amphithéâtre Germaine Tillion - 7 rue des montagnes, 56100 Lorient. Entrée libre et gratuite

contact : -

Je vous y attends nombreux!

lundi 22 septembre 2008

Webnoz : pari réussi! le "clavecin en prime time" récolte les meilleures cotes d'écoute

Pari réussi pour l'équipe de Webnoz ! L'émission de jeudi dernier autour du clavecin, avec des morceaux interprétés en direct et devant le public, dans un café branché à Vannes et en breton a été un énorme succès : elle a récolté la meilleure audience de l'émission depuis sa création et la deuxième meilleure audience de la jeune chaîne, diffusée exclusivement sur internet (WebTV Brezhoweb).

Si vous n'avez pas regardé jeudi soir l'émission Webnoz, animée par Lionel Buannic (photo) en direct du café A l'aise Breizh à Vannes, vous pouvez écouter l'émission en suivant ce lien :

http://www.surlaplace.tv/voflashlive/live.php?stream=WN19_Gwened&path=&id=87

Même si vous ne parlez pas breton, ne vous laissez pas impressionner par la langue utilisée dans ce talk-show : après tout, la musique n'a pas besoin d'être traduite... On m'entend interpréter en public la Sarabande en ré mineur de Handel (1733), que vous reconnaîtrez sûrement car c'était le thème du film Barry Lindon, puis trois mouvements d'une suite française d'un compositeur vannetais (1735), ensuite le Prélude en do majeur du premier livre du Clavier bien tempéré de Bach (1722), une improvisation sur une mélodie bretonne traditionnelle, "An hini a garan", c'est une chanson d'amour... enfin en générique de fin, l'Andro (une danse bretonne) de la Suite vannetaise de Yves Ribis, un morceau pour clavecin électronifié avec boucleur composé pour moi ;-) par Yves Ribis.

Ma première intervention parle de l'instrument lui-même, et de mon parcours de musicienne ; la seconde, en compagnie de Bernez Gestin, fait le parallèle entre la musique baroque et ce qui se passait à ce moment dans l'histoire de Bretagne, la troisième intervention comprend un micro-trottoir avec des collégiens ("Aimez-vous la musique classique?") et un échange avec le public. Parmi les autres invités, le groupe Houarnaj (guitare-saxophone), ainsi que des personnalités de la vie vannetaise et bretonne.

Je remercie l'animateur Lionel Buannic et toute son équipe de professionnels, et je tiens également à remercier le designer de haute couture Christophe Le Bo, qui m'a habillée pour cette émission. J'adore le travail de ce créateur, qui a déjà la réputation d'être "le couturier des stars"! Le baroque et l'un des thèmes favoris de ses collections, et d'ailleurs vous remarquerez la correspondance entre les motifs "baroques" de ma veste et le décor du clavecin...

samedi 21 juin 2008

Récital pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec : 4 juillet et 10 juillet

Vendredi 4 juillet 2008, 20:30 Eglise Notre-Dame des Victoires, vieux-Québec
Jeudi 10 juillet 20:30 Château Ramezay, rue Notre-Dame, Montréal

Dans le cadre des Fêtes du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, et de la venue du vieux-gréement breton Le Bélem, l'Union des Bretons du Canada invite Claude Nadeau pour un récital intitulé "Musique bretonne au temps de la Nouvelle-France", en l'église Notre-Dame des Victoires dans le vieux-Québec le 4 juillet, et au Château Ramezay, à Montréal, le 10 juillet.

Au programme : trois suites pour clavecin du compositeur breton Jean-Od�o de Mars (1735), un 'chant de Bretagne' de Jean Langlais, la création mondiale d'une suite pour clavecin sur des danses bretonnes de Yves Ribis, dédiée à Claude Nadeau, création mondiale d'une oeuvre de Pierick Houdy dédiée à Claude Nadeau é l'occasion du 400e.

Le premier concert au Québec de Claude Nadeau depuis 10 ans. Naturalisée Française, elle revient au Québec spécialement pour deux concerts à l'occasion des Fêtes du 400e.

Claude Nadeau sera habillée par le designer de haute couture Christophe Le Bo (Paris), originaire de Bretagne.

