Claude Nadeau, musique classique - clavecin, orgue... musique baroque

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dimanche 8 juillet 2012

Compositeurs bretons

Connaissez-vous les compositeurs bretons? Claude Nadeau a écrit et animé pour France3 la série Klasik Breizh, réalisée par Youenn Chap, qui présente 10 portraits de compositeurs bretons. 46 musiciens professionnels et une trentaine de personnes à France3 ont travaillé ensemble pour créer ces documents uniques, véritable Tro Breizh de la musique classique. N'oubliez pas de cliquer sur "sous-titres"!

Jean CRAS, contre-amiral du port de Brest et symphoniste, avec Nadine Bodiguel (violon) et Elisa Bellanger (piano)
Charles DE MARS, claveciniste vannetais, avec Claude Nadeau (clavecin)
Jean LANGLAIS, organiste rennais, avec Véronique Le Guen (orgue)
Rita LA VILLETTE-STROHL, mystérieuse compositrice lorientaise, avec le Quatuor des Iles
Paul LADMIRAULT, membre nantais des Seiz Breur, avec la Maîtrise de la Cathédrale de Nantes
Jean-Pierre DANIGO, et la redécouverte de son manuscrit vannetais, avec Symphonie de Breizh (épisode pilote)
Jean-Batiste MATHO, un Breton à la cour de Versailles, avec Symphonie de Breizh
Daniel DANIELIS, le génial baroque vannetais, avec Maïlys de Villoutreÿs (soprano)
Guy ROPARTZ, symphoniste guingampais, avec Gaspard Dehaene (piano) - le talentueux fils d'Anne Quéfféllec...
Pierick HOUDY, compositeur contemporain bien vivant, avec Raoul Le Chenadec et Violaine Le Chenadec (voix)

jeudi 26 mai 2011

Musique classique et langue bretonne à Vannes

Concert très privé pour 130 élèves du collège et des écoles Diwan de Vannes et d'Auray. Les musiciens de Symphonie de Breizh devant un public exceptionnel

Mardi, 130 élèves du collège et des écoles Diwan de Vannes et d'Auray étaient invités au palais des arts pour un concert, en avant-première, de la musicienne baroque Claude Nadeau et de l'orchestre baroque Symphonie de Breizh.

« C'est très rare d'avoir un spectacle sensibilisant les enfants à la musique baroque, souligne Bertrand Deléon, directeur de l'école Diwan de Vannes. Nous avons la chance d'avoir une musicienne passionnée qui adapte un concert avec des contes en breton. Comme quoi, on peut décliner la culture bretonne de plusieurs façons... »

Si la musicienne québécoise a perdu son charmant accent, elle maîtrise parfaitement la langue bretonne. L'occasion pour elle de montrer une approche pédagogique sur la présentation des instruments et d'avoir des échanges avec les élèves en version très originale.

Ouest-France, 26 mai 2011

mercredi 25 mai 2011

Symphonie de Breizh repart pour une seconde saison - Vannes

Ouest-France / Bretagne / Vannes / Archives du mardi 24-05-2011

Neuf concerts en Morbihan, une sensibilisation dans les écoles, une politique tarifaire attractive pour les moins de 25 ans (un concert pour le prix d'une place de cinéma), des partenariats bien sentis, un orchestre de jeunes musiciens motivés, de la musique baroque en rapport avec l'histoire et les compositeurs bretons...

La recette de Symphonie de Breizh est bonne. L'orchestre baroque a réussi son examen de passage auprès du public. Emmené par sa chef, Claude Nadeau, il repart pour une seconde saison. Symphonie de Breizh donne son 4 e et dernier concert à Vannes, le 24 mai. Ce concert, Ar mor barock, a la mer pour thème au travers d'oeuvres d'Haendel, Purcell, Rameau. Des places sont à gagner sur ouest-france.fr.

Mardi 24 mai, à 20 h 30, au Théâtre Anne-de-Bretagne. Entrée : 15 €. pour les moins de 25 ans, le billet sera au prix d'une place de cinéma.

samedi 17 juillet 2010

Récital "Compositeurs bretons pour le clavecin, du XVIIIe au XXIe siècle" le 11 août à Plouha (22)

C'est dans la sublime chapelle Kervaria an Iskuit, à Plouha (22), que j'aurai le bonheur de jouer, le mercredi 11 août prochain, dans un concert tout clavecin.

Ce concert est présenté dans le cadre du festival du breton du Goëlo, organisé par Kalon Plouha.

Cette chapelle, dont les plus anciennes parties datent du XIIIe siècle, est classée Monument historique. Ses deux plus beaux atouts sont son porche, qui comporte les douze statues des apôtres, mais surtout une fresque qui court à l'intérieur de l'église et qui représente une danse macabre du moyen âge, l'une des seules en France et la seule en Bretagne avec celle de l'église de Kernascléden (si si, là où il y a les colonies de chauve-souris!)

Avec des oeuvres de Charles de Mars, Pierick Houdy, Yves Ribis, mais également des musiques traditionnelles bretonnes arrangées pour clavecin sur la base du travail d'Alan Stivell ou Didier Squiban, vais-je réussir à faire danser les morts?

Venez nombreux à ce concert exceptionnel et invitez vos amis!

Voir l'affiche

jeudi 9 juillet 2009

Faire-part de naissance : un nouvel orchestre baroque est né

violon baroqueL'ensemble Baroque

Symphonie de Breizh
direction artistique Claude Nadeau

vous invite
à son premier concert


Dimanche 12 juillet à Vannes
20h30, église St Patern

entrée libre

vendredi 30 mai 2008

"La résidence de tous les possibles" - article dans Armor Magazine

cliquer sur l'article pour agrandir et lire ou imprimer

article paru dans Armor Magazine de juin 2008
photo : Romain JOLY

mercredi 26 mars 2008

"Une journée avec Claude Nadeau" interview dans "Peuple breton - Pobl Vreizh", mars 2008

"Mardi 26 janvier. Claude Nadeau et moi avons rendez-vous sur le quai de la gare de Rennes. Je suis accueilli par un "Degemer mat e Roazhon" [bienvenue à Rennes] On sent qu'elle est ici chez elle, comme dans beaucoup d'autres endroits sûrement ! C'est la première fois que je rencontre Claude "en vrai", malgré sa forte présence sur Internet, notamment sur Facebook ou sur son blog. Claude Nadeau a déjà été l'invitée du Peuple breton en octobre 2004. Elle me l'avait promis : Un devezh gant Claude Nadeau a grog da 7 eur vintin hag a echuiñ da 2 eur noz ! [une journée avec Claude Nadeau débute à 7h du matin et se termine à 2h dans la nuit] Bref, d'emblée elle dégage une énergie immense et une réelle présence, qu'elle semble mettre au service de sa passion pour la musique et la langue bretonne..."

