La journée à Pontivy s'est avérée très enrichissante pour tous, y compris pour moi. Interrogés sur leurs impressions, sur leurs sensations, et sur ce qui les a frappés avec le clavecin, les élèves ont eu des réponses intéressantes. Florilège :

- ce qui est le plus différent, c'est la couleur du clavier
- contrairement au piano, les touches remontent quand on les relâche
- le son n'est pas le même
- on ne peut pas faire de nuances
- tout s'entend, on n'a pas le droit de faire de fautes... (!)

A mon agréable surprise, personne n'a fait mention d'un volume sonore faible. En revanche personne n'a non plus remarqué le diapason à 415 ni l'accord à tempérament inégal.

Nous avons pu découvrir ensemble la mécanique de l'instrument ce qui nous a conduits à aborder les questions du toucher et de l'articulation, dont la logique dépend du mécanisme. Les élèves avaient apporté des pièces qui nous ont donné des exemples concrets, et qui nous ont permis de comprendre pourquoi le compositeur avait écrit comme cela. A mon agréable surprise, plusieurs parents sont restés toute une demi-journée, et sont entrés dans la discussion avec des questions plus spécifiques: types de clavecins, répertoire, utilisation...

Quelques élèves d'orgue ont pris part au projet, et nous avons pu constater avec beaucoup d'intérêt qu'ils ont des réflexes inverses par rapport aux pianistes au niveau du toucher !

Deux petits bretonnants ont participé, et étaient tout contents que je puisse leur expliquer en breton le fonctionnement du clavecin: ils avaient les yeux qui brillent! Même si j'ai continué ensuite en français afin que tous puissent comprendre. L'un d'eux a joué un cantique vannetais de Noël (le sublime Pe trouz war an douar), particulièrement intéressant puisque ce cantique date en fait du XVIIIe s.

Prochains rendez-vous au mois de janvier pour les élèves des Conservatoires de Vannes et Sarzeau!