Concerts présentés grâce au soutien de la Région Bretagne et en partenariat avec la Fondation Bélem.

Le Bélem

et à l'intérieur, dans le salon du capitaine... un petit instant de détente!

Louis Le Duff et Claude Nadeau Bridor Brioche dorée Groupe Le Duff
Louis Le Duff

vendredi 28 mars 2008

Du clavecin pour M. le Marquis

On m'a demandé l'utilisation de ma musique au clavecin pour le site d'une exposition de peinture consacrée au Marquis de Sade.

En effet, quel instrument mieux que le clavecin peut faire pénétrer le visiteur dans l'univers du Divin Marquis?... Rendez-vous sur la page d'accueil www.expo-sade-lavalle.com, et attendez que les tableaux apparaissent...

Présentation de la Galerie: Après l'exposition "L'enfer de la BNF", l'exposition au centre culturel Barbican de Londres, retraçant 2000 ans de représentation de la sexualité dans l'art , à Sade ou le théâtre des fous interprété par Marie-Claude Pietragalla, "Le Bleu du Ciel" qui a réuni les oeuvres de Sade, Bataille et Noël à la Maison de la poésie"

A deux pas de la chapelle de Matisse à Vence et de la Fondation Maeght, Marc Lavalle expose du 30 mai au 29 juin 2008, à la chapelle St Jean-Baptiste, dans le village de Saint Jeannet, une série de 120 oeuvres inspirées des 120 journées de Sodome du Marquis de Sade et des gravures illustrant une correspondance du divin Marquis et de Madame de Sade.

samedi 15 décembre 2007

Eloge des clavecins mûrs (2)

Je suis allée ce soir au concert de Gustav Leonhardt à la Cité de la Musique : il jouait sur deux instruments historiques qui font partie de la collection permanente du Musée, le clavecin Jean-Henry Hemsch, que je n'avais jamais encore entendu en vrai mais que j'ai déjà joué en copie (mais attention! en excellente copie signée Marc Ducornet), et également un clavecin Ioannes Couchet de 1652, classé trésor national, et acquis par le Musée de la Musique avec l'aide de l'Etat en 2003.

Un clavecin, un simple clavecin, trésor national de la République Française? Ca fait du bien de savoir qu'un bel instrument de musique peut être considéré trésor national, en ces temps d'audimètre et de Star Académie.

Tiens au fait, on devrait faire une Baroque académie : on enferme des jeunes dans un château, on leur donne des cours intensifs de clavecin, ou d'un autre instrument d'ailleurs, des cours de danse baroque, des cours de rhétorique, de contrepoint, de basse continue, et après quelques semaines, hop! on voit qui le public va sacrer "nouvelle star de la musique classique". Ca marcherait, vous croyez? Ah bon, la musique ça demande quoi? Du travail, vous dites? Naaaaan, incroyable!

Bref! très beau concert ce soir, qui affichait complet depuis plusieurs semaines. Ce n'est que grâce à une amie que j'ai pu obtenir exceptionnellement une place, et encore! j'étais assise par terre, sur une marche. Ce qui me plaçait, littéralement, aux pieds du Maître... Et qui m'a permis de constater, avant qu'il n'attaque chacune des pièces, un léger tremblement de mains du claveciniste : comment? même quand on est Gustav Leonhardt, avec 180 enregistrements à son actif, le Maître incontesté, le demi-dieu du clavecin, voire le dieu tout entier, on a parfois le trac? Le Maître, du coup, m'est apparu tellement humain. Tellement proche. Et son regard bleu qui scrutait la foule applaudissante, cherchant un regard sympathique, s'attardant un instant sur le mien (mais peut-être n'est-ce qu'une illusion du fait d'avoir été au premier rang?) couplé à l'intense bonheur d'entendre ces instruments exceptionnels tantôt frémir et tantôt rock'et'rouler m'ont procuré un intense bonheur.

Il n'y a pas de musique ancienne. Toute musique ne peut être que profondément contemporaine, au-delà des codes de l'esthétisme, dès lors qu'elle procure une émotion aujourd'hui même. Ce fut le cas ce soir.