Lire la suite

lundi 3 décembre 2007

Bière, clavecin et brandebourgeois

Il y a quelques mois, je vous parlais de la Duchesse de Lorraine, une bière brassée selon une recette du XVIIIe siècle, que je qualifiais de véritable "bière de claveciniste" : instruments d'époque, bières d'époque, même combat. Aujourd'hui je voudrais porter un toast avec deux autres bières de baroqueux : la Hotteterre et la Sainte-Colombe.

Bières de baroqueux, car elles portent chacune le nom d'un compositeur de l'époque baroque, Jacques Hotteterre, célèbre pour ses oeuvres pour la flûte, et Monsieur de Sainte Colombe, dont le nom évoque tout de suite la viole de gambe - plusieurs d'entre vous ont peut-être déjà fait sa connaissance à travers le film "Tous les matins du monde"...

La petite ville de La Couture Boussey, dans l'Eure, est célèbre pour avoir été un important centre de lutherie : entre 1850 et 1940, la moitié de la population du village vit de la lutherie! On peut d'ailleurs y visiter un musée des instruments à vent. C'est là que vécut et travailla Jacques Martin Hotteterre, qui fut célèbre pour sa Méthode de flûte traversière (le fameux traverso des baroqueux, une flûte traversière en bois sans système de clés, avec un son complètement différent des flûtes en métal modernes), pour ses pièces de flûte et bien sûr pour les instruments qu'il fabriquait. Le logo de la bière "Hotteterre" représente d'ailleurs le musicien en train de jouer du traverso... Et, comble de bonheur, la brasserie Hotteterre, qui se visite, propose, en plus de ses chambres d'hôtes, des concerts!

"Bienvenue au pays des fées" nous dit d'emblée le site de la Brasserie Sainte Colombe, situé à... Sainte-Colombe, dans l'Ille et Vilaine (près de Rennes). Deux Hollandais qui ont la passion de la bière ont créé cette brasserie en 1996, et si le nom de Brocéliande évoque les enchantements des fées, celui de Sainte Colombe est pour les musiciens la souvenance d'un compositeur prolifique dont on dit qu'il ajouta une septième corde à la viole de gambe. Pas de musique dans la bière Sainte-Colombe, mais quand même un souci d'authenticité dans ces bières pur malt, non filtrées, non pasteurisées.

Et pour ceux qui rigoleraient sous cape, lorsque j'évoque les bonnes bières sur un blog normalement dédié à la musique baroque, je vous signale que les Concertos Brandebourgeois de Bach ont été créés dans une brasserie, le Café Zimmermann, qui a d'ailleurs donné son nom à un ensemble baroque français que j'ai eu l'occasion d'entendre en concert encore récemment sous la houlette de Gustav Leonhardt. Et puis, moi aussi j'ai déjà donné un concert de clavecin dans une brasserie: souvenez-vous de la Fête de la Musique 2004 à Nantes au très culte Café Flesselles : j'avais apporté mon clavecin, et nous nous étions régalés à vous servir du Bach, du Vivaldi, du Handel dans une ambiance qui vaut bien celles des bars jazz... FIP (la radio) en avait parlé toute la journée... Tiens, et si je récidivais à Vannes? Qui connaît un bar un peu branché et alternatif où l'on pourrait faire des sessions baroques? Je sens qu'avec cette nouvelle résidence artistique, on va bien s'amuser...!

samedi 1 décembre 2007

Claude Nadeau nommée artiste en résidence à Vannes (Morbihan, Bretagne)

Vannes crée une nouvelle résidence d'artiste

François Goulard, député-maire de la Ville de Vannes, a annoncé hier par voie de conférence de presse la création d'une résidence artistique qui sera confiée à Claude Nadeau.

Après la danse (Gilschamber), le théâtre (Vincent Colin), la photographie (Hélène David), la ville de Vannes crée une résidence d'artiste en musique en accueillant la claveciniste Claude Nadeau.

Cette résidence s'inscrit dans une actualité 2008 riche de créations au sein du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Vannes. Rappelons l'ouverture du 3e cycle de danse-jazz, inédit en Bretagne, et l'ouverture du département Musique traditionnelle.

Masterclass, stages ouverts aux élèves du conservatoire et de l'extérieur, concerts, interventions dans le cadre de l'Académie de musique, du festival de jazz... concrétiseront ces collaborations.

Les actions menées dans le cadre de la résidence seront d'ailleurs transversales:

- avec ces nouvelles disciplines proposées au sein de l'établissement, mais également avec les classes d'ensemble

- avec les autres équipements culturels: Musée, Théâtre Anne de Bretagne (travail avec des comédiens)

- avec les associations locales

- avec les scolaires : interventions pédagogiques...

Egalement en projet, des collaborations avec le centre de musique sacrée de Sainte Anne d'Auray.

Cette résidence est conclue sur la période 2008-2010.

Claude Nadeau :

� Dans notre �poque � la recherche de ses racines, la musique ancienne d�voile des tr�sors insoup�onn�s.

J'aborde toutes ces musiques dans une qu�te sinc�re d'authenticit�, � travers l'Histoire et la Tradition. �

Claveciniste (premier prix de conservatoire), organiste, chef de ch�ur (elle a dirig� le ch�ur de Radio France Outremer), Claude Nadeau est issue d�une famille de musiciens d��glise au Qu�bec.

Claude Nadeau est sp�cialis�e en musique ancienne mais s�int�resse aussi aux musiques traditionnelles, au chant gr�gorien, � la danse, � la cr�ation contemporaine. C'est d'ailleurs dans un r�pertoire de musique contemporaine qu'on a pu l'entendre comme soliste en janvier 2007 � l�Op�ra National de Paris.

Elle s�est produit � Vannes en f�vrier 2007 � l�Auditorium des Carmes, dans le cadre de la Saison musicale. Au cours du concert, elle avait jou� des �uvres d�un compositeur baroque vannetais.

Claude Nadeau est par ailleurs, pr�sidente du comit� de soutien de l'�cole Diwan Paris.

source : mairie de Vannes

Vous pourrez suivre l'aventure de cette r�sidence artistique, au jour le jour, sur ce blog. Restez branch�s!

Bon, cela suppose aussi que je m'ach�te un ordinateur portable...! ;-) Personne n'en aurait un vieux � donner, par hasard?... (je tente ma bouteille � la mer!)

lundi 29 octobre 2007

Centre de musique sacrée de Saint Anne d'Auray : chapeau

J'ai assisté samedi soir au concert "Hommage à Jean Langlais" proposé par les Choeurs de la maîtrise de Sainte-Anne d'Auray à la Basilique du même nom dans le Morbihan : une splendeur!

