Bienvenue sur le blog de

Claude Nadeau, musique classique - clavecin, orgue... musique baroque

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 27 avril 2010

Manifestation des agriculteurs à Paris ce matin

ma petite vidéo de la manifestation ce matin : les tracteurs envahissent Paris pour une manifestation des agriculteurs sous le slogan "Fauchés comme les blés"

dimanche 27 septembre 2009

30e anniversaire du retour sous pavillon français du Bélem à Brest : chants de marins et musique bretonne

J'ai joué hier à bord du Bélem, plus ancien bâtiment français navigant ! A l'occasion du 30e anniversaire du retour sous pavillon français, nous avons effectué à bord une prestation de chants de marins et de musique bretonne, en compagnie du chanteur Serj Plénier et du talabarder Louis Abgrall. Le bateau était amarré au port de Brest. Commencé sur le pont, notre concert a migré dans le grand roof, où les vents soufflaient moins fort en 2e moitié de soirée. Quel cadre pour interpréter cette musique! à bateau de tradition, musique de tradition...

Quinze marins, Le pont de Morlaix, Jean-François de Nantes, Le trente-et-un du mois d'août, le Forban... la voix de Serj, grave et chaleureuse, vaut bien le tonnerre de Brest! Mais à la fin de la soirée, c'est celle du Commandant Yves Piriou, qui nous a charmés : ce bretonnant de Plogoff connaît bien tout le répertoire de chants de marins, et il possède la voix pour les chanter, sacrebleu! Ce qui nous a amenés à initier une réflexion, avec le Président de la Fondation Bélem, Paul Le Bihan, hôte de cette soirée : et si les stages de marine à voile qui ont lieu à bord du bateau incluaient un volet chants de marins? En effet ce répertoire n'est pas initialement destiné au concert dans les cabarets des ports, mais la plupart sont des chants de travail. Et si on remettait ces chants dans leur contexte? Une idée à creuser!

En attendant, bon anniversaire au vénérable bateau qui fête ses 113 ans! son historique

vendredi 4 septembre 2009

vous êtes tous invités à mon ANNIVER-CONCERT

Mardi 15 septembre, 20h à minuit : vous êtes tous invités à mon ANNIVER-CONCERT

Autrefois réservée aux salons, souvent écrite pour des événements privés, la musique classique est-elle réservée aujourd'hui à l'écoute attentive dans les salles de concerts obscures, où le silence n'est troublé que par le bruit des papiers de bonbons que déballent des mémés toussottantes?p> Pour son 34e anniversaire, la claveciniste Claude Nadeau pose la question : LA MUSIQUE CLASSIQUE EST-ELLE COMPATIBLE AVEC LA VRAIE VIE? et organise une soirée en forme d' "expérience artistique" : transformée en salon des temps modernes, la salle bleue du Théâtre L'Archipel (17 bd de Strasbourg, Paris 10e) accueillera musiciens et autres artistes pour un "boeuf" ("jam session") sur scène. Certaines personnes pourront, assises aux premiers rangs, écouter attentivement ; d'autres, installées au bar ou au buffet, écouteront distraitement ; d'autres enfin s'adonneront à des occupations sociales, mondaines, voire même libertines pour renouer avec l'esprit des salons baroques.

Bar sur place (vin 3€, champagne 5€, softs...)
Buffet participatif (apportez vos spécialités)
Les musiciens apportent leurs instruments ; les danseurs viennent avec leurs corps ; les comédiens apportent leurs masques
Les autres n'apportent pas de cadeau inutile mais peuvent contribuer librement à la location de la salle.

Annoncez votre présence par courriel à anniv @ claudenadeau.net
Vous pouvez inviter vos amis les plus sympathiques. Cette invitation (imprimée) sera demandée à l'entrée.

Dress code : baroque, élégant, chapeauté, déguisé, ou n'importe quoi qui a du style L'événement sur Facebook : http://www.facebook.com/home.phpeid=123321357631

mardi 18 août 2009

Orgue à vendre au Québec, pas cher pas cher

approchez, appppppprochez Mesdames et Messieurs, voici que le Québec brade son patrimoine religieux, son seul, son unique patrimoine historique, LE VOICIIIII!!!!! pour vous braves gens ce sera non pas trente mille, non pas vingt mille mais seulement 19 499,99$ (12 500€) pour un orgue à tuyaux TROIS CLAVIERS , l'opus 100 de Casavant (!!!) allez-lez-leeez on se fait plaisir pour trois fois rien!

A titre de comparaison, c'est le type d'orgue (3 claviers, 47 jeux) qu'on pourrait retrouver, en France, dans une cathédrale (eh oui, au Québec, pays d'orgue s'il en fut un, la moindre église paroissiale est équipée d'un orgue de cathédrale). Et pour les connaisseurs, Casavant est un peu l'équivalent de Cavaillé-Coll, dont il fut l'élève d'ailleurs. Au bas mot, l'instrument doit valoir dans les 500 000€... (on compte généralement 10 000€ par jeu environ pour un orgue neuf)

Honte aux Québécois qui liquident leur culture sans état d'âme! c'est tout ce qu'on avait et on l'a vendu!

Je souligne au passage qu'il s'agit de l'église Saint Louis DE FRANCE : pas mal de pays on une paroisse St Louis de France, en hommage à la France éternelle (hum), où personne ne réagit et tout le monde s'en fout !

Allez Mesdames, allez Messieurs, on liquide tout, tout est à vendre, même l'âme de notre pays!

http://montreal.kijiji.ca/c-acheter-et-vendre-instruments-de-musique-Orgue-Casavant-1946-Organ-W0QQAdIdZ138878949

D'autres paroisses, un scandale dont personne ne parle

Lu dans le journal Le Flambeau:

Un vent de rébellion a soufflé sur l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, lors de l'office du 6 mai dernier. La proposition de l'archevêché de fermer la fabrique pour concentrer la mission pastorale à l'église Saint-Clément a reçu une fin de non-recevoir des paroissiens.

Joyau du patrimoine, l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, considérée longtemps comme la «cathédrale de Maisonneuve», fait face depuis quelques années à des difficultés financières récurrentes. L'église qui possède un des plus beaux orgues Casavant en Amérique du Nord affiche un déficit annuel d'une centaine de milliers de dollars. lire la suite

Depuis la rédaction de l'article, l'église a été fermée, tout comme l'église Saint Clément de Viauville, évoquée dans l'article pour "relocaliser" les fidèles, qui sera transformée en "centre de soins". Je me permets de souligner que l'orgue de Très St Nom, Casavant 4 claviers, 6000 tuyaux, a été restauré dans les années 90 pour plus d'un million de dollars aux frais du contribuable. J'avais eu le privilège de donner un concert en 98 dans cette église, qui comporte par ailleurs de magnifiques vitraux du célèbre maître-verrier Guido Nincheri ainsi que des toiles marouflées de grande valeur.

On ferme ces églises, on vend les orgues, on liquide le patrimoine et tout le monde s'en fout. C'est un SCANDALE !

mardi 30 juin 2009

Rendez-nous Leonard Cohen!

Monsieur Eric Mandonnet,
Monsieur Ludovic Vigogne,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt dans le dernier numéro du magazine L'Express votre article "Sarkozy: histoire d'une révolution culturelle" publié le 18/06/2009. J'ai trouvé votre analyse extrêmement pertinente, étant moi-même dans le milieu culturel (je suis claveciniste) et très intéressée par la politique française.

Dans cet article, vous parlez de plusieurs artistes que j'aime beaucoup, notamment de Leonard Cohen. Vous écrivez:

"Leonard Cohen, dont il avait voulu lire les paroles des chansons en français avant le récital, pour être sûr de les comprendre; il a salué l'Américain à l'entracte de son spectacle à l'Olympia."

Mais Leonard Cohen n'est pas Américain! Il est Québécois, et même Montréalais (né le 21 sept 1934 à Montréal, comme nous l'apprend un clic dans Wikipédia). Il a fréquenté la même université que moi, l'Université McGill, où son souvenir est omniprésent, et tous les montréalais s'enorgueillissent de compter cet artiste parmi les "gloires" de la ville.

Pour le coup, ce n'est pas l' "omni-président" qui a des lacunes culturelles, mais les journalistes...

