Claude Nadeau, musique classique - clavecin, orgue... musique baroque

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lundi 3 décembre 2007

Ouest-France et Le Télégramme en parlent

Paru aujourd'hui dans Le Télégramme:

La claveniste Claude Nadeau en résidence d'artiste
à partir du 1er janvier 2008 et pour trois ans, Vannes soutiendra une nouvelle artiste : Claude Nadeau. Son petit accent qui perdure ne trompe pas, cette claveciniste est bien d'origine québécoise. Sa passion de la musique l'a menée en France, puis en Bretagne.

Est-ce le fait de parler "franc" dans un pays en majorité anglophone ? Claude Nadeau a le franc-parler et le verbe enflammé. Loin d'être exclusive dans ses passions, cette résidence à Vannes est pour elle l'occasion de "conjuguer mon amour de la culture bretonne à celui de la musique". Et la présidente de Diwan Paris de préciser : "La musique bretonne ne s'arrête pas aux bagadoù".

Carte Blanche
Imagine-t-elle déjà ce que sera sa résidence d'artiste à Vannes ? "Un artiste interprète en résidence dans un conservatoire de musique, c'est très rare. Cela dit, je ne suis pas une pédagogue, je ne viens pas pour donner des cours. Je vais commencer par observer Vannes : ce qui existe, qui fait quoi. Il y a un foisonnement culturel, je veux m'y inscrire. Je me vois comme une agitatrice, comme un catalyseur qui puisse faire des projets avec certains ou attirer à Vannes des artistes d'ailleurs. Cette résidence est comme une gigantesque carte blanche !", constate-t-elle entre jubilation et trac. "En tout cas, j'espère porter la musique classique où on ne l'attend pas." Et peut-être pas que la musique classique car Claude Nadeau joue aussi de la musique traditionnelle et de la musique contemporaine. Elle est issue d'une lignée d'organistes québécois, un flambeau qui se transmet depuis au moins cinq générations. Mais elle a une deuxième corde à ses doigts : le clavecin. C'est pour lui qu'elle est venue en France en 1998. "Je ressemble à mon instrument, explique-t-elle. Il est précis, réactif et nerveux. Et il ressemble à la langue bretonne. Il est ancien, fragile, et possède un répertoire bien plus large qu'on ne le croit !" Sa première rencontre avec Vannes est d'ailleurs une histoire de répertoire. En faisant des recherches sur la musique ancienne, elle a trouvé mention d'une oeuvre disponible chez l'auteur à Vannes...

Grâce à Jean-Odéo de Mars
Évidemment Jean-Odéo de Mars, le compositeur du XVIIIe siècle, était mort, mais la musicienne a fait revivre son oeuvre. C'était en juin 2005, lors d'un concert à la cathédrale. Le public vannetais a ensuite retrouvé Claude Nadeau, en février 2007, à l'auditorium des Carmes. "Cette résidence est pour nous l'opportunité d'élargir l'offre culturelle de Vannes, précise le maire, François Goulard. Il y a une forte attente de la population en terme d'activité culturelle. Et un public pour la musique classique." Cette résidence s'ajoute pour l'instant à celle du metteur en scène Vincent Colin, qui avait été prolongée d'un an, et la bourse de 8.000€ accordée l'an dernier à la photographe Hélène David, dans le cadre du Festival de la photo de mer.


Paru aujourd'hui dans Ouest-France :

La claveciniste Claude Nadeau résidra au Conservatoire dès janvier

La claveciniste d'origine québécoise, Claude Nadeau, a signé pour une résidence d'artiste de deux ans au Conservatoire de musique de Vannes. De 2008 à 2010, elle va explorer toutes les passerelles possibles entre son art et la pratique culturelle locale en vue d'un enrichissement mutuel.