Des oeuvres pour choeur et orgue de Poulenc, Pierre Villette, Jean Langlais bien sûr, mais également la "Séquence de Saint Michel" de Richard Quesnel, qui dirigeait la Maîtrise. Je découvre avec bonheur ce jeune compositeur et chef (né en 77), à la direction souple et confiante, qui arrive à tirer le meilleur des jeunes voix qui lui sont confiées. Sa "Séquence", créée il y a quatre ans, est une merveille et franchement, le concert fut exceptionnel. Ils sont jeunes, ils sont talentueux, ils sont beaux, transfigurés par la musique qu'ils partagent : ces musiciens vous donnent un profond bonheur à les entendre!

Le Centre de musique sacrée de Ste Anne d'Auray, sous la houlette de Bruno Belliot, est très actif, et organise notamment tous les ans une académie d'orgue.

jeudi 11 octobre 2007

Marcescence

Les fleurs qui trônaient sur ma table ont terminé leur spectacle : elle se courbent pour saluer.

Sous vos applaudissements, messieurs et mesdames, les gerbera viridifolia du Léon : eh oui, même les fleurs sont bretonnes chez-moi, et celles-ci ont tenu le haut de l'affiche durant presque deux semaines.

Clap - clap - clap -clap - clap -clap pour elles.

Rideau.

Je reçois un coup de fil étonnant ce soir, de la part de l'épouse d'un ami claveciniste qu'on vient d'hospitaliser pour une pneumonie. Bon, rien de grave, mais il ne pourra pas assurer son concert dimanche de clavecin solo, et on me propose l'opportunité de le remplacer, et puisque le public va venir, de faire moi-même un concert de clavecin solo, ce dimanche, à Paris.

Grave décision : je suis actuellement dans une phase mijotante, je fais un travail très intérieur et toute à la préparation de mes nouveaux projets, je n'ai rien de cuit, rien de prêt à manger pour dimanche prochain.

Que faire? Accepter tout de même et ressortir les valeurs sûres qui font partie de mon répertoire, ou décliner et rester dans ma caverne?

Qu'en pensent les visiteurs de ce blog?

PS: la signification do mot "marcescence" se trouve dans ce billet

lundi 24 septembre 2007

Le Reine-Claude

Je fais beaucoup de clavecin actuellement. J'y reviens comme on revient toujours à son premier amour, et parfois il nous faut plusieurs heures pour nous réhabituer l'un à l'autre. Parfois le "Reine-Claude" ne sonne pas, comme s'il m'en voulait de l'avoir délaissé pendant plusieurs jours il me prive de ses meilleurs fruits, et il me faut le jouer longtemps, patiemment, doucement, pour qu'il daigne me prodiguer, comme un immense cadeau, ses châtoyantes sonorités sous mes caresses.

Le "Reine-Claude"? Il a déjà sa légende, car les plus beaux opus de Marc Ducornet ont un nom, comme les Stradivarius. Ce nom doit à la fois aux caractéristiques physiques de l'instrument et à la fois au claveciniste qui l'a inauguré ou qui le possède (comme on possède une femme - moi par exemple je possède le Reine-Claude, vraiment). Ainsi il y a, dans la galaxie des plus beaux Ducornet, le "Verlaine", inauguré par Blandine Verlet ; il y a aussi "Pinnocchio", le grand amour de ma vie (que je finirai bien par acquérir, bon Dieu! mais il vaut son pesant d'or...), inauguré par Trevor Pinnock, et quelques autres encore qui méritent qu'on les appelle par leur nom.

Lorsque j'ai enfin pu m'acheter mon instrument de travail, celui qui jusqu'à présent s'appelait le "52 notes" a été baptisé. Il est né en 1977 non pas du travail des excellents artisans que compte aujourd'hui l'atelier, mais des mains même du maître. Il a été inauguré, m'apprend l'excellent Jean Bascou (également facteur de clavecins, à Simiane) à l'Abbaye de Fontevraud par un certain William Christie. Il a fait plusieurs fois le tour du monde, ayant été utilisé à leurs débuts par les Arts Florissants et le même Bill Christie. Il a pas mal bourlingué avec moi aussi pour mes concerts un peu partout, sa dernière grande sortie était pour deux concerts en Bretagne : à Carhaix et à l'auditorium des Carmes à Vannes. Heureusement, il n'est pas très lourd et se déplace relativement facilement... car, eh oui, c'est moi qui le porte... Même si je dis souvent qu'on reconnaît mes vrais amis au fait qu'ils aient déjà porté le clavecin! Le portage du clavecin est une épreuve initiatique...

Pourquoi lorsque je l'ai acquis l'avoir baptisé le "Reine-Claude"? En obéissant aux règles des noms des clavecins Ducornet : d'abord la caractéristique physique de l'instrument, sa couleur qui rappelle celle de la prune de ce nom, son style qui le rend particulièrement propre à la musique de la Renaissance (la reine Claude était l'épouse de François 1er). Mais aussi à cause du prénom de sa propriétaire (et de ses allures royales, confieront ceux qui la connaissent), et parce que la reine Claude était la fille d'Anne de Bretagne.

Actuellement sur le pupitre, je travaille justement la musique de compositeurs bretons du XVIIIe siècle, la Fantaisie chromatique de Bach (quelle musique psychédélique!), le concerto pour clavecin en sol mineur toujours de Bach, des tangos de Piazzola et Take Five de Dave Brubeck. J'ai plein de projets, si vous saviez, mais pour le moment je suis encore sous le sceau du secret. De grandes choses se préparent! Ah si, j'allais oublier que j'improvise tous les jours sur un thème, comme un mantra ou une prière, et que tout cela se cristallisera sûrement bientôt en "paraphrase", comme ma "paraphrase sur le cantique Ar Baradoz" que certains d'entre vous connaissent déjà : ce thème que je peins quotidiennement et amoureusement au clavecin, c'est la gwerz bretonne "An hini a garan". Breizh Touch oblige!

dimanche 9 septembre 2007

Mariage d'Aurélie et Cédric au Château de Montmuran (Ille-et-Vilaine)

J'ai joué ce week-end pour mes 16e, 17e et 18e mariages de l'année : meilleurs voeux aux jeunes mariés!

Ci-dessus, les photos du mariage d'Aurélie et Cédric, au très beau château de Montmuran, entre Rennes et Dinan. La célébration religieuse a eu lieu à l'église des Iffs, et le thème médiéval fut l'occasion d'entonner du chant grégorien (le Salve Regina sur le ton solennel), un Cantiga de Santa Maria d'Alphonse le Sage et le sublime "O coruscans" d'Hildegarde von Bingen. Sacrée femme que Sainte Hildegarde, docteure en médecine, docteure en théologie, mère abbesse d'un monastère d'hommes, compositrice de musique et d'opéras sacrés, il faut lire sa biographie par Régine Pernoud. Chanter la musique de l'auteure des "Chants de l'extase" dans un lieu de prière aussi beau que celui-là vous remue jusqu'aux tréfonds de l'être.