Ceux qui connaissent bien Montréal vous diront que la musique et la poésie de Leonard Cohen sont profondément montréalaises, ville multicolore dont la "mosaïque culturelle" (qui fait une large place à la communauté juive dont Cohen est issu) est ô combien différente du melting pot états-unien...

Leonard Cohen est tout sauf américain : rendez au Québec ce qui lui revient ! Rendez-nous "notre" Leonard Cohen !

mercredi 27 mai 2009

Classe de chant à Pontivy

Aujourd'hui à 17h, concert de la classe de chant d'Agnès Brosset à la chapelle St Ivy de Pontivy (face à la basilique Notre-Dame de Joie). J'ai le plaisir d'accompagner les élèves au clavecin dans leurs pièces de répertoire baroque (Vivaldi, Handel, Monteverdi, Locke...). L'examen de chant (entrée en 3e cycle et CFEM) sera vendredi après-midi, envoyez-leur vos ondes positives!

samedi 10 janvier 2009

VOEUX 2009

Meilleurs voeux à tous, et aux souhaits habituels que s'ajoutent ceux d'une année 2009 qui fera un plus large place à la culture, une année où il y aura moins de bruit de plus de musique... Moins de déprime et un supplément d'âme, moins de spéculations hasardeuses et plus de concerts, moins de superficiel et plus de ce qui donne un sens à la vie. Moins de "Bonjour paresse" et plus de travail (rémunéré) pour les musiciens... Car c'est en période de crise qu'on a particulièrement besoin de l'art. C'est trop facile de couper les budgets culturels en premier, comme on l'annonce partout, sous prétexte que la culture serait moins indispensable qu'autre chose : c'est maintenant que la société a le plus besoin de notre musique.

Bonne année 2009, gardez le moral! et ne laissez jamais s'éteindre votre flamme.

Et pour mes amis bretons, Bloavezh mat, joa, prosperite, hag ur banne gwin bemdez! ;-)

mercredi 10 septembre 2008

Dopage : la claveciniste la plus givrée du moment est sur France Musique

On m'a sollicitée pour intervenir à l'antenne de France Musique sur un sujet peu commun et un tantinet provocateur : le dopage dans la musique classique. Sujet d'actualité cet été avec le Tour de France et les Jeux Olympiques, le "dopage" est-il l'apanage des sportifs? Est-ce qu'il y a du dopage en musique classique? J'avais déjà rédigé l'été dernier un billet sur mon blog à ce sujet...

C'est aussi l'occasion de parler du métier de musicien classique, un métier qui finalement présente plusieurs points communs avec celui de sportif professionnel. Je ferai donc une petite intervention (3 min) vendredi 12 septembre entre 18h et 19h30 dans l'émission Le Magazine de France Musique, animée par Lionel Esparza, avec la collaboration d'Emilie Munera (photo), diffusée en direct de La Roche-Posay. Où que vous soyez autour du monde, vous pouvez aussi l'écouter en direct et jusqu'à cinq jours après sa diffusion sur le site internet de Radio France

Les auditeurs de cette émission découvriront peut-être enfin le secret de mon énergie... ou la recette de la potion magique? ;-)

vendredi 15 février 2008

Victoires de la musique classique 2008

C'est à Toulouse que se sont tenues les 15e Victoires de la musique classique, dans la très belle Halle aux Grains. L'occasion d'entendre le fabuleux Orchestre du Capitole de Toulouse, dans une très belle forme, et de retrouver certains amis musiciens... L'occasion de souligner également, comme l'a fait l'un des membres de l'Orchestre à qui il était remis un trophée d'honneur, que la musique et plus largement la culture sont essentiels dans notre société : oui ça coûte cher, et pourtant ce n'est pas un luxe. Au moment où frémissent tous les acteurs du secteur de la culture, télévision et radio publique en tête, de la diminution programmée de leurs budgets et du désengagement de l'Etat, il était bon de rappeler à quel point tout cela est essentiel. Et je vous avoue que ce qui m'a frappée hier soir, c'est le nombre de personnes qui travaillent autour d'un tel spectacle : sur scène mais aussi en coulisses et en régie. La culture coûte cher, certes, mais elle crée aussi énormément d'emplois... Et puis, que diable! elle sert à mieux vivre.

Mon favori, le claveciniste Benjamin Allard, n'a pas remporté de trophée, même s'il s'est hissé parmi les finalistes. Dommage, pour une fois qu'un instrument autre que le piano, le violon et le violoncelle (et encore) réussisse à se tailler une petite place dans les palmarès... J'ai été étonnée d'ailleurs que deux ou trois lauréats n'aient même pas pris la peine de se déplacer pour venir chercher leur Victoire : certes ils ont des agendas chargés, mais imaginerait-on l'équipe d'un film ne pas venir chercher son prix à Cannes?

Très belle soirée donc, et très beau spectacle : enfin de la musique classique diffusée aux heures de grande écoute (je déteste l'anglicisme "prime time", même s'il me fait penser à "prima donna"...), et avec la qualité au rendez-vous. Et quelle qualité, quand je repense aux musiciens que nous avons entendus: Les Saqueboutiers, Les Elements, Jean-François Zygel, Eugevni Kissine... Comme quoi, pas besoin de vendre son âme au diable, pas besoin de niveler par le bas pour plaire au plus grand nombre. Même si la question est : comment fidéliser les personnes qui regardent les Victoires de la musique classique tous les ans mais qui ne franchissent pas le pas d'aller au concert? Quand on pense que 3% seulement de la population "consomme" des produits culturels classiques (disques, concerts, etc), on peut se demander comment aller chercher les autres 97%... Réelle réflexion que doivent avoir tous ceux qui travaillent dans ce domaine! Et en tout cas sujet de discussion avec Nelson Monfort et Jean-François Daraud, qui m'entourent sur cette photo. Nelson Monfort, je ne vous le présente plus ; quant à Jean-François Daraud (visitez son blog), c'est l'un des candidats à la Mairie de Carcassonne, à qui nous souhaitons plus de succès et moins de galères qu'à son personnage Monsieur Scoumoune !

mercredi 2 janvier 2008

Voeux 2008


Cliquez!
C'est l'époque des agapes, aussi voici mes voeux de saison! Cliquez sur le gui pour visionner ma carte de voeux, aussi accessible à cette adresse : http://www.claudenadeau.net/voeux2008.html

Il est possible que vous deviez activer un contrôle ActiveX car ma carte est en Flash

La musique qu'on m'entend jouer en arrière-plan est une gigue d'un composieur baroque breton du XVIIIe siècle... la suite bientôt à Vannes!

dimanche 23 décembre 2007

Pour ou contre le travail le dimanche

La polémique enfle, faut-il oui ou non autoriser l'ouverture dominicale? En tant que musicienne et particulièrement en tant qu'organiste, j'aimerais participer au débat.

Oui mesdames et messieurs, c'est profondément injuste car voici des siècles que les églises sont ouvertes le dimanche et que les organistes travaillent dominicalement, sans être mieux payés et parfois même (souvent!) sans être payés du tout. Le premier des dix commandements de l'organiste n'est-il pas "Le dimanche tu travailleras, les jours de fête également"? Mais ce n'est pas là le seul sujet de récrimination, chers camarades.

Que dire en effet de l'emploi non-rémunéré des petits chanteurs dans les Maîtrises, martyrisés par leurs grands méchants patrons, j'ai nommé les ignobles, les infâmes chefs de choeur, sans que personne ne crie au scandale pour l'exploitation éhontée des enfants.

Sans compter le job de prêtre, où on constate une discrimination évidente au niveau du recrutement, discrimination liée non seulement au sexe, mais aussi aux croyances religieuses!

Où va-t-on avec tout cela, je vous le demande.

