Ce soir à 19h30, rendez-vous sur Mezzo en direct du festival d’Aix en Provence, William Christie dirige Pygmalion et Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau dans la chorégraphie de Trisha Brown.
Rameau! sublime Rameau, j'ai toujours dit que c'est sa tête qu'il faudrait mettre sur les billets de banque. Certainement l'un des plus grands musiciens français, qui a écrit dans tous les genres. Et surtout, génie de la Tragédie Lyrique, précurseur de l'art total : de la musique, de la danse, du théâtre, des artifices, du grand déploiement, c'était déjà tout ça la tragédie lyrique de Rameau.
Et ce soir, William Christie remet ça, en confiant la chorégraphie à Trisha Brown, pour un Pygmalion qui sera sûrement exceptionnel. Heureusement qu'il y a la télé pour retransmettre le tout. C'est sur Mezzo dès 19h30, et en HD par dessus le marché.
Par Claude Nadeau,
samedi 17 juillet 2010 à 22:12 ::Concerts
C'est dans la sublime chapelle Kervaria an Iskuit, à Plouha (22), que j'aurai le bonheur de jouer, le mercredi 11 août prochain, dans un concert tout clavecin.
Cette chapelle, dont les plus anciennes parties datent du XIIIe siècle, est classée Monument historique. Ses deux plus beaux atouts sont son porche, qui comporte les douze statues des apôtres, mais surtout une fresque qui court à l'intérieur de l'église et qui représente une danse macabre du moyen âge, l'une des seules en France et la seule en Bretagne avec celle de l'église de Kernascléden (si si, là où il y a les colonies de chauve-souris!)
Avec des oeuvres de Charles de Mars, Pierick Houdy, Yves Ribis, mais également des musiques traditionnelles bretonnes arrangées pour clavecin sur la base du travail d'Alan Stivell ou Didier Squiban, vais-je réussir à faire danser les morts?
Venez nombreux à ce concert exceptionnel et invitez vos amis!
Par Claude Nadeau,
jeudi 15 juillet 2010 à 21:54 ::Vannes - Gwened
Première Saison de l'orchestre baroque Symphonie de Breizh : "Que la fête commence !"
direction artistique : Claude Nadeau
pré-saison
Dimanche 19 septembre Notre-Dame de Quelven (Guern)
orgue historique de 1709
concert de clôture de l'Art dans les Chapelles
Handel, Pergolèse
Saison 1 - Arvest kentañ
au Théâtre Anne de Bretagne (Vannes), salle Ropartz
mardi 5 octobre - d'ar meurzh 5 a viz here
Lully - Bach - Vivaldi : 18 musiciens
mardi 1er décembre - d'ar meurzh 1 a viz kerzu
Nedeleg e Breizh - noëls baroques et noels traditionnels : 7 musiciens
mardi 22 mars - d'ar meurzh 22 a viz meurzh
Stabat mater de Pergolèse et motets de Daniel Daniélis : 12 musiciens
mardi 24 mai - d'ar meurzh 22 a viz mae
Piiiirates! quand la musique raconte les corsaires : Purcell, Vivaldi, Biber, musique baroque d'Amérique latine - 15 musiciens
Handel, Cantate "Armida Abbandonata" - Soliste : Bleunwenn Mevel
Purcell, "la danse des singes", extr. Fairy Queen
« Le baroque casse la baraque » - Ouest-France, 13 juillet 09
« Les musiciens prenaient rapidement la mesure de l'allant de Claude Nadeau dirigeant de façon dynamique son orchestre.
Un concert de qualité marqué par deux rappels du public. Dimanche, l'enthousiasme était présent dans le public, et parmi les musiciens » Le Télégramme, 14 juillet 09
Par Claude Nadeau,
mercredi 26 mai 2010 à 19:09 ::Concerts
Pourquoi Bach et Handel ont-ils réécrit deux, trois fois parfois les mêmes oeuvres? Je veux dire : pourquoi retrouve-t-on certains thèmes écrits d'abord pour orgue déclinés ensuite pour choeur dans une cantate (Jesu bleibet menie Freude...) ou certains concertos originellement composés pour deux clavecins transposés ensuite pour violon et hautbois?
Parce qu'à l'époque il n'y avait pas de disques.
Et que le seul moyen de réécouter une oeuvre, sans disque ni radio, était de la rejouer ; et tant qu'à la rejouer, autant varier les plaisirs et réemployer à bon escient un thème qui a été apprécié par le public.