"L'idée, c'est que Vannes devienne un immense terrain de jeu, qu'on y parle musique dans des lieux inattendus. Je me donne les premiers mois de cette résidence pour faire un inventaire des possibles. D'ores et déjà, je me sens moitié agitatrice, moitié catalyseur. "

Premier prix du conservatoire national en interprétation du clavecin, diplômée en musique ancienne de l'université Mc Gill, polyinstrumentiste, chef de choeur, cette jeune femme de 32 ans, s'est déjà produite à Vannes aux Carmes en février 2007. François Goulard avait eu l'occasion de la rencontrer à Paris dans son engagement associatif aux côtés de Diwan. La musicienne est en effet très attachée à défendre la cause de la langue bretonne. "Une résidence d'artiste interprète, c'est une première à Vannes, relève le député maire. L'intérêt de ce partenariat est d'élargir l'offre culturelle de la ville."

Bière, clavecin et brandebourgeois

Il y a quelques mois, je vous parlais de la Duchesse de Lorraine, une bière brassée selon une recette du XVIIIe siècle, que je qualifiais de véritable "bière de claveciniste" : instruments d'époque, bières d'époque, même combat. Aujourd'hui je voudrais porter un toast avec deux autres bières de baroqueux : la Hotteterre et la Sainte-Colombe.

Bières de baroqueux, car elles portent chacune le nom d'un compositeur de l'époque baroque, Jacques Hotteterre, célèbre pour ses oeuvres pour la flûte, et Monsieur de Sainte Colombe, dont le nom évoque tout de suite la viole de gambe - plusieurs d'entre vous ont peut-être déjà fait sa connaissance à travers le film "Tous les matins du monde"...

La petite ville de La Couture Boussey, dans l'Eure, est célèbre pour avoir été un important centre de lutherie : entre 1850 et 1940, la moitié de la population du village vit de la lutherie! On peut d'ailleurs y visiter un musée des instruments à vent. C'est là que vécut et travailla Jacques Martin Hotteterre, qui fut célèbre pour sa Méthode de flûte traversière (le fameux traverso des baroqueux, une flûte traversière en bois sans système de clés, avec un son complètement différent des flûtes en métal modernes), pour ses pièces de flûte et bien sûr pour les instruments qu'il fabriquait. Le logo de la bière "Hotteterre" représente d'ailleurs le musicien en train de jouer du traverso... Et, comble de bonheur, la brasserie Hotteterre, qui se visite, propose, en plus de ses chambres d'hôtes, des concerts!

"Bienvenue au pays des fées" nous dit d'emblée le site de la Brasserie Sainte Colombe, situé à... Sainte-Colombe, dans l'Ille et Vilaine (près de Rennes). Deux Hollandais qui ont la passion de la bière ont créé cette brasserie en 1996, et si le nom de Brocéliande évoque les enchantements des fées, celui de Sainte Colombe est pour les musiciens la souvenance d'un compositeur prolifique dont on dit qu'il ajouta une septième corde à la viole de gambe. Pas de musique dans la bière Sainte-Colombe, mais quand même un souci d'authenticité dans ces bières pur malt, non filtrées, non pasteurisées.

Et pour ceux qui rigoleraient sous cape, lorsque j'évoque les bonnes bières sur un blog normalement dédié à la musique baroque, je vous signale que les Concertos Brandebourgeois de Bach ont été créés dans une brasserie, le Café Zimmermann, qui a d'ailleurs donné son nom à un ensemble baroque français que j'ai eu l'occasion d'entendre en concert encore récemment sous la houlette de Gustav Leonhardt. Et puis, moi aussi j'ai déjà donné un concert de clavecin dans une brasserie: souvenez-vous de la Fête de la Musique 2004 à Nantes au très culte Café Flesselles : j'avais apporté mon clavecin, et nous nous étions régalés à vous servir du Bach, du Vivaldi, du Handel dans une ambiance qui vaut bien celles des bars jazz... FIP (la radio) en avait parlé toute la journée... Tiens, et si je récidivais à Vannes? Qui connaît un bar un peu branché et alternatif où l'on pourrait faire des sessions baroques? Je sens qu'avec cette nouvelle résidence artistique, on va bien s'amuser...!