PS: ceux qui n'ont pas d'humour, pas la peine de poster des commentaires incendiaires... ;-)


au boulot! accompagnement d'une messe, église St-Eustache, Paris

dimanche 16 décembre 2007

Stage de musique médiévale : Chant choral avec "Vocalys" à Nouaillé

Travail tout au long du week-end avec la vingtaine de choristes du Groupe Vocal de Nouaillé 1356, près de Poitiers. Cet ensemble s'est donné pour objectif de faire entendre la musique du Moyen Age à la fin de la Renaissance, particulièrement au cours de la journée médiévale organisée le dernier dimanche de juin à Nouaillé.

chor2.jpg

chor4.jpg

chor5.jpg

chor6.jpg

Tout au long de ce week-end, j'ai tenté d'apporter aux chanteurs, qui m'ont fait venir spécialement pour cette séance de travail, les outils qui leur permettront d'aller plus loin dans leur connaissance et dans leur interprétation "historiquement éclairée" de la musique médiévale chorale. Nouvelles idées de répertoire, nouvelles techniques de travail de la voix, nouvelles images mentales, avec pour centre de réflexion mon image du "corps-cathédrale" comme pivot de la technique vocale que j'enseigne, qui vise à chanter en utilisant la résonance naturelle de la voix, sans effort ni fatigue, nouveau regard sur la performance musicale dans une fête historique : j'ai jeté un tas de nouveaux ingrédients dans la marmite de ce groupe, et j'espère que ces choristes les laisseront mijoter afin d'en tirer, dans le futur, leur meilleure soupe!

C'est difficile d'arriver face à un nouveau groupe, dont on ne connaît ni l'histoire ni le cheminement, et d'avoir si peu de temps pour leur apporter quelque chose, que j'espère être "le meilleur de moi-même" pour reprendre l'expresison consacrée. Ca tient aussi un peu du "speed-dating" : on a très peu de temps pour convaincre, très peu de temps pour susciter l'adhésion des chanteurs et leur enthousiasme. Mais ce qui est le plus intéressant, pour moi, c'est l'échange, la véritable relation musicale. Certes le groupe en tant qu'entité et que moi en tant que musicienne nous avons des cheminements différents, et théoriquement, c'est moi qu'on fait venir pour apporter quelque chose au groupe ; mais le groupe m'apporte beaucoup aussi, et la magie ne peut survenir que si cet échange a lieu. Et puis, c'est formidable de repartir en se disant qu'en deux jours, on a quand même réussi à emmener un groupe d'un point A à un point B, et que la différence s'entendait vraiment!

J'ai donc beaucoup semé, et j'espère qu'un jour il me sera donné, dans quelques mois peut-être, d'entendre la moisson. Mais c'est aussi un peu une bouteille à la mer : je ne sais pas ce que les musiciens feront des outils que je leur ai donnés et de tout ce que j'ai pu partager avec eux. Rendez-vous le dernier dimanche de juin 2008 à Nouaillé pour le savoir!

samedi 6 octobre 2007

Ce blog dans le "Top 500" des blogs français

Avec une moyenne de 15 000 visiteurs par mois et des périodes de pointe à presque 20 000 visiteurs, le blog de Claude Nadeau se maintient en tête non seulement des blogs de musique classique mais se classe parmi le "top 500 des blogs français" selon Critéo (410e).

Blogueurs, qui êtes-vous? Montrez-nous votre fraise !

Voir d'autres visiteurs...

Lire la suite

dimanche 16 septembre 2007

Journées du Patrimoine

Vous pourrez encore nous entendre aujourd'hui dans le Marais à Paris à l'occasion des Journées du Patrimoine : l'association Paris Historique organise une petite fête médiévale au pied de la muraille de Philippe-Auguste, les anciennes fortifications de Paris. Hier nous avons ainsi pu côtoyer fauconniers, maîtres-d'armes (clin d'oeil à nos nouveaux amis de l'association Les lames du Marais), brodeuse, apothicaire et autres chevaliers grandeur nature, dans une ambiance tout à fait joyeuse! Merci aux danseurs qui ont honoré nos bransles de leurs pas... Nous avons même eu droit à la visite et aux compliments de l'Adjointe au Maire de Paris en charge du Patrimoine, Mme Moïra Guilmart.

Vous pourrez nous réentendre aujourd'hui dimanche, entre 13h et 17h, face au Lycée Charlemagne, derrière l'église St-Paul, métro Saint Paul le Marais. Qu'on se le dise, braves gens!

cliquez sur les miniatures pour agrandir:

samedi 8 septembre 2007

Oui, Pavarotti méritait des funérailles nationales

Un article du quotidien 20 minutes sur les obsèques de Pavarotti nous décrit la célébration comme "digne de funérailles nationales" : présence de chef d'Etat, ballet aérien des avions de l'armée qui ont dessiné les couleurs de l'Italie... Déjà j'en entends penser : n'est-ce pas un peu trop pour un chanteur? Et surtout un chanteur lyrique qui s'est invité dans le star-système et qui a flirté avec la pop, siffleront certains...

"Quand Mozart est venu au monde, c'est au monde entier qu'il est venu", écrivait Sacha Guitry entre deux propos misogynes. Combien de personnes n'auraient jamais écouté d'opéra si Pavarotti n'était pas venu vers eux avec ses "amis", que ce soit les "trois ténors" ou les chanteurs de variété avec qui il a osé construire des ponts musicaux? C'est au monde entier que Pavarotti a donné sa voix, ce sont des millions de personnes qui ont ressenti une émotion en l'écoutant, un jour ou l'autre. Et parmi celles-là, la plupart d'entre elles n'avaient jamais mis les pieds dans un opéra.

Qui se souvient du nom des ministres des finances de l'Autriche ou même de l'empereur à l'époque de Mozart? Qui peut nommer l'un des présidents de l'Italie à l'époque de Caruso? Se souviendrait-on autant des Borgia ou de François 1er s'ils n'avaient pas été de grands mécènes qui ont vécu entourés d'artistes? Qu'est-ce que la politique ou la finance comparées à la musique?

Nous devrions être les héros de cette société. Nous, musiciens. Nous, artistes. Chaque jour nous polissons notre art, consciencieusement et sans relâche, pour donner au public un instant d'émotion, un instant de beauté, un instant d'amour, les seules choses qui restent quand on fait le compte de sa vie.

Nous travaillons comme des dingues pour préparer des concerts que nous offrons dans les églises et où le public, qui s'étonne que le concert ne soit pas gratuit, laisse une aumône de pièces jaunes dans le panier à la sortie. Un musicien classique a autant d'années d'études derrière lui qu'un chirurgien cardiaque ; et pourtant il faut nous battre avec les organisateurs de spectacles, les mairies, les centres culturels, pour décrocher un cachet de 150€ pour un concert qui nous a coûté 45h de répétitions (non rémunérées bien sûr), et encore c'est un bon cachet, qu'on négocie à coup de 10€ comme des marchands de tapis. Parfois l'employeur ne veut même pas déclarer, et alors il faut se battre pour avoir une fiche de paie, courir après les attestations Assédic.

Je ne me plains pas, ce métier de musicien je l'ai choisi et j'en suis fière. Je relève au quotidien le défi de vivre d'un instrument aussi improbable que le clavecin, et pour une intermittente du spectacle, je m'en sors plutôt bien! Mais je m'étonne à chaque fois de constater le peu de valorisation de notre métier par la société actuelle, le faible revenu qu'il génère si l'on prend en compte le niveau d'études et le temps consacré au travail (hormis quelques stars, mais en musique classique elles ne sont pas nombreuses), et l'antipathie quasi générale pour les intermittents du spectacle, dont on s'apprête encore à durcir le régime.

Moi je m'en sors bien, mais combien d'amis autour de moi, musiciens, danseurs, comédiens de talent, ont été éjectés du système parce que ce qu'ils faisaient n'est pas assez lucratif. La source s'est tarie, maintenant ils exercent un autre métier pour gagner leur vie, et ne peuvent plus consacrer 40, 50 ou 60h par semaine à préparer leurs spectacles. C'est fini, leur talent n'irriguera plus notre société qui a tant besoin de rire, de s'émouvoir, de chanter, de s'extasier, de jouir, de vibrer. C'est ce métier que je défends, le beau, grand et noble métier de saltimbanque, un terme méprisable pour certains mais qui sonne chez moi comme un mot d'amour.