Je me souviens lorsque j'étais ado d'un concert qui avait été diffusé dans l'émission Radio-Canadienne «Les beaux dimanches» : un programme tout Mozart avec l'orchestre de chambre I Musici de Montréal. Je l'avais enregistré sur une cassette VHS (tout d'un coup je me sens vieille...) et je l'ai tellement réécouté que je me souviens du programme exact : il y avait l'ouverture de la Flûte enchantée, la Symphonie concertante, un mouvement du concerto pour deux pianos, et le motet Exultate Jubilate. L'équipe technique qui avait réalisé cette émission, avec les moyens des années 80, sait-elle qu'en réalisant un tel programme elle a contribué à susciter des vocations?
Il n'y a pas beaucoup de musique classique à la télé, hélas, sauf le soir très tard ou sur des chaînes spécialisées. Heureusement celles-ci existent, et on peut espérer qu'au hasard du zapping certains se laisseront séduire par une phrase tombée juste au bon moment.
La chaîne Mezzo diffuse justement ce soir la première d'une série de soirées en direct des plus célèbres scènes mondiales : ce soir, lever de rideau à la Scala de Milan à 20h avec Daniel Barenboim qui dirigera en direct l'Or du Rhin de Wagner. Une chaîne qui diffuse «100% HD»! Le concert comme si vous n'y étiez pas, car même en admettant que ayez acheté une place à la Scala, vous n'auriez as pu saisir le délicatesse du geste de chaque musicien ni voir vibrer la peau des timbales, et puis de toute façon le chef vous tourne le dos, alors...
Le concert mieux que nature, y a-t-il de quoi faire peur au musicien?
Une vraie question, car désormais on ne peut plus se contenter de bien jouer, il faut en plus être beau de près, de loin, en travelling et en contre-plongée. Choisira-t-on bientôt le casting d'un opéra non plus seulement en fonction des voix mais aussi de la joliesse des minois des chanteuses? (d'aucuns opposeront que c'est déjà le cas depuis toujours...!) Et j'en vois déjà dans les rangs de mon syndicat de musiciens qui craindront de possibles glissements, et s'inquièteront -à raison sans doute- de la juste rémunération des musiciens dans le merveilleux monde de l'audiovsuel...
L'audiovisuel est-il l'ennemi du spectacle vivant?
Je veux croire que non, et même que le phénomène «vu à la télé» puisse contribuer à remplir les salles de spectacle. Je fais le pari que le téléspectateur est assez intelligent (si, si...) pour comprendre qu'un concert à la télé c'est formidable, mais que rien ne remplace l'expérience unique de vivre un concert à quelques mètres d'un vrai musicien qui joue en direct, et dont le son vivant fait vibrer l'air jusqu'au tympan de vos oreilles, et non pas la membrane de votre chaîne hifi.
A vous de juger : Barenboim ce soir, Pierre Boulez demain, en direct sur Mezzo, à 20h les deux soirs. Et pour ceux qui veulent du spectacle bio, inscrivez-vous à ma liste de diffusion je vous enverrai personnellement une invitation pour le premier concert de la Saison 1 du nouvel orchestre baroque Symphonie de Breizh -direction : Claude Nadeau!- le 5 octobre prochain !
Notre dernier concert-performance de Musique Post-Bourgeoise à la galerie Anne de Villepoix consacré l'un des événements hype du Paris branché!
Olivier Urman, alias Dr Urman : texte paranoïaques lus au mégaphone
Constantin Leu, alias Karl Marx : danse contemporaine et autres gesticulations
Claude Nadeau, alias la Baroque star : claviers et organ vitaux
Par Claude Nadeau,
mardi 27 avril 2010 à 12:45 ::Actualités
ma petite vidéo de la manifestation ce matin : les tracteurs envahissent Paris pour une manifestation des agriculteurs sous le slogan "Fauchés comme les blés"
Par Claude Nadeau,
vendredi 19 mars 2010 à 20:34 ::Concerts
Julien ROUSSEL : violoncelle baroque
Jérôme CHABOSEAU : viole de gambe
Jon Michael McLEAN : théorbe
Claude NADEAU : clavecin
oeuvres de Vivaldi, Geminiani, Barrière, Corette...
Le premier concert du nouvel ensemble baroque TACTUS... à ne pas manquer!
