On la dit à tort importée des États-Unis, et pourtant la fête d'Halloween est tout ce qu'il y a de plus européenne, plongeant ses racines dans les traditions celtiques pré-chrétiennes.

Quand j'étais petite, Halloween c'était la grande fête, les déguisements (un peu comme mardi gras en France) amoureusement cousus par la maman et pas nécessairement sur la thématique de la peur (mon déguisement préféré était celui d'un lapin, avec un bonnet sur la tête et deux grandes oreilles qui tenaient bien droit!), et surtout les bonbons qu'on nous donnait de porte en porte si nous étions assez courageux pour aller montrer nos beaux déguisements à tout le voisinage! Et c'étaient des ribambelles d'enfants qui couraient les rues, en clowns, en animaux, en épouvantails de toute sorte, pour avoir qui des caramels, qui des bonbons durs, qui des bonbons complètement chimiques avec des tonnes de colorant artificiel dont nous raffolions tous.

Dans la tradition celte, la fête de Samhain, ou Samonios, est l'une des huit fêtes importantes (avec les solstices, etc) qui marquent l'année, et on dit que c'est en ce jour que "se déchire le grand voile entre les deux mondes". Ce n'est donc pas un hasard si Halloween, ou "all hollow's eve" ("la veille de la fête des âmes"), se tient la veille de la Toussaint: c'est le moment de se remémorer les disparus, et il n'y a pas si longtemps on mettait un couvert en plus à table ce soir-là, on gardait la porte de la maison ouverte, bref on faisait symboliquement une place pour les personnes passées dans l'autre monde.

Mais prenez garde à l'Ankou, qui armé de sa faux rit sous sa grande cape noire : si vous avez le malheur d'entendre le grincement des roues de sa charette, qui emporte les âmes, ces roues qui bruissent en faisant "wig a wak, wig a wak", méfiez-vous ! car si vous les entendez, alors c'est vous qui partirez dans l'année...

J'ai eu beaucoup de mal à trouver une citrouille cette année (photo : ma citrouille à la fenêtre), mais finalement c'est chose faite et je me suis fait un devoir de la découper et la mettre à la fenêtre avec un lumignon, comme un signal d'hospitalité. Hélas en France, pas de petits diablotins ni de petits lapins qui courent les rues à la recherche de bonbons... et la citrouille va certainement terminer en pot-au-feu!

Quelques recettes: Biscuits à la citrouille et ici toute une collection de recettes avec le cucurbitacé orange. Les graines de citrouille, bien nettoyées et rôties au four à feu doux, accompagneront l'apéritif. Une mention spéciale pour la recette de "Sauté de veau d'Halloween" d'Yves Camdeborde, publié dans un livre génial, "Restez à table avec vos amis", 100 recettes à préparer d'avance pour profiter de la soirée avec vos invités (visibles ou invisibles), un livre auquel participe également mon ami le chef Therry Breton, dont je vous recommande le restaurant "Chez Michel".

Quelques suggestions d'écoute en cette soirée d'Halloween : la Toccate et fugue en ré mineur de J.S. Bach ; la Toccate extraite de la Suite Gothique de Boëlmann ; la Fantaisie pour orgue en fa mineur de Mozart ; bien sûr la Danse macabre de Saint-Saëns ; la Symphonie fantastique de Berlioz ; le Concerto pour orgue et timbales de Poulenc ; O fortuna, le 1er mouvement des Carmina Burana de Carl Orff ; et tant d'autres choses encore... des suggestions?