Cela dit, heureusement certaines structures valorisent encore le rôle de l'artiste : on vient de m'annoncer sous couvert du secret une grande nouvelle qui ne manquera pas de faire du bruit, il y a une nomination dans l'air et elle me concerne! Mais j'ai promis de ne pas en parler jusqu'à la conférence de presse... restez branchés, vous serez les premiers informés!

vendredi 17 août 2007

Fêtes d'Arvor à Vannes

Ra vo saveteet ar Rouanez gant Doue! C'est Audrey Le Scouarnec qui vient d'être élue Reine de l'Arvor 2007 à Vannes (au milieu avec le tablier blanc), et j'ai eu le privilège de faire partie du jury qui évaluait les jeunes filles sur trois grands aspects : un jury "patrimoine", dont j'étais membre, qui jugeait la connaissance de la culture bretonne (culture générale, musique et danse, costume et langue), un jury "élégance et maintien" et un jury "authenticité du costume". Audrey porte avec beaucoup d'émotion la robe de mariage de sa propre grand-mère, et danse au sein du cercle du Croisty, en pays Pourlet. C'est la deuxième fois que j'ai le plaisir de faire partie du jury "patrimoine" et cette année, les candidates nous ont étonnés par leur niveau, tant et si bien que je crois que l'an prochain nous devrons être plus exigeants encore, et relever le niveau de nos exigeances afin de les départager!

C'est formidable de voir que onze demoiselles ont prétendu cette année au titre de Reine, pour lequel il ne suffit pas d'avoir une jolie tête mais également de l'avoir bien pleine. Et si pour l'année prochaine, nous demandions à chaque candidate de nous présenter un court exposé, une page disons, sur un sujet culturel de leur choix? Ainsi nous aurions le plaisir non seulement de voir ces somptueux costumes traditionnels, portés avec superbe, mais également d'entendre l'une nous parler des peintres de la côte, l'autre de l'architecture des maisons traditionnelles, ou une autre encore des traditions de mariage dans son propre village... Bref, d'envoyer chacune à la pêche afin qu'elles nous rapportent dans leurs filets de dentelle un élément culturel du pays de Vannes.

A l'occasion des Fêtes d'Arvor, j'ai essayé de lancer une nouvelle mode : se réapproprier certains éléments du costume féminin traditionnel et les intégrer dans une tenue moderne, dans un audacieux mélange de tradition et de modernité, comme les musiciens bretons ont si bien su faire avec leur art. C'est ainsi que j'ai porté la coiffe de l'île de Groix sur une robe qui, si elle est bien en velours noir comme les tenues traditionnelles, n'en est pas moins courte et tout à fait moderne, avec un perfecto en cuir blanc et des bottes montantes de cuir noir (sans oublier les bas résille, évidemment). Dazont ar brezhoneg n'o ket e botoù-koad med e botoù nadoz!

La coiffe et le béguin sont ceux de la mère de Yannig Baron, fondateur des écoles Dihun (langue bretonne au sein de l'enseignement catholique), qu'on voit sur la photo arborant le chapeau de son grand-père. A noter également le modèle réduit d'un thonnier groisillon, posé sur le dessus d'une presse à lin du 17e siècle, un meuble extrêmement rare et sans prix. Pour un Breton, la coiffe de sa mère est souvent le plus précieux des trésors ; porter celle de la mère de Yannick, vénérable militant et légende vivante de la langue bretonne, est donc tout un symbole, mais aussi toute une responsabilité!

Enfin, pour ceux qui se poseraient la question, il y a eu un peu plus de breton cette année à la messe du grand pardon de Notre-Dame d'Arvor à la Cathédrale de Vannes, mais labour 'zo c'hoaz! il reste du boulot, tri mil boulc'hurun! (tonerre de Brest!) Certes on a eu droit à quelques répons (acclamation après l'évangile, refrain de prière universelle...) et même la lecture de l'Évangile en breton vannetais à la suite du français, mais de cantique breton comme tel, point. Pire : en chant d'entrée, on a osé composer des paroles en français soi-disant à Notre-Dame d'Arvor sur le cantique "Eürus an hini": on garde donc la très belle mélodie bretonne, c'est déjà cela, mais on enlève les mots savoureux sur lesquels elle a été écrite pour les remplacer par des mièvreries en français à l'eau de rose. Qu'à cela ne tienne! puisque mon rôle de jury me donne accès aux premiers rangs dans la nef de la cathédrale St-Pierre de Vannes, je fais de la résistance et avec toute la puissance de ma voix, j'ai chanté le cantique original sur la poésie en breton pendant que le pauvre chantre ânonnait les paroles en français qui ne vont certainement pas remporter de prix nobel de littérature et qui spirituellement ne veulent rien dire.

Je ne comprends pas, et là c'est l'organiste qui parle, l'organiste qui a dans ses veines le sang de sept générations de musiciens d'église, je ne comprends pas pourquoi on continue d'appauvrir le répertoire de musique sacré catholique sous prétexte d'accessibilité au plus grand nombre. Surtout que cela produit exactement l'effet contraire, il n'y a qu'à voir les églises vides! Après le dernier concile, on a jeté le grégorien avec l'eau du bain "pour faire moderne" alors que rien dans les textes de Vatican II ne nous y obligeait : cette musique qui rythmait les offices depuis plus de mille ans, plongeant ses racines dans le chant ambrosien et le chant byzantin, disparaissait du jour au lendemain pour laisser la place à quelques très jolis chants en langue vernaculaire et beaucoup de musique d'ascenseur. En Bretagne on détient un fonds de cantiques sublime, il y en a des centaines, en pays vannetais, en Finistère, partout -j'ai des bouquins entiers à la maison, un rayon complet de ma bibliothèque!- et le peuple breton qui fut très pratiquant à une époque a mis tout son génie dans cette musique qui revêtait une importance primordiale dans leur société. Voilà qu'aujourd'hui on zappe tout cela, on le balaie du revers de la main, non seulement cela n'existe pas mais ne vous y intéressez surtout pas : cela n'a jamais existé, circulez il n'y a rien à voir, et lorsque je m'en insurge je passe pour une horrible militante arriérée et rétrograde, une communautariste sectaire!

Une Bretonne en coiffe!...

Remarquez on a le même problème en Provence. Régulièrement je participe à des messes en provençal (et costumée en Arlésienne, attention!), et il est difficile, au-delà de la lavande et des cigales, de dépasser le folklorisme aux yeux des gens.

Or l'humain a besoin de sacré. Il a besoin de Beauté. Ce n'est pas parce que les cantiques bretons sont en langue bretonne qu'ils sont beaux : c'est à l'inverse parce qu'ils sont beaux que ceux-là ont réussi à traverser les siècles. Dans quelques centaines d'années, quand on ne parlera plus français en France et que dans le cadre d'une fête traditionnelle on célèbrera une messe dans la nouvelle langue vernaculaire, le Globish, les cantiques en français du XXe siècle qu'on chantera peut-être seront ceux qui auront été assez beaux pour traverser l'histoire. Il en va de même avec les cantiques bretons aujourd'hui.

Qu'importe : moi je fais de la résistance, et je chante en breton, like it or not. Au sortir de la cathédrale j'ai lancé sauvagement le début d'un cantique en breton, dans la rue, et les fidèles qui étaient autour de moi se sont empressés de joindre spontanément leurs voix à la mienne, un large sourire sur le visage. Et quand on me demande en quelle langue a été célébrée la messe, je réponds que c'était une messe FLB. Français, Latin, Breton.

dimanche 29 juillet 2007

Le dopage et la musique

Je retrouve enfin mon lit et ma machine à expresso après deux semaines de vagabondage sur les routes de France et de Navarre (3700 km parcourus ces quinze derniers jours...) : il est vrai que si la belle saison des concerts et des festivals est stimulante, force est d'avouer que c'est extrêmement dur physiquement.

Tour de France oblige, le sujet du dopage rôdait autour de la table jeudi soir après le concert à Lalouvesc (dont je vous donnerai des photos très bientôt). Et particulièrement au sujet des musiciens : y a-t-il du dopage chez les musiciens classiques?

La question n'est pas anodine, et sitôt le sujet lancé chacun avait son mot à dire: nous avons tous nos substances, licites ou illicites, pour nous faire tenir le coup. Mais à partir de quel moment peut-on parler de dopage? Petit inventaire d'un sujet politiquement incorrect.

Personnellement, j'use et j'abuse de la vitamine C, un grand classique, et pas un matin sans la multivitamine la plus complète possible, qui compense une alimentation trop aléatoire. Je dors beaucoup, enfin quand je ne finis pas de jouer à 2h du matin, j'essaie de manger des produits frais, bio et le plus souvent cru. Jusqu'ici ce n'est pas réellement du dopage, me direz-vous! Du côté des chanteurs, ils ont toujours sur eux soit des gouttes de Fleurs du Dr Bach, soit des préparations de phytothérapie (échinacée, mélaleuca...). Mais j'ai aussi entendu parler de chanteurs qui utilisaient de l'éther pour s'éclaircir la voix (avec des conséquences irréversibles à la longue, évidemment), mais cette pratique est rare.