Concert participatif : chacun donne le prix qu'il estime être juste
Date : dimanche
21 mars 2010
Heure :
16:00
Lieu :
Chapelle de l'Agneau de Dieu
Adresse :
place Henri Frenay (face à la Gare de Lyon)
Ville :
Paris, France
Par Claude Nadeau,
vendredi 5 février 2010 à 20:38 ::Vannes - Gwened
article paru dans Le Télégramme :
Voc. Cinq bonnes raisons d’aller à la Rabine
Deuxième match
de la semaine
pour le Voc, ce
soir (20 h) contre
Guingamp. Un
derby breton
après la Coupe de
France. L’affiche
est attrayante,
d’autant que la
Rabine sera
copieusement
remplie. Pas
convaincu ? Voici
cinq bonnes
raisons pour venir
encourager le Voc.
1. C’est un derby breton
Vannes - Guingamp, un match de
championnat pas comme les
autres. Car il s’agit d’un derby breton,
le Nord contre le Sud. Voilà
un piment supplémentaire, même
si l’enjeu sera la victoire pour les
deux équipes, mal classées en
Ligue 2. Le Voc sera d’autant plus
revanchard ce soir qu’il a pris une
belle raclée au match aller, 4 à 1.
Un derby breton oui, mais aussi
le vainqueur de la Coupe de France
contre le finaliste de la Coupe
de la Ligue.
2. Le stade sera
aux trois-quarts plein
Hier, plus de 3.200 billets ont été
vendus. Ce qui laisse supposer la
venue de 5.000 spectateurs ce
soir. Un stade aux trois-quarts
plein, ce n’est pas si courant. Pas
plus tard que mardi, pour le
1/16e de finale contre Grenoble,
ils n’étaient que 1.750 à avoir bravé
le froid. Les indécis peuvent
encore acheter leurs billets dans
presque toutes les catégories (de
10 à 21 ¤ la place) à la boutique
du Voc, au bas de la rue Thiers
jusqu’à ce midi, puis au guichet
du stade à partir de 16 h, ou à
l’espace culturel Leclerc.
3. L’envie de prolonger
l’euphorie de la coupe
Ils étaient certes peu nombreux
mardi soir, mais ils ont vécu un
grand moment, avec de multiples
rebondissements. Sept buts au
terme de la prolongation : le spectacle
était au rendez-vous avec
un public debout à chanter et
exhorter les Blanc et Noir. Et pourquoi
ne pas prolonger l’euphorie
? Aux spectateurs de jouer, et
de suivre le rythme des deux
clubs de supporters, le Voc Populi
et les Hermines du Voc.
4. Parce que Claude Nadeau sera là !
La plus Vannetaise des Québécoises,
Claude Nadeau, assurera le
lever de rideau, entre 19 h 15 et
20 h, accompagnée d’un compère
musicien. Évidemment, elle
« ne vient pas avec le clavecin
sur la pelouse » mais elle entend
bien « faire monter l’ambiance à
la Rabine ». Et pourquoi pas,
espère-t-elle, faire danser la mascotte
D’Aucy ! Claude Nadeau à
la Rabine : un clin d’oeil à la Bretagne,
normal pour un derby.
5. Une merguez-frites
le samedi, c’est le top !
Ils ne vont pas chômer, les
30 bénévoles du Voc chargés de
la préparation des merguez-frites,
le plat préféré des supporters de
football. Jean-Paul Boulaire, le
responsable, a prévu 400 baguettes
de pain, 300 kg de frites,
500 saucisses chipolata et autant
de merguez. Le match ayant été
repoussé du vendredi au samedi,
les spectateurs auront un avantgoût
de Ligue 1 ce soir !
Emmanuel Nen
Ca me manquait... ça y est, je me remets à la radio ! et pas n'importe laquelle : à partir de cette semaine, j'anime un magazine culturel sur France Bleu Breizh Izel, une station du réseau Radio-France.