La soirée s'est poursuivie entre chansons à boire et autres facéties, avec l'agneau à la broche et moulte bombance et ripaille! Merci à Antoinette Galon pour les superbes photos ci-dessus, ainsi que pour le chaleureux accueil au gîte La Pélerinière, à Saint Pern, une bonne adresse en Bretagne!

vendredi 17 août 2007

Fêtes d'Arvor à Vannes

Ra vo saveteet ar Rouanez gant Doue! C'est Audrey Le Scouarnec qui vient d'être élue Reine de l'Arvor 2007 à Vannes (au milieu avec le tablier blanc), et j'ai eu le privilège de faire partie du jury qui évaluait les jeunes filles sur trois grands aspects : un jury "patrimoine", dont j'étais membre, qui jugeait la connaissance de la culture bretonne (culture générale, musique et danse, costume et langue), un jury "élégance et maintien" et un jury "authenticité du costume". Audrey porte avec beaucoup d'émotion la robe de mariage de sa propre grand-mère, et danse au sein du cercle du Croisty, en pays Pourlet. C'est la deuxième fois que j'ai le plaisir de faire partie du jury "patrimoine" et cette année, les candidates nous ont étonnés par leur niveau, tant et si bien que je crois que l'an prochain nous devrons être plus exigeants encore, et relever le niveau de nos exigeances afin de les départager!

C'est formidable de voir que onze demoiselles ont prétendu cette année au titre de Reine, pour lequel il ne suffit pas d'avoir une jolie tête mais également de l'avoir bien pleine. Et si pour l'année prochaine, nous demandions à chaque candidate de nous présenter un court exposé, une page disons, sur un sujet culturel de leur choix? Ainsi nous aurions le plaisir non seulement de voir ces somptueux costumes traditionnels, portés avec superbe, mais également d'entendre l'une nous parler des peintres de la côte, l'autre de l'architecture des maisons traditionnelles, ou une autre encore des traditions de mariage dans son propre village... Bref, d'envoyer chacune à la pêche afin qu'elles nous rapportent dans leurs filets de dentelle un élément culturel du pays de Vannes.

A l'occasion des Fêtes d'Arvor, j'ai essayé de lancer une nouvelle mode : se réapproprier certains éléments du costume féminin traditionnel et les intégrer dans une tenue moderne, dans un audacieux mélange de tradition et de modernité, comme les musiciens bretons ont si bien su faire avec leur art. C'est ainsi que j'ai porté la coiffe de l'île de Groix sur une robe qui, si elle est bien en velours noir comme les tenues traditionnelles, n'en est pas moins courte et tout à fait moderne, avec un perfecto en cuir blanc et des bottes montantes de cuir noir (sans oublier les bas résille, évidemment). Dazont ar brezhoneg n'o ket e botoù-koad med e botoù nadoz!

La coiffe et le béguin sont ceux de la mère de Yannig Baron, fondateur des écoles Dihun (langue bretonne au sein de l'enseignement catholique), qu'on voit sur la photo arborant le chapeau de son grand-père. A noter également le modèle réduit d'un thonnier groisillon, posé sur le dessus d'une presse à lin du 17e siècle, un meuble extrêmement rare et sans prix. Pour un Breton, la coiffe de sa mère est souvent le plus précieux des trésors ; porter celle de la mère de Yannick, vénérable militant et légende vivante de la langue bretonne, est donc tout un symbole, mais aussi toute une responsabilité!

Enfin, pour ceux qui se poseraient la question, il y a eu un peu plus de breton cette année à la messe du grand pardon de Notre-Dame d'Arvor à la Cathédrale de Vannes, mais labour 'zo c'hoaz! il reste du boulot, tri mil boulc'hurun! (tonerre de Brest!) Certes on a eu droit à quelques répons (acclamation après l'évangile, refrain de prière universelle...) et même la lecture de l'évangile en breton vannetais à la suite du français, mais de cantique breton comme tel, point. Pire : en chant d'entrée, on a osé composer des paroles en français soi-disant à Notre-Dame d'Arvor sur le cantique "Eürus an hini": on garde donc la très belle mélodie bretonne, c'est déjà cela, mais on enlève les mots savoureux sur lesquels elle a été écrite pour les remplacer par des mièvreries en français à l'eau de rose. Qu'à cela ne tienne! puisque mon rôle de jury me donne accès aux premiers rangs dans la nef de la cathédrale St-Pierre de Vannes, je fais de la résistance et avec toute la puissance de ma voix, j'ai chanté le cantique original sur la poésie en breton pendant que le pauvre chantre ânonnait les paroles en français qui ne vont certainement pas remporter de prix nobel de littérature et qui spirituellement ne veulent rien dire.

Je ne comprends pas, et là c'est l'organiste qui parle, l'organiste qui a dans ses veines le sang de sept générations de musiciens d'église, je ne comprends pas pourquoi on continue d'appauvrir le répertoire de musique sacré catholique sous prétexte d'accessibilité au plus grand nombre. Surtout que cela produit exactement l'effet contraire, il n'y a qu'à voir les églises vides! Après le dernier concile, on a jeté le grégorien avec l'eau du bain "pour faire moderne" alors que rien dans les textes de Vatican II ne nous y obligeait : cette musique qui rythmait les offices depuis plus de mille ans, plongeant ses racines dans le chant ambrosien et le chant byzantin, disparaissait du jour au lendemain pour laisser la place à quelques très jolis chants en langue vernaculaire et beaucoup de musique d'ascenseur. En Bretagne on détient un fonds de cantiques sublime, il y en a des centaines, en pays vannetais, en Finistère, partout -j'ai des bouquins entiers à la maison, un rayon complet de ma bibliothèque!- et le peuple breton qui fut très pratiquant à une époque a mis tout son génie dans cette musique qui revêtait une importance primordiale dans leur société. Voilà qu'aujourd'hui on zappe tout cela, on le balaie du revers de la main, non seulement cela n'existe pas mais ne vous y intéressez surtout pas : cela n'a jamais existé, circulez il n'y a rien à voir, et lorsque je m'en insurge je passe pour une horrible militante arriérée et rétrograde, une communautariste sectaire!

Une Bretonne en coiffe!...

Remarquez on a le même problème en Provence. Régulièrement je participe à des messes en provençal (et costumée en Arlésienne, attention!), et il est difficile, au-delà de la lavande et des cigales, de dépasser le folklorisme aux yeux des gens.