En revanche les chanteurs ont presque toujours sur eux de la cortisone, qui permet d'enchaîner les répétitions et les concerts à un rythme que le corps refuserait normalement. Les violonistes et autres instrumentistes sujets aux tendinites n'hésitent pas eux aussi à recourir à la cortisone, avec la complicité d'un médecin bienveillant, pour endormir la douleur d'un bras ou d'une articulation qui a trop travaillé avant un concert important. J'avoue qu'il m'est déjà arrivé de chanter avec une bronchite sévère et 40 degrés de fièvre, pour un festival de cinéma à Husum en Allemagne : mon médecin m'avait prescrit un traitement de cheval afin de pouvoir assurer quand même ma prestation. J'ai bel et bien assuré, mais j'étais carrément dans un état second! Je n'aime pas prendre des médicaments très forts, mais que faire quand on a un concert important à assumer?

Si parfois on combat le trac avec des granules homéopathiques (Argentum nitricum, Gelsenium...) ou un apport de magnésium, d'autres se penchent sur la bouteille, c'est bien connu... On m'a dit que chez les instrumentistes à vent, on se sert énormément de béta-bloquants afin que le stress ne vienne pas rendre le souffle court, que ce soit pour des concerts importants, des auditions ou des concours. Tout cela s'obtient relativement facilement sur ordonnance. Et puis il y a des musiciens qui ont recours à la cocaïne (c'est plus courant qu'on ne le croit dans notre métier, comme dans la plupart des métiers à stress), voire à l'héroïne. Pour certains danseurs classiques, comme pour beaucoup de mannequins d'ailleurs, ce sont souvent les amphétamines qui agissent comme coupe-faim et permettent de garder la silhouette (quelle société de dingues quand même), en plus bien sûr de la cigarette.

Dans tous les métiers finalement il y a des problèmes de dopage, et les entreprises elles non plus n'y échappent pas. Le métier de musicien n'est certainement pas plus facile qu'un autre, il est même probablement plus difficile, et il est très proche du métier de sportif professionnel : la part de stress, la préparation, la compétition (il faut bien le dire), l'exigeance, la discipline. On me demande souvent "Où puisez-vous toute cette énergie?..." ; hormis mon entraînement purement musical, et tout le côté platement administratif de mon métier, je m'entraîne entre 5 à 8h par semaine dans une salle de sports : j'ai beau rien que remuer mes petits doigts sur un clavier, il faut être sacrément en forme pour exercer le métier de musicien !

N'allez pas croire que nous sommes tous des dopés, j'aborde ce sujet délicat sur mon blog uniquement pour susciter la réflexion et les commentaires des blogueurs : jusqu'où peut-on aller?

De la simple vitamine C aux drogues dures, il n'y a finalement à mon avis que deux substances, rien que deux, qui dopent vraiment et véritablement les musiciens, et qui nous propulsent sans cesse vers l'avant : c'est l'adrénaline, avant de monter sur scène, et la dopamine, sous les applaudissements du public. Rien que pour ça, on irait au bout du monde.

vendredi 8 juin 2007

INTERVIEW dans "Franc-Parler", magazine diffusé au Japon - フランス語 / 日本語

Interview réalisé par Eric PRIOU du journal Franc-Parler (diffusé gratuitement au Japon)


cliquez sur la vignette pour lire l'article au format .pdf
en français et en japonais

Site du magazine et points de distribution au Japon

Cliquez ci-dessous sur "lire la suite" pour accéder au texte de l'article (dans les 2 langues)

Lire la suite

samedi 19 mai 2007

"Vive le breton libre" - article paru dans le mensuel "Bretons" du mois d'avril

Cliquez pour lire l'article au format .pdf
site du magazine

Claveciniste, spécialiste reconnue de musique ancienne, la Québécoise Claude Nadeau est tombée amoureuse de la Bretagne. Et entre la musicienne et la langue bretonne s'est nouée une histoire d'amour qui a donné naissance à l'école Diwan Paris.

par GAËL GUÉGUEN photos EMMANUEL PAIN

La naissance de Diwan Paris est une légende et Claude Nadeau en est à la fois l'héroine principale et la conteuse. La femme aux chapeaux peut vous raconter l'histoire autant de fois que vous voulez l'entendre, du moment que vous en parlez à votre tour, car une légende se transmet comme une langue. La présidente de Skoazell Diwan Paris - l'association de soutien à Diwan -est polygtotte, connaît sept langues, dont le breton, qu'elle parle et chante. Comme par exemple devant le gratin industriel breton, réuni en colloque le 17 novembre 2002. Une date imprimée dans la légende. Ce jour-là, Claude Nadeau est invitée à prendre la parole pour présenter... la musique classique bretonne. Eh oui, quatre ans après son arrivée en France, cette musicienne, premier prix de clavecin, diplômée de musique ancienne, est autant capable d'entonner une gwerz en plein milieu d'un repas, que d'interpréter des œuvres du compositeur baroque Jean-Odéo de Mars ou encore disserter sur ce compositeur breton ayant ses entrées à Versailles!

Alors, au lieu de faire simplement le job qu'on lui demande, elle s'approche du micro et se prend à répliquer à l'intervenant precédant, celui-ci ayant eu le malheur de critiquer l'usage de la langue. C'est là que la légende prend corps. "Je ne suis pas d'accord, la langue bretonne est indissociable de la culture bretonne. Combien de gens parlent breton ici ?" demande-t-elle. Silence de mort dans la salle, moment de honte à grande échelle. "J'ai senti que j'avais donné un coup de pied dans la fourmilière. Tu imagines ? C'est comme si quelqu'un venait pour un colloque sur la culture québécoise et s'exprimait entièrement en anglais : You have to keep your culture, how beautiful, bla bla bla". Claude Nadeau parle anglais avec un accent américain, breton comme on l'enseigne à Diwan et français avec l'accent de la belle province, tout en mesure et tambour battant.

Arrivée à Roissy avec son sac à dos
Revenons avec plaisir sur ce moment de honte fondateur. Après avoir harangué l'auditoire, elle continue en breton à exposer son savoir musical, avant de s'arrêter. Rien qu'une minute en breton, ça produit son effet devant cinq cents natifs ayant perdu leur langue. "Alors, vous faites quoi ? Décidons quelque chose", dit-elle. Au buffet, elle est assaillie par tous ceux qui se sont sentis visés : "Je n'ai pas pu manger la moindre huître, tout le monde est venu me voir". Parmi les convives, Jean-Yves Le Bras, avocat, fondateur de l'école Diwan de Guingamp, s'approche et glisse : "On fait une école Diwan à Paris ?"

Un mois plus tard, les statuts étaient en préfecture. "J'ai éte le catalyseur, mais je ne suis pas la Jeanne d'Arc du mouvement breton". Pourtant, depuis ce fameux 17 novembre 2002 et cette déclaration d'amour à la langue, Claude Nadeau s'engage corps et âme dans l'aventure, au point de perdre sa place de chef de chœur à RFO. "Le jour de l'ouverture de l'école Diwan, j'ai éte virée!"

Si un réalisateur réfléchit en ce moment à l'idée de faire un film sur la légende, il sait qu'il devra tourner une séquence au Ty Jos, le bar-crêperie parisien, là où Servat a créé La Blanche Hermine, car c'est aussi dans cet endroit que l'association de soutien a pris forme, dans une ambiance fièvreuse des grands soirs. Le premier adhérent a filé les vingt euros qu'il n'avait plus besoin de boire, "nous lui avons donné un reçu sur un bout de nappe en papier". Nous sommes en septembre 2004, à peine deux ans après sa fameuse prise de micro. Français Goulard, ministre délégué à l'Enseignement Supérieur et à la Recherche, inaugure la première école Diwan de Paris, rue du Moulin-Vert dans le 14e. Les caméras de TF1 sont présentes. "Ce qui fait notre force, c'est notre visibilité médiatique". Claude Nadeau sait de quoi elle parle, elle était animatrice radio au Québec, du temps où elle ignorait complètement qu'il y avait une Bretagne.

