"Allez-lez-lez-lez-leeeez! Quatre euros les deux kilos de cerises bio, on termine, allez mesdames!"

C'était la fête sur le marché Aligre ce matin. Entre deux (quatre, dix, vingt?) militants qui vous tendent un tract pour les élections européennes (le dimanche 7 juin n'oubliez pas!), les affaires se tractent. Le plein pour la semaine chez mon producteur bio préféré, et un petit détour chez le Baron rouge pour finir (vin bio à 4,20 le litre : en plus il est bon!)

Mais voilà : que faire avec deux kilos de cerises bio?

Les deux recettes d'aujourd'hui sont rythmées par les airs d'Alcina de Handel, du Mozart, du Bach, du Vivaldi, bref un programme long comme ça que j'apprends à vitesse TGV : Frédérique Lory, l'excellente pisniste qui accompagne la classe de chant d'Agnès Brosset aux conservatoires de Vannes et Pontivy a une double tendinite et j'ai été appelée (que dis-je : réquisitionnée, conscrite!) pour la remplacer dans l'accompagnement des élèves sur le répertoire baroque! Leur examen est jeudi prochain, ni une ni deux, une centaine de pages de musique à apprendre, j'aurai bien besoin des vitamines A et C des cerises!

Première recette, la plus facile : les cerises à l'eau de vie

Vous lavez vos cerises. Vous lavez votre joli bocal. Vous placez joliment vos jolies cerises dans votre joli bocal. Pour faire plus joli, je coupe l'extrémité de la queue (qui c'est qui a dit "castratrice"? non mais ho, ce ne sont que des cerises...) pour ne laisser dépasser qu'un centimètre (honni soit qui mal y pense). On rajoute un peu de sucre si on veut, on couvre d'eau de vie - le mieux c'est de demander à un vieux voisin qui a le droit de bouillage et qui vous refilera du "fort", en vrai, en naturel, sans tous les additifs chimiques des alcools sur le marché, les histoires, commérages et autres anecdotes de voisins en prime. Si comme moi vous habitez en ville, vous pouvez mettre du calva, vodka, alcool à fruits, voire même rhum...

Et après? Ben c'est tout. On attend un mois, ou deux, ou plus, on met un joli ruban sur la collerette et on l'offre à des amis chez qui on va dîner.

Deuxième recette, pas beaucoup plus difficile : la crème de cerises

Pour faire des kirs absolument extraordinaires... Le plus long est de dénoyauter les cerises, mais il existe un outil pour cela (voir photo) qui vous facilitera la vie. Pareil que pour la 1re recette, vous entassez vos cerises, cette fois-ci équeutées et dénoyautées, dans un pot de verre, ou un pot de terre (mais pas dans un pot de fer, malheureuse!), couvrez de sucre, couvrez d'alcool. Et vous l'oubliez le plus longtemps possible. Après une macération de plusieurs mois, on enlève les fruits que l'on presse pour récupérer le maximum de liquide, on filtre dans une gaze (c'est normal s'il reste un dépôt trouble dans le filtrat), on rajuste le niveau de sucre en confectionnant si besoin un sirop avec du sucre (beaucoup) et de l'eau bouillante (peu), et on complète les niveaux en rectifiant le degré d'alcool avec encore du calva.

Enfin, pour ceux qui ne le sauraient pas, la chanson "Le temps des cerises" n'est pas si bucolique qu'il n'y paraît, puisqu'elle a été écrite pour l'un des épisodes les plus sanglants de l'histoire de Paris, la Commune. Lisez à ce sujet l'article de "Wikipédia"...

Qui a une bonne recette de confiture de cerises? ou autre chose avec ce fruit?

Au fait, pour ceux (oui ceux) prêts à me taxer d'horrible féministe coupeuse de queues de cerises, je vous signale que je recommande fortement de garder lesdites pour en faire des tisanes diurétiques (qui favorisent l'élimination d'eau). Utiles tant pour ces dames (cellulite, SPM, cure d'amaigrissement) que pour ces messieurs (goutte, prostate...!) :-)