Or l'humain a besoin de sacré. Il a besoin de Beauté. Ce n'est pas parce que les cantiques bretons sont en langue bretonne qu'ils sont beaux : c'est à l'inverse parce qu'ils sont beaux que ceux-là ont réussi à traverser les siècles. Dans quelques centaines d'années, quand on ne parlera plus français en France et que dans le cadre d'une fête traditionnelle on célébrera une messe dans la nouvelle langue vernaculaire, le Globish, les cantiques en français du XXe siècle qu'on chantera peut-être seront ceux qui auront été assez beaux pour traverser l'histoire. Il en va de même avec les cantiques bretons aujourd'hui.

Qu'importe : moi je fais de la résistance, et je chante en breton, like it or not. Au sortir de la cathédrale j'ai lancé sauvagement le début d'un cantique en breton, dans la rue, et les fidèles qui étaient autour de moi se sont empressés de joindre spontanément leurs voix à la mienne, un large sourire sur le visage. Et quand on me demande en quelle langue a été célébrée la messe, je réponds que c'était une messe FLB. Français, Latin, Breton.

lundi 30 juillet 2007

Supplique à Mgr Centène, évêque de Vannes, au sujet des cantiques bretons

Monseigneur,

Le 15 août prochain, j'aurai le bonheur de m'unir à votre prière pour la messe du pardon de Notre-Dame d'Arvor, puisque la Mairie de Vannes m'a fait l'honneur de me solliciter, cette année encore, pour faire partie du jury qui élira la "Reine d'Arvor" 2007.

L'année dernière j'avais déjà eu la joie de prier avec le Père Maurey et les centaines de fidèles rassemblés à cette occasion. Je ne suis pas d'origine bretonne, mais dans ma famille originaire du Québec je suis la 7e génération de musiciens d'église. Organiste, je m'intéresse de très près à la musique bretonne, qu'elle soit classique ou traditionnelle. J'ai eu l'occasion de faire un concert bombarde, orgue et chant en 2005 à la cathédrale de Vannes, au cours duquel j'ai fait la connaissance du Père Maurey (et bien sûr également de Michel Jégo). Plus récemment, j'ai effectué une tournée au Japon à l'occasion de la St Patrick 2007, avec le soutien du Conseil Régional, de l'Ambassade de France et d'Air France, au cours de laquelle j'ai fait un concert d'orgue à Tokyo qui a permis au public japonais de découvrir les compositeurs bretons et même vannetais tout aussi bien que les cantiques traditionnels bretons.

Je vous écris spécialement pour vous dire que j'avais été profondément attristée l'année dernière par la quasi absence de cantiques bretons au cours de la messe du 15 août.

Mon regard n'est pas celui d'une militante obtuse, et ces cantiques n'évoquent chez-moi ni l'enfance ni un certain folklorisme : ils sont seulement sublimement beaux.

Plus encore, j'ai remarqué à chaque fois que je participais à une messe en basse-Bretagne, que si les fidèles ânonnent les chants en français (qui sont souvent, avouons-le, d'une qualité musicale très discutable!), dès qu'on entonne un cantique breton, c'est toute l'assemblée qui chante à gorge déployée et avec une profonde joie - enfin, pour peu qu'on ait les paroles dans le feuillet de participation !

Je sais tout l'attachement que vous portez à la culture bretonne. Vous avez sur elle un regard qui est d'autant plus sincère que, comme pour moi, ce n'est pas la culture dans laquelle vous avez grandi. Je sais aussi à quel point vous êtes sensible à la belle liturgie, si importante pour que la prière sourde au coeur des fidèles. C'est la raison pour laquelle je me tourne vers vous pour vous demander d'essayer d'influencer les différents intervenants de la messe du 15 août prochain afin qu'il y ait un peu plus de place pour les cantiques bretons. Par ces cantiques, on détient en Bretagne un trésor musical inestimable ; or si on ne les chante pas en Bretagne, où les chantera-t-on? Laissera-t-on mourir ce répertoire qui vaut bien Mozart ou Bach à mes yeux ?

Bien sûr, nombreuses sont les personnes capables, à Vannes, de proposer à l'assemblée des cantiques bretons au cours de la messe du pardon de Notre-Dame d'Arvor. Mais s'il advenait que l'absence de ce répertoire à cette messe spécifiquement soit liée à un conflit de personnes ou toute autre raison non-musicale, je me propose à vous dans un esprit de service si je pouvais me rendre utile, comme animatrice de chant, pour faire profiter de ce répertoire la nombreuse assemblée du 15 aoît, (au moins chanter Rouanez karet an Arvor, "reine aimée de l'Arvor", c'est un minimum vu la circonstance!) .

Je vous remercie d'avance de l'attention que vous porterez à ma demande.

vendredi 20 juillet 2007

Enfin de l'orgue à la télé!

Les miracles se produisent souvent dans les églises. Et comme nous autres organistes nous fréquentons régulièrement ces lieux, statistiquement nous sommes bien placés.

Très mauvaise répétition mercredi soir avec l'Ensemble Instrumental du Val de Loire en prévision du concert de jeudi à la basilique de Quintin : la tribune de l'orgue étant trop petite pour accueillir l'orchestre, je joue le concerto op. 4 n° 7 de Handel (en si bémol majeur - celui qui est également souvent joué à la harpe) seule à la tribune alors que l'orchestre est en bas, dans le choeur. Ce qui n'a pas manqué de nous causer un problème MAJEUR de synchronisation! La basilique est vaste, le son y connaît une très belle résonance ; mais cela implique également un léger décalage entre le moment où l'archet fait vibrer la corde dans la nef et le moment où mes doigts font parler les tuyaux cent mètres plus loin (et quinze mètres plus haut! je laisse les trigonomètres calculer l'étendue de notre désarroi).

Résultat, une catastrophe: je n'entends l'orchestre qu'avec beaucoup de retard, le chef ne me voit pas, cachée derrière la console à trois claviers, tout le monde marche sur des oeufs et le résultat musical ressemble à une grosse soupe, ou plus précisément au kig ha farz qu'on nous a servi hier soir au dîner, avec le far bien "brujunet"! (émietté) - (pour les ignorants culinaires de ce délice, le kig ha farz est à la Bretagne ce que le couscous est à l'Afrique du nord... c'est dire! pauvre Handel!)

Rien de pire qu'une mauvaise répétition la veille d'un concert. Ca vous sape un moral, je vous jure! Surtout quand on a deux jours pour monter un programme de concert d'une heure et demie, avec la journée de travail qui commence à neuf heures du matin et qui se termine à 23h30! Je suis sortie mercredi soir de la Basilique livide, angoissée, perplexe. Normalement pour jouer ce genre d'oeuvre, soit l'orchestre est en haut à la tribune près de l'orgue (mais ici il n'y a pas la place), soit l'orgue est dans le choeur, comme à Carhaix, donc près de l'orchestre... Mais à Quintin, avec les contraintes évidentes du lieu, comment faire pour se synchroniser?