Quand elle est arrivée à Roissy en 1998, avec son sac à dos, elle savait juste qu'elle serait musicienne, elle jouerait du clavecin. "Tout le monde m'a dit : ne vous faites pas d'illusion, vous ne serez jamais professionnelle ! ...en janvier dernier, je jouais comme soliste à l'Opéra de Paris".

Cette femme possède une volonté à toute épreuve, elle défend ce qu'elle aime. "Le clavecin, c'est comme le breton: c'est ancien, c'est rare, et si on ne s'occupe pas de lui, on n'en entendra plus", aime-t-elle dire. À partir de l'instant ou elle a poussé la porte de la Mission bretonne en débarquant à Paris, Miss Nadeau s'est trouvé une terre d'accueil. "Au Québec, nous sommes le petit village gaulois qui résiste. La Bretagne, c'est un peu la même chose. Je me serais sentie cheap de ne pas apprendre le breton", dit-elle.

Pour la première rentrée, il fallait trouver un instituteur, un local, de l'argent. "J'ai retourné chaque caillou du 14e pour trouver du fric, les travaux ont été réalisés par des bénévoles", tout a marché grâce à la détermination. "Nous n'avons jamais envisagé l'échec comme une possibilité" dit-elle. Des paroles dignes d'un chef militaire. Mais deux ans après la première rentrée héroïque, Diwan se retrouve à la rue, faute de moyens. Qu'à cela ne tienne, un bon communiqué de presse peut être salutaire: l'école Diwan victime de son succès, voilà comment la Présidente présente la chose aux journalistes. Une semaine avant la rentrée 2006, les enfants ne savent toujours pas dans quelle cour ils iront jouer. Coup de fil du cabinet du maire de Paris. "Vous avez besoin de 100 mètres carrés dans le quartier Montparnasse ? Je vous rappelle dans 48 heures". Étant donné qu'il y a au moins un million de Franciliens d'origine bretonne, soutenir Diwan n'est pas négligeable d'un point de vue politique. D'ailleurs Bertrand Delanoë en personne est venu dire qu'il était bon d'apprendre plusieurs langues. C'est un soutien qui ne se refuse pas, même si l'école n'est pas subventionnée. Pour deux petites salles de classe, une cuisine et une cour, l'association paye la location au prix du marché.

En sonnant à l'interphone au 38, rue Liancourt, 14e arrondissement, on ne se doute pas que derrière la porte, on trouvera à l'heure de midi des enfants de toutes nationalités accueillant le nouvel arrivant en breton, pendant que d'autres sont au réfectoire, question de place et d'organisation. Une classe de maternelle et une classe primaire, deux instituteurs, Diwan Paris est une école en germination, comme son nom l'indique et tout le monde peut la financer. "Il y a un mec qui a entendu un reportage à la radio, on ne sait pas qui c'est. Il nous a envoyé un chéque de cinq cents euros", s'amuse Claude Nadeau.

Les donateurs ne sont pas tous anonymes, Diwan est aussi alimentée par des industriels mécènes. "Je leur dis : c'est bon pour votre image de marque". Typiquement le genre de discours qui séduit les chefs d'entreprise, comment résister à un tel aplomb ? "Il faut arrêter de se plaindre, mais donner envie aux gens de vous suivre. Personne n'a envie de filer du fric à ceux qui pleurnichent. Mon point de vue, c'est que les mecs, faut les faire bander!" Les mots sont crus, mais c'est bien parce qu'elle en est réduite aux dernières extrémités. Chaque année pour le budget c'est toujours moins une, alors il faut y aller à la hussarde.

Le privé qui fait avancer l'enseignement
Une des premières entreprises à répondre présent, Coopagri Bretagne, envoie un premier chèque de mille euros. Le quotidien économique Les Échos l'imprime noir sur blanc (lire l'article). Un second chèque arrive chez Diwan, du même Coopagri. Croyant à une erreur et par souci d'honnêteté, le franc-parler va de pair avec la droiture, la Présidente appelle Jean-Bernard Solliec, le directeur général, qui lui explique : "Non, ce n'est pas une erreur, ça fait dix ans que je suis à la tête de Coopagri. C'est la première fois que j'ai une demi-page dans Les Echos, ça vaut bien un petit coup de pouce".

Voilà comment ça marche. C'est un genre de business participatif, un mot à la mode. Le privé qui fait avancer l'enseignement, on n'a encore jamais vu ça en France. Mais on n'a encore rien vu, c'est le rêve américain appliqué au breton: "Soyez entreprenants, rêvez en Technicolor, voyez grand". Claude Nadeau a le contact. Elle fait vibrer la corde sensible des Bretons qu'elle croise sur sa route. On lui est reconnaissant à elle, une étrangère, de parler cette langue qu'on a souvent perdue en arrivant à Paris. Les donateurs ayant pignon sur rue affichent leur soutien, l'autocotlant bleu Evid ar skolioù Diwan est bien visible aux Invalides sur la vitrine du restaurant étoilé Le Divellec. Le chef a tenu à ce que la dame chapeautée place elle-même ce signe d'appartenance à côté des autocottants promotionnels. L'intérêt n'est pas mince, les députés mangent régulièrement la cuisine de Jacques Le Divellec, ils ne peuvent manquer ce repère.

Faire feu de tout bois, voilà la tactique d'une self-made woman, pardon, d'une femme prête à réussir dans les entreprises qu'elle mène avec cœur et intelligence. Ainsi, au moment de nous séparer, je lui avoue que moi-même, Breton habitant en Bretagne et fréquentant des bretonnants, je ne parle pas la langue. La réplique fuse: "Achète-toi des couilles et apprends le breton"

voir les autres photos d'Emmanuel Pain

vendredi 4 mai 2007

Vote?

Discussion ce midi avec un ami journaliste dans un grand quotidien parisien : énormément de gens dans notre entourage, et même des gens dont l'opinion est influente, dont l'ami en question, vont voter blanc dimanche. En France, le vote blanc n'est pas comptabilisé. Je comprends que certaines personnes ne se reconnaissent pas dans l'un ou l'autre candidat ; cela dit, dimanche soir la France aura tout de même un ou une président(e). Sans compter qu'il y a des gens qui meurent pour avoir le droit de vote, et que les femmes particulièrement on dû se battre pour l'obtenir.

Alors : voter blanc, geste de courage ou de lâcheté?

mercredi 18 avril 2007

Claude Nadeau sur France Inter

L'avenir est à ceux qui se lèvent tôt : demain jeudi 19 avril, à vos postes! à 6h18 précises, France Inter diffusera la chronique "Blogs à part", animée par par David Abiker et Alexandre Boussageon, qui chaque matin à 6h20 dans le Six sept, explorent la blogosphère et chroniquent alternativement un de ces millions de Blogs à part.

Afficio-Nadeau, réjouissez-vous : en lumière demain, le blog www.claudenadeau.net/blog (vous y êtes), et une petite incursion dans le merveilleux monde claudenadien.

6h18, c'est d'bonne heure! Mais les marmottes pourront également écouter cette chronique en baladodiffusion ("podcasting", en langue barbare) sur le site de France Inter.

"jeudi 19 avril 2007 : La femme au clavecin"

Les baroqueux bloguent-ils ? Oui, les baroqueux bloguent.

Je veux parler, naturellement, des amateurs de musique baroque. J’en ai déniché un, une plus exactement. Elle s’appelle Claude Nadeau, elle est claveciniste et elle blogue.

C’est une femme très active : stages de chant un peu partout en France, messes de baptême, de mariage et d’enterrement à travers l’Hexagone, concerts aussi, en Bretagne et jusqu’au Japon. Le prochain aura lieu à Paris, dimanche ; et le suivant entre les deux tours. Il s’agira alors d’un « MBC », comprenez : messe-brunch-concert. J’ignorais, jusque là, l’existence de cette sorte de raout catho-mondain que je présume de haute volée si je m’en tiens au casting.

Prenez la partie brunch. Elle sera signé Jacques Le Divellec, ce chef promu voici peu au grade de Commandeur de la Légion d’honneur en raison des immenses services rendus à la gastronomie nationale. La liturgie, ensuite : assurée par le très médiatique père de la Morandais. Le clavecin, enfin, aux mains de notre blogueuse, évidemment.