Je n'en ai pratiquement pas dormi de la nuit (et le chef d'orchestre non plus, m'avouera-t-il après le concert). Le problème lié à la configuration du lieu semble impossible à régler. Vais-je demain soir me couvrir de ridicule en transformant en soupe immonde mon premier concerto de soliste avec orchestre? D'autant plus que lorsqu'on est dans une position aussi inconfortable, les doigts se mettent à faire n'importe quoi. Tourne et retourne dans le lit, tic et tac la pendule, je compte les heures et je fais la crêpe en cherchant quel côté serait le plus susceptible de faire venir le sommeil. Mais quelle idée aussi de faire un concerto d'orgue dans des conditions aussi abracadabrantes. Et puis après tout, toutes les églises sont faites comme cela, ou presque, et on ne va tout de même pas s'empêcher de jouer du Handel pour si peu. D'ailleurs Handel, qu'aurait-il fait à ma place? C'était un musicien comme nous, il a certainement été confronté lui aussi à ce genre de problème. Tic, tic, tic, trois heures. Soupir. Et si je ne le jouais pas? Tant qu'à me couvrir de ridicule avec un magma informe et les doigts qui n'en font qu'à leur tête, autant ne rien jouer: la répétition de ce soir a été si mauvaise... Et puis d'abord, sale métier que celui de musicien. Mal payé, mal aimé, mal traité, mal apprécié du grand public toujours à l'affût de la moindre fausse note, c'est décidé, demain j'arrête. Et tant pis pour Handel. Et dommage pour ce beau trois-claviers et pour le jeu de keraulophone qui... qui... qui... zzzzzzzzzzzzzzzzzzz.

Jeudi matin, je me suis réveillée dans la peau d'une guerrière. J'allais trouver une solution. Coûte que coûte.

En route vers le champ de bataille : direction la basilique. J'y ai passé la journée. A jouer de l'orgue, à explorer les lieux, à prendre possession mentalement du bâtiment, à en observer les moindre détails, à m'approprier l'esprit du lieu, à me mettre au diapason avec ses murs, à me fondre dans la lumière des vitraux. A réviser ce concerto, à répéter par coeur le moindre solo, lentement, prestement, à le décortiquer, le rejouer encore, jusqu'à le graver dans le granit de la basilique. La guerrière fourbit ses armes, elle veut observer et stratégir. Elle a décidé qu'elle vaincra.

La basilique n'est pas ancienne, elle date du XIXe siècle, et fait un peu penser à la basilique de Montréal. Celle de Montréal comporte un orgue Casavant, qui fut l'élève de Cavaillé-Coll ; celle de Quintin comporte un Claus, qui fut également élève du même facteur. Un peu avant midi, au moment où le jeûne commence à se faire sentir, de guerre lasse je vais m'asseoir tout au fond du choeur, devant le maître-autel et la statue de Notre-Dame de Délivrance. Cela fait trois heures que la guerrière a investi la basilique et toujours pas de solution. Alors mon regard s'est perdu dans la contemplation des gisants de Geoffroy Botherel et celui de Jean II de Bretagne, et je me dis qu'elle est belle ma grande théorie de rédemption par la Beauté si je suis infichue de jouer proprement un "simple" concerto de Handel... Du dehors, mon regard s'est tourné en dedans, et j'ai bien dû rester une demi-heure, trois quarts d'heure en prière et en méditation, jusqu'à sentir en moi sourdre la source qui -j'en suis certaine!- jaillit sous la basilique, et qui, sans que je puisse expliquer comment, m'a apaisée et m'a permis de me lever pour aller déjeuner.

Deux heures sonnent au beffroi, je suis de retour à l'orgue, studieusement. J'entends des pas dans l'étroit escalier de granit : c'est Monsieur le Maire en personne qui, "passant par là", vient me voir avec l'un de ses adjoints. Je le complimente sur l'orgue de Quintin, en assez bon état, malgré qu'il ne serve qu'une fois l'an, en somme, pour le pardon au mois de mai. "D'ailleurs, me dit le Maire, à cette occasion nous sommes obligés d'installer une caméra en circuit fermé afin que l'organiste puisse voir le maître de chapelle, sinon, vous comprenez, il y a un sérieux problème de synchronisation..."

Le voilà le miracle. Et voilà comment jeudi soir nous avons fait un superbe concerto de Handel, dans lequel l'orgue dialogue joyeusement avec l'orchestre et se permet même de jouer à l'unisson avec lui dans les tutti, sans décalage. Un concert d'autant plus réussi que nous avons tellement eu chaud, et lorsque le concerto a été terminé, dans toute la splendeur de l'art handélien, j'ai eu envie de hurler de joie.

Regardez bien au centre de la photo : la fameuse caméra!


Merci à Claude Morin, maire de Quintin, pour son intervention miraculeuse, matérialisée par M. Nédélec (nedeleg, en breton, a la même signification que Nadeau, ou nadau en occitan : nativité), de Plouescat, avec qui j'ai eu le plaisir de parler en breton - un beau breton bien articulé et riche en vocabulaire!- , venu tel un archange salvateur avec sa caméra... pour le plus grand bonheur - et surtout le plus grand soulagement!- du chef et des musiciens. Et puis, que diable, pour une fois on a de l'orgue à la télé!

mercredi 18 juillet 2007

Amours, délices et orgues à Quintin

Répétition en solitaire ce matin en vue du concert de jeudi à la basilique de Quintin, sur le superbe orgue de la basilique de Quintin, construit par le Rennais Jean-Baptiste Claus au 19e siècle et classé monument historique en 1999:

Entre le trop et le trop peu, comment trouver la bonne ornementation, en fonction de la nature de l'instrument, car tous les orgues sont uniques, -et je viens tout juste de faire la connaissance de l'orgue avec qui (si si, avec "qui") je jouerai jeudi - et comment trouver le phrasé juste en fonction de l'acoustique tout à fait particulière de la basilique... L'orgue de Quintin présente quelques exotismes, notamment une pédale de tonnerre, et un jeu que je n'ai jamais vu nulle part ailleurs, qui me semble une néo-bretonnitude : le keraulophone.

Ker pour la Bretagne, "aulo" pour aulos, l'instrument à vent grec, et phone pour le son (comme saxophone...), sans doute...

Longue journée, qui se termine par une répétition du sublime Stabat Mater de Pergolèse, l'occasion de rencontrer le sympathique (et talentueux!) contre-ténor Jean-Pierre Tazé, avec qui je me suis rendue au café internet "Le Celtic" à Quintin pour vous rédiger ces lignes... Rendez-vous pour le concert jeudi à 20h45 à la basilique!