On peut donc aimer Bach, internet, la cuisine contemporaine et les people. Aussi je vous recommande de retenir le nom de Claude Nadeau. Car la voici de plus en plus médiatisée. Un jour c’est le JT de France 3 Région pour défendre la langue bretonne ; et un autre un passage dans une émission branchée de Paris Première. On parle d’elle sur France inter de bon matin et on l’a même vue, cet hiver, en début de soirée dans le téléfilm « l’Enfant du secret », sur France 2. Claude Nadeau y joue le rôle d’une claveciniste, forcément. Et en plus de tout ça, on lui doit, tenez vous bien, la bande son de la pub pour les gants en plastique Mapa.

Du clavecin pour des gants de ménage ! Pourquoi pas du luth pour un débouche WC tant qu’on y est ? Baroque pour baroque…

Je vous laisse l’adresse :
http://www.claudenadeau.net/blog/
Alexandre Boussageon

voir cette chronique sur le site de "Blogs à part"

mardi 27 mars 2007

Élections au Québec

Des élections gouvernementales ont eu lieu au Québec lundi, dans la quasi-indifférence des médias français. Le Parti libéral du Québec (PLQ), a été réélu pour un deuxième mandat, confortant son chef Jean Charest dans son poste de chef d'Etat (Premier Ministre).

Il n'aura toutefois pas la tâche facile, puisqu'il devra former un gouvernement minoritaire. C'est l'Action démocratique du Québec (ADQ) de Mario Dumont qui formera l'opposition officielle. Le PLQ obtient 48 sièges, l'ADQ 41 et le Parti québécois (PQ - souverainiste) de André Boisclair, 36.

Cette élection dont la campagne électorale a été particulièrement riche en rebondissements, avec notamment pour enjeu les relations Canada-Québec et l'option de la souveraineté de la province francophone, met fin à des décennies de polarisation Parti Libéral - Parti Québécois, et est marquée par la percée de l'Action Démocratique du Québec, un parti relativement nouveau (1992) qui n'avait pas réussi jusque là à s'imposer à l'Assemblée Nationale du Québec. Le parti Vert a obtenu 4% des voix, tout comme le nouveau parti socialiste Québec Solidaire.

Le taux de participation pour cette élection s'élève à 70,8%. On attend pour les prochains jours la formation du cabinet ministériel, composé de députés élus du parti vainqueur.

en savoir plus : les infos de Radio-Canada
Analyse dans le quotidien Le Devoir

et puis zut! soyons militants : le site www.lequebecois.org (sur lequel vous pouvez notamment écouter "Québec Radio")

dimanche 25 mars 2007

Stage de chant choral médiéval à Nancy

Beau succès pour le stage de chant choral de découverte du répertoire vocal du moyen âge que j'ai eu le bonheur d'animer aujourd'hui au château de Remicourt à Nancy, pour la fédération régional "Lorraine" de A coeur Joie : une centaine de choristes!

En revanche, encore sous le coup de mon voyage au Japon, et n'ayant pas la télévision, j'ignorais absolument qu'on changeait l'heure ce week-end! (pour moi le dernier week-end de mars c'était celui qui commence le 31). Catastrophe : lorsque j'arrive à la gare de l'est pour mon train de 6h44, il est sept heures passées... Et apparemment je ne suis pas la seule voyageuse dépitée ! Je découvre donc le changement d'heure avec horreur, et je suis contrainte de prendre le train suivant, qui me fait arriver à 11h15 à Nancy, alors qu'une centaine de chanteurs m'attendent... Le cauchemar absolu. Et puis d'abord, pourquoi est-ce que le changement d'heure n'est pas noté dans les agendas?

Heureusement, le travail effectué à partir de mon arrivée fut si intense que je crois qu'on m'a pardonné mon retard... Fidèle à mon habitude, j'ai travaillé sur la technique vocale de résonance naturelle de la voix, qui permet de chanter sans fatigue et de façon naturelle, et j'ai voulu donner aux choristes les outils techniques et intellectuels qui leur permettront de poursuivre leur découverte de ce véritable continent inexploré que constitue la musique médiévale. Plain-chant, premières polyphonies, répertoire sacré mais aussi chansons à boire, notre survol de cette littérature a je crois donné le goût d'aller plus loin!

Je rentre épuisée, d'abord par cette stupide histoire d'horaire, mais surtout d'avoir tant transmis : comme chef de choeur, je me sens parfois un peu comme un magnétiseur, qui insufffle l'énergie qui l'habite à ceux qui viennent la lui quérir. Mon but dans ces stages est de transmettre non seulement des connaissances, mais également une attitude, une vision de la musique, une énergie. Je travaille beaucoup sur le corps, et la sensation de la voix. Tout cela est un peu épuisant physiquement, sur le coup, mais étonnament énergisant, en fin de compte...

Envie d'en savoir plus? Je me déplace partout en France pour donner ce genre de stage, n'hésitez pas à en parler autour de vous! Avec toujours les deux mêmes phrases pour devises : "Chanter rend heureux" et "Qui m'aime me suive!"

samedi 17 mars 2007

Premières photos du Japon

Premières photos du premier fest-noz à Tokyo, que nous avons animé à l'occasion de la St Patrick, en présence de l'ambassadeur de France M. Gildas Le Lidec et de M. le Consul Le Corre


Regarder la vidéo de notre prestation musicale lors de la parade de la St Patrick (moins d'une minute)

En ligne également : photos de la parade de la St Patrick à Tokyo et de l'Ambassade de France

Claude Nadeau sur le site d'Air France Japon

Au Japon nous sommes déjà le 17, alors tout d'abord bonne St Patrick à tous!
Air France, partenaire de notre tournée au Japon, annonce l'événement sur son site
(si, si, c'est moi à droite sur la photo!)

Voir le site de Bretons du Japon pour le programme complet; ainsi que le communiqué de l'Agence Betagne Presse

mardi 13 mars 2007

Il faut l'ivoire pour l'y croire

Les instruments dont nous nous servirons pour notre tournée au Japon du 15 au 21 mars sont absolument somptueux : baguées d'ivoire et serties chacune de trois pierres précieuses, notre bombarde et notre veuze (sorte de cornemuse) se veulent au confluent des instruments médiévaux et des instruments bretons. Ce sont des pièces uniques réalisées spécialement pour nous par le luthier Dominique Bougé en 2001, et représentent le résultat de nos propres recherches organologiques tant au niveau de l'esthétique, de la sonorité, que de l'usage d'une échelle de gamme non tempérée tout à fait particulière.

Mais l'usage d'ivoire, même d'ivoire ancien, exige de se plier à des règles très strictes, puisque c'est une espèce protégée. Lorsque nous étions allés en Chine, en 2003, il nous avait donc fallu obtenir le permis Cites, quatre permis différents en fait : l'un pour avoir l'autorisation de sortir du territoire français, l'autre pour rentrer en Chine, le 3e pour sortir de Chine et le 4e pour revenir en France. ouf! Tout cela pour nos instruments de musique dont nous n'avons nullement l'intention de faire le trafic et surtout pas de les vendre. Mais bon, c'est la règle de la convention internationale.

Cette fois-ci, je recontacte l'autorité compétente pour obtenir un nouevau Cites pour les mêmes instruments, et on me redemande les mêmes documents dont j'ai déjà fourni l'original en 2003 : "Vous ne croyez tout de même pas que nous allons fouiller dans nos archives!" me répond-on au bout du fil. Euh....?! Et c'est reparti pour un tour. Redemander l'original de l'attestation du luthier, et l'original de l'attestation du fournisseur professionnel d'ivoire (pré-convention)...

Mais bon, entretemps, le fournisseur d'ivoire est parti à la retraite (tant mieux pour lui), et pas moyen d'obtenir une attestation de sa part! Pas d'attestation, administration pas contente, pas de permis Cites. Et pas question bien sûr de courir le risque de se faire confisquer nos instruments à la frontière!

C'est donc la mort dans l'âme que nous avons dû décoller les parties en ivoire de nos instruments, en les abîmant un peu, tout en essayant de ne pas leur faire trop de mal. Ils ont quand même un peu souffert, on ne modifie pas un instrument comme cela. Merci du fond du coeur à Bernard Millet, luthier, qui a accepté dans l'urgence de nous fabriquer sur mesure de nouvelles bagues en ivoirine (synthétique) qui nous permettront de voyager avec nos instruments l'esprit tranquille.