Pour ceux que ça intéresse, la composition de l'orgue:

Grand orgue

Bourdon 8'
Montre 8'
Salicional 8'
Prestant 4'
Octavin 2'

Récit

Quintaton
Cor de chamois 8'
Keraulophone
basson - hautbois
Flûte traversière 8'

Écho

Voix céleste
Gambe
Dulciane
Flûte harmonique 8'
Trompette 8'
Voix humaine 8'

Pédalier

Flûte 8'
Soubasse 16'

Machine Barker. Pédale d'expression (cuiller!). Trémolo. Accouplements en tout genre (honni soit qui mal y pense!). Pédale de tonnerre! VROUM!

l'orgue est plus ancien que la basilique, il a été conçu pour le couvent des Ursulines (toujours à Quintin), ce qui explique la sobriété des jeux, conçus surtout pour l'accompagnement.

Difficile de bien registrer de la musique baroque sur un orgue romantique! Mais avec un peu d'imagination et en rusant bien, on finit par arriver à le faire sonner baroque... ;-)

Belle mécanique bien précise (loué soit Barker - quand la machine fonctionne bien!), qui permet à mes petits doigts de claveciniste (tic tic tic!) de caracoler dans tous les ornements qui taquinent le clavier aux reprises.

lundi 9 juillet 2007

Les Nuits de Gignac et le mariage de Sandra et Julien

Encore un gros week-end, puisque vendredi soir je suis alle prter main-forte au Bagad d'Aix qui effectuait la premire partie d'un concert de Tri Yann au festival "Les Nuits de Gignac" dans le Gard. Ca impressionne toujours un bagad, mme hors de Bretagne, et mme un bagad qui n'a que quelques mois d'existence comme le Bagad d'Aix en Provence. Mais malgr le nombre de dcibels (15 cornemuses, bombardes et tambours, a s'entend!), il a encore fallu se battre contre le sonorisateur qui a lanc la sonorisation sur scne alors que nous tions en train de jouer (en acoustique, forcment), au mpris des danseurs qui nous entouraient. On est toujours fragile quand on fait de la musique non amplifie, mme de la musique de bagad ; et il faut encore et toujours se battre et pousser une gueulante pour faire respecter notre musique contre la toute-puissance des musiques amplifies...

Levs tt le lendemain matin, c'est en voiture que nous avons parcouru la distance entre Montpellier et Paris pour tre en costumes et prts jouer 16h Linas-Monthlry. Traverse du viaduc de Millau 8h du matin, sous le soleil matudinal, quelle splendeur. Puis trs belle crmonie de mariage en l'glise Saint Jean Baptiste de Leuville-sur-Orge pour les pousailles de Dame Sandra et Sieur Julien (bientt des photos!). J'ignorais jusqu' notre arrive qui tait le saint patron de l'glise o allait tre clbre la bndiction: Jean-Baptiste occupe une place de choix dans mon esprit car non seulement c'est le patron du Qubec (notre fte nationale est le 24 juin), mais galement, c'est l'hymne St Jean Baptiste, couche sur papier par Guido d'Arezzo vers le XIe sicle, qui a donn leurs noms aux notes de la gamme.

Quel dommage, je ne sais par coeur que le premier couplet, et je n'ai pas la partition sur moi: je ne pourrai donc pas la chanter... J'en fais part au sacristain, et vite vite avant la noce nous fouillons dans tous les placards de la sacristie pour chercher un vieux Paroissien Romain qui tranerait par l... nous avons trouv moult livres, des tonnes de poussire, des bouts de cierges, mais de Paroissien Romain, point... Toute triste, je me suis rsoute chanter autre chose et la crmonie commence. Vers le milieu de la premire lecture, le sacristain arrive, un peu essoufl, et me tend un feuillet : c'est "Ut queant laxis!" (mot mot : "Que tes serviteurs chantent d'une voix vibrante!") C'est l'hymne! Il a couru chez-lui, l'a trouve sur internet (!!!) et me l'a imprime. Alleluia! Au moment voulu, je me suis donc place sous la cl de vote de cette glise plusieurs fois centenaire, et la voix est monte comme l'encens qui emplit la nef de ses volutes... Frissons.

Pour la prochanie fois (et pour tous ceux que a intresse!) la partition de cette hymne se trouve ici (au format .pdf)

Au fait, une petite rgle de grammaire rigolote : "hymne" est fminin lorsqu'il s'agit d'une hymne religieuse, mais masculin lorsqu'il s'agit d'un hymne national... (lacit, quand tu nous tiens...!)

Dans le mme ordre d'ides, on pense tout de suite "amours, dlices et orgues"... qui sont masculins au singulier mais fminins au pluriel. Si ce n'est que selon le Grvisse (LA rfrence... d'autant plus que Maurice Grvisse tait Belge : on ne va tout de mme pas laisser les francophones de France s'occuper de leur langue, il seraient capables de ne pas en prendre soin), orgues n'est fminin pluriel uniquement lorsqu'il ne s'agit que d'un seul instrument : les grandes orgues de Notre-Dame de Paris, mais les beaux orgues de Bretagne...

mercredi 4 juillet 2007

Claude Nadeau en concert Quintin le 19 juillet - Un abadenn gant Claude Nadeau e Kintin dan 19 a viz Gouere

Le Festival de chant choral La voix dans tous ses tats , qui se tiendra Quintin (22) du 14 au 22 juillet, accueillera Claude Nadeau pour un concert exceptionnel le jeudi 19 juillet 20h45 la Basilique de Quintin avec lEnsemble Instrumental du Val de Loire sous la direction de Gilles Lefevre.

Le programme de ce concert prsentera une partie du travail des choristes (direction : Rmi Corbier), le Stabat Mater de Pergolse (solistes : Lys Nordet et Jean-Pierre Taz), le Concerto pour hautbois de Cimarosa (soliste : Michel Tizon), ainsi que le Concerto pour orgue op. 4 n 6 de Handel, avec Claude Nadeau comme soliste lorgue de la Basilique, un instrument construit par le Rennais Jean-Baptiste Claus au 19e sicle et class monument historique depuis 1999.

Bien connue des milieux bretons comme fondatrice de l'cole Diwan de Paris, Claude Nadeau est galement l'une des jeunes interprtes les plus en demande de du monde de la musique ancienne. Septime gnration de musiciens dglise dans sa famille originaire du Qubec, elle aime bien raconter qutant enfant, on la assise sur un banc dorgue sans plus dexplications, avec un seul mot : joue ! .

On connat la suite, et lanne 2007 est particulirement riche pour cette jeune musicienne : elle a fait en janvier ses dbuts l'Opra de Paris comme soliste au clavecin, et elle a effectu en mars une tourne au Japon avec le soutien du Conseil Rgional de Bretagne, au cours de laquelle elle a eu loccasion de faire dcouvrir au public nippon les diffrents aspects de la musique bretonne. Ce concert du 19 juillet reprsente une premire pour cette jeune artiste, puisquil sagira de son premier concerto de soliste avec orchestre, une uvre ptillante et pleine dnergie.

Depuis 10 ans, Quintin est lcrin de La voix dans tous ses tats , un festival de chant choral o se rencontrent chanteurs et musiciens de toute la France et dailleurs. Au cours de sept jours de formation, les choristes auront cette anne loccasion de travailler la messe Nelson de Haydn, ainsi que le rpertoire doprette. Six concerts seront prsents tout au long de cette semaine.

Gouel laz-kana La voix dans tous ses tats , adalek ar 14 betek an 22 a viz Gouere e Kintin (22), a zegemero Claude Nadeau evit ur sonadeg espar dan 19 a viz Gouere da 8e45 e Penniliz Kintin, gant Laz-seni Traoienn al Liger, dindan renerezh Gilles Lefevre.

E-kerzh ar sonadeg-se e vo klevet labour al laz-kanerien (renerezh: Rmi Corbier), Stabat Mater Pergolesi (soloourien : Lys Nordet ha Jean-Pierre Taz ), ar Chengerzad evit oboell gant Cimarosa (soloour : Michel Tizon) hag ar Chengerzad evit ograo op. 4 niv. 6 gant Handel, ha gant Claude Nadeau evel soloourez war ograo ar Benniliz, ur benveg savet gant ar Roazhonad Jean-Baptiste Claus en 19vet kantved, ha rummet monumant istorel abaoe 1999.

Anavezet-mat eo Claude Nadeau gant ar Vretoned peo bet diazezet ganti skol Diwan Pariz. Unan eus ar sonerezed yaouank a vez goulennet ar muia eo ivez e-touez bed ar sonerezh kozh. Ar seizhvet rummad sonerien a iliz eo en he familh a orin eus Kebek. Plijout a ra dezhi konta an dra-ma : pa oa yaouank a oa bet azezet dirak un ograo hag e oa bet lavaret dezhi ur ger hepken : choari !

Ha diwar neuze eo bet pinvidik-tre ar bloavezh 2007 evit ar sonerez yaouank-ma : graet he deus he chammedo kenta e miz Genver evel soloourez war ar chlavisim en Opera Pariz, ha graet he deus un droiad e Japan, gant skoazell Kuzul-rannvro Breizh, evit diskouez dar Japaniz ar sonerezh breizhat. Ar sonadeg e Kintin a vo un abadenn dreistordinal evit an arzourez, abalamour ma vo he sonadeg kenta gant ul laz-seni, gant un oberenn leun a vuhez ha leun a startijenn.

Abaoe 10 vloaz dija ez eo Kintin kalonenn gouel ar vouezh La voix dans tous ses tats , gant kanerien ha sonerien eus Fras a-bezh hag eus lech all. Er bloaz-ma, e-pad seizh devezh stummadur e vo al laz-kana o labourat an oferenn Nelson gant Haydn ha rollad tonio an operetenn . Chwech sonadeg a vo kinniget e-pad ar sizhun.

Kemenadenn e brezhoneg gant skoazell Ofis ar Brezhoneg


dimanche 1 juillet 2007

Dame Valérie et Sieur William: "Unis, nous serons invincibles"

Meilleurs voeux de bonheur à Valérie et William, dont le mariage sous la thématique médiévale n'est pas passé inaperçu à Monterblanc, près de Vannes dans le Morbihan. Il faut dire que ce couple avait vraiment tout concocté pour que ce week-end sur leurs terres soit inoubliable : même les invités ont joué le jeu et la plupart étaient costumés! C'est donc en cortège que la maisnie a rejoint la mairie au bourg de Monterblanc, avec chevaux, bannière et bien sûr en musique, avant de procéder à une union plus spirituelle.

Au moment où j'écris ces lignes, je reçois justement un mot de la part des mariés :

Nous sortons enfin la tête de l'eau - hormis la pluie - question rangement et nettoyage... Nous dirons que le plus gros est fait !

Nous souhaitons vous féliciter tous deux pour votre intervention. Grâce à vous, notre mariage s'est déroulé complètement dans l'ambiance que nous avions souhaité lui donner.

Tout cela restera gravé dans nos mémoires... Notre maisonnée reste emplie de l'énergie que vous y avez transmis. Vous nous avez transportés dans un univers féerique et magique, vous avez su éveiller nos sens, et nous recevons cela comme un présent unique.

De nombreuses personnes de notre entourage furent enchantées à la fois par votre culture et vos personnalités. Vous avez su les entraîner dans une autre époque, et c'est exactement ce que nous souhaitions. Nous sommes ravis !

Tous nos convives ont été enchantés par votre talent, votre culture et votre bonne humeur. Certains ont découvert la musique médiévale, d'autres ont adoré vos diverses interprétations. Nous-mêmes savions que votre prestation serait à la hauteur de nos attentes, et nous sommes totalement tombés sous le charme.

Votre sympathie, votre dévouement et vos cadeaux nous ont littéralement comblés! MERCI, MERCI, MERCI�

L'événement n'est pas passé inaperçu de Ouest-France ni du Télégramme, qui ont publié tous les deux un article et une photo :

Valérie et William scellent leur union de façon "féodale"

An l'an de grâce deux mille sept, le trentième jour du mois des moissons, deux heures après l'angélus, messire Michel Obled et dame Nelly d'une part messire Guy Talbot et dame Danielle de l'autre, ont convolé en la mairie de Monterblanc, leur fille Valérie et leur fils William en juste noce afin de sceller leur union durable.

Serait-ce le tournage du troisième volet du film de Jean-Marie Poiré : Les Visiteurs ? Non simplement un mariage atypique quelque peu repoussé dans un temps lointain de la féodalité, au XIIe et XIIIe siècles. Pourquoi cette mise en scène ? Valérie et William vouent une passion pour cette époque : "C'était un autre état d'esprit. On travaillait pour vivre. Chacun apportait sa collaboration pour que son voisin puisse subsister. Aujourd'hui, on est plus individualiste". Doulz seigneurs, messires, gentes dames, chevaliers, colporteurs, gueux, chacun des soixante convives a joué le jeu et était acteur de cette journée. Pour rejoindre leurs terres au Faouëdic, ils ont emprunté le phaéton (charrette) où les bonne victuailles et bonnes pitances les attendaient au son des troubadours et ménestrels. Mais avant de faire ripaille, les époux ont échangé mutuellement leur consentement. (Ouest-France du 2 juillet)