Tout de même, on a eu chaud, et nos instruments aussi.

lundi 12 mars 2007

Photos pour le magazine "Bretons"

Séance photo aujourd'hui avec Emmanuel Pain, l'excellent photographe du magazine "Bretons", qui publiera dans son prochain numéro un article sur moi en forme de portrait. Signé Gaël Guéguen, cet article parlera entre autres du parallèle que j'établis entre le clavecin et la langue bretonne... et donc la séance photos s'est déroulée à l'Atelier Marc Ducornet (on y revient toujours!)

mercredi 7 février 2007

Vous fûtes plus de 10 000 en janvier

La partie blog du site www.claudenadeau.net a franchi le cap des 10 000 visiteurs en janvier, devenant ainsi la section la plus visitée du site (29% des 40740 visiteurs du site pour ce mois uniquement).

Le site www.claudenadeau.net, qui fête ses 10 ans sur la Toile, totalise près de 6 millions de "hits" par an, et des milliers de téléchargements musicaux tous les mois, que ce soit en écoute libre (avec Radio Blog, la boîte à musique de la colonne de droite), ou en téléchargement de MP3.

Merci à tous les visiteurs pour leur fidélité!

dimanche 7 janvier 2007

Meilleurs voeux!

Chers amis blogueurs, soyez aux premières loges pour recevoir mes voeux les plus chaleureux pour 2007 :

cliquez ici : www.claudenadeau.net/voeux2007claudenadeau.html
ou ici: www.claudenadeau.net/voeux2007claudenadeau.swf
ou ici: www.claudenadeau.net/voeux2007claudenadeau.exe (puis acceptez "exécuter" ou "enregistrer" - mais non, y'a pas de virus, promis!) attention, pour cet exécutable, mieux vaut mettre sur "pause" la boîte à musique, dans la colonne de droite, pour ne pas superposer les deux mélodies

mardi 19 décembre 2006

Messe de Noël

24 et 25 décembre : journée très chargée pour tous les organistes du monde entier!

J'animerai les messes à la Chapelle de l'Agneau Vainqueur :
2 place Henri Frenay, Paris 12e (face à la salle Méditerrannée de la Gare de Lyon) métro Gare de Lyon (sortie rue Chalon) plan d'accès

Dimanche 24 décembre : 4 ème dimanche de l'Avent, messe dominicale à 11 h30

24 décembre, à 19 h : Veillée de chants traditionnels de Noël (arrivez avant 19h! il y aura du monde!)
19h30 : Messe de la première nuit, célébrée par le Père Alain de La Morandais (avec chorale antillaise, Didier Jacquin, clarinettiste, René Desroches à l'orgue et moi-même)

au programme : des chants de Noël traditionnels comme on les aime (Ca bergers, Les Anges dans nos campagnes, Entre le boeuf et l'âne gris, Noel nouvelet, Venez divin messie, Adeste fideles, D’où viens-tu bergère...) de la musique antillaise, du "bon vieux jazz" à la clarinette, et le sublime "Et incarnatus est" de Mozart que je chanterai...

lundi 25 : Messe du Jour de Noël à 11 heures 30

OUF! et après, trève des organistes! ;-)

une pensée pour les SDF du quartier qui célèbrent Noël à la Chapelle, et qui après la messe sont invités à un réveillon

dimanche 26 novembre 2006

Stage de chant choral du moyen âge à Nancy

Cette fois je dirigeais un choeur choisi : les chefs de choeur de toute la région Lorraine, membres du mouvement A Coeur Joie, se sont regroupés pour me faire venir afin d'animer un stage sur la musique du moyen âge, comment l'aborder, comment la diriger.

J'espère que tous auront pu découvrir un répertoire d'une richesse insoupçonnée, et surtout puiser des idées, bien sûr des idées de répertoire, mais également des idées de direction et de technique vocale. Il paraît que j'enseigne une technique tout à fait particulière... dans le bon sens du terme... je suis mal placée pour juger mais c'est ce qu'on me dit! En tout cas, j'essaie de travailler sur la résonance naturelle de la voix, et l'idée de chanter sans fatigue. Belle rencontre à ce sujet avec un chef de choeur qui est également orthophoniste, et avec qui j'ai pu échanger sur ce point!

Je retournerai à Nancy en mars, cette fois pour donner un stage aux choristes eux-mêmes.

lundi 16 octobre 2006

Stage de musique médiévale à Belfort

choristesJe rentre d'animer un stage de musique médiévale à Belfort, à l'invitation de la Fédération A Coeur Joie Franche-Comté. Plus d'une centaine de choristes ont pu chanter sous ma direction, et découvrir ce que j'appelle un véritable "continent inexploré", le répertoire de musique médiévale. 1000 ans de musique, ce n'est pas rien, tout de même!

Quel accueil, quelle écoute, et quel bonheur de transmettre du bonheur justement, à tous ces choristes venus goûter à ce répertoire méconnu: Messe de Nostre-Dame de Machaut, virelais, motets, conduits, un peu de grégorien et même une chanson à boire! Le public venu nous écouter au concert de fin de stage n'a pas été déçu du voyage, et une chose est certaine, tous ont découvert plein de belles choses, qui donnent envie d'aller plus profondément dans la connaissance de cette musique.

Petite douceur de fin de journée: (le week-end a été éreintant!) en arrivant à la Gare de l'Est, à 21h40, j'eus l'heureuse surprise de voir, sur le même quai que mon train, en face, un autre train qui partait à 21h44 pour Venise : l'Orient-Express! Quelle fête pour les yeux!

Je donnerai à nouveau à la fin du mois de novembre un stage similaire à Nancy. A cette occasion, voici le texte que j'ai écrit pour donner envie aux choristes de s'inscrire:

Mille ans de musique ! Des kilomètres de rayons de bibliothèques remplis de manuscrits, des instruments aussi étranges que merveilleux, la voix magnifiée et élevée au rang de seul instrument assez parfait pour louer Dieu, des envolées de partitions enluminées aussi colorées qu’un vitrail, des litres de chansons à boire, des bouquets entiers de chansons de troubadours, la beauté sublime des monodies, le vertige des polyphonies !

Mille ans d’histoire ! Mille ans de femmes et d’hommes qui travaillent, qui peinent, qui créent, qui osent, qui prient, qui voyagent, qui échangent, qui s’instruisent, qui se battent et font la paix, qui s’enrichissent et se dépouillent, qui dansent et qui chantent ! Qui osera encore parler du moyen âge comme d’une époque de grande noirceur ?

Et pourtant la musique de cette époque, au-delà des caricatures véhiculées par les bandes-son de Thierry la Fronde et autres Kaamelot, est un véritable continent inexploré. Néanmoins toute la musique occidentale que nous connaissons, jusqu’au nom même des notes de la gamme, est l’héritière de la musique du moyen âge. Mais qui peut nommer un seul compositeur médiéval ? Une seule œuvre majeure ?

Et comment retrouver les sources afin d’aborder, avec la sincérité et l’émotion d’un archéologue qui ouvre pour la première fois depuis des siècles la porte d’une chambre secrète et y découvre ébahi des trésors fabuleux, la musique médiévale de façon historiquement documentée, sans la déformation qu’induit la reproduction de l’image d’une image ?

C’est un véritable travail de détective que je vous propose dans ce stage de découverte du répertoire de musique médiévale. A l’ère du zapping, je tâcherai de vous faire goûter au plus grand nombre de styles et de couleurs possibles (et il y en a eu, en mille ans de musique !), du plain-chant aux chansons à boire, afin de vous faire partager ma passion pour cette musique.

Mon but n’est pas de faire de vous des médiévistes incollables, mais de lever le voile sur une époque injustement méconnue, et qui sait de vous donner des idées de répertoire à travailler dans vos chorales respectives. Pendant ces deux jours de stage, je vous donnerai les clés qui je l’espère vous permettront de continuer de travailler et d’aller plus loin dans la pleine appréciation de cette musique, en retrouvant toute la beauté de sa première splendeur.

Prêts pour un voyage dans le temps ? Qui n’en a jamais rêvé !

Contacter Claude Nadeau

Google
 
Chercher sur : Le web www.claudenadeau.net


"There's only one Claude Nadeau" ®
Méfiez-vous des imitations - exigez l'originale

blog propulsé par DotClear