Livres, expositions, concerts... rencontres avec les gens qui font l'actualité culturelle, retrouvez-moi
le vendredi de 13h30 à 14h30 (Cultures Breizh) et de 18h30 à 20h (agenda culturel)
le samedi de 13h à 16h (Breizh o pluriel) avec mes invités
le dimanche de 16h à 18h (Henchoù treuz, Chemins de traverse) et de 19h à 20h (ar Veilhadeg, la veillée, qui laisse la place aux conteurs et aux diseurs)
Douze ans après "Les petits matins mozartiens", l'émission de musique classique que j'ai animée pendant six ans sur CISM 89,3 FM à Montréal, je reprends donc du collier, et je retrouve le plaisir jubilatoire de partager avec les auditeurs mes découvertes, mes coups de coeur, et la musique que j'aime. Grâce à internet, vous pourrez m'écouter d'où que vous soyez dans le monde, et découvrir, si vous n'en êtes pas locuteur, les belles sonorités de la langue bretonne car mes émissions sont bilingues. France Bleu Breizh Izel est d'ailleurs la seule radio de service public à assurer une place à cette langue celtique.
Bien évidemment, cette émission s'inscrit en contrepoint de mes concerts, et vous pourrez continuer de venir me voir sur scène (toutes les dates sont sur ce blog!) A bientôt !
Jehan Titelouze : Ave Maris Stella (alternatim) Concert de professeurs et d'élèves, semaine thématique sur la musique ancienne Lilan, ténor (classe de Agnès Brosset) Volny Hostiou, serpent Claude Nadeau, orgue - concert d'élèves du 20 novembre 2009, auditorium des Carmes, Vannes
Par Claude Nadeau,
mercredi 18 novembre 2009 à 14:32 ::Un peu de tout
article paru dans Le Télégramme d'hier :"Le Conservatoire de musique de Vannes accueille un jeune artiste, Volny Hostiou, spécialiste du «serpent», ancêtre du tuba, de la famille des cornets, pour une semaine consacrée à la musique ancienne. Jeune musicien de 28 ans, né à Quimper, spécialiste du tuba, Volny Hostiou se consacre aujourd'hui à cet instrument moins connu, apparu en France à la fin du XVIesiècle. Il enseigne le tuba et dirige les ensembles de cuivres du Conservatoire de Rouen. Quasiment abandonné dès le milieu du XIXesiècle, le serpent a été redécouvert il y a une vingtaine d'années et réintroduit en musique ancienne par une poignée de musiciens. Proche du cornet à bouquin, il était l'instrument privilégié d'accompagnement de la voix dans la musique d'église, puis dans les orchestres militaires et symphoniques.
Un concert et deux auditions
Premier rendez-vous de cette semaine spéciale, ce soir, à l'auditorium des Carmes, pour un concert-conférence autour de la «Musique ancienne», avec Claude Nadeau, claveciniste concertiste, en résidence depuis quelques mois à Vannes, organiste également, et Volny Hostiou. Deux autres temps forts sont programmés durant cette semaineà l'auditorium des Carmes: jeudi 19novembre, à 18h30, audition cuivres; et vendredi20, à 18h30, audition cordes et voix. Pratique Concert-conférence, mardi 17novembre, à 20h, à l'auditorium des Carmes, place Maurice-Marchais. Entrée libre pour les trois rendez-vous."
J'ajouterai que franchement c'est une superbe expérience, car le serpent est un instrument que l'on n'entend pratiquement jamais... D'ailleurs avant de jouer avec Volny, même moi je n'avais jamais entendu un serpent autrement que sur disque. C'est un bonheur de jouer avec Volny Hostiou, véritable virtuose passionné par son instrument. Le concert d'hier a été superbe... rendez-vous jeudi et vendredi!
Et comme toujours... bientôt les vidéos du concert! ;-)
Auditorium des Carmes. Le serpent à l'honneur
23 novembre 2009 - Le Télégramme
L'auditorium des Carmes accueillait, mardi soir, pour son second concert, un bien curieux serpent. Rencontre avec un instrument atypique.
Un serpent. Outre l'animal à la si mauvaise réputation, qu'est-ce que c'est? «Notre volonté ce soir, expliquait Volny Hostiou, est de vous faire découvrir cet instrument et ses possibilités». Il s'agit donc d'un instrument de musique... Encore que! Le serpent a longtemps été considéré comme... une voix: au XVIIesiècle du moins, le joueur de serpent se trouvait avec les chanteurs, pas avec les instrumentistes. Cet ancêtre du tuba était employé alors essentiellement dans les églises. On a ainsi joué du serpent à la cathédrale de Vannes en 1685.
Joué par cinq musiciens en France
Aux côtés de Claude Nadeau, (clavecin et orgue), le jeune instrumentiste-chercheur a expliqué au public attentif, l'usage du serpent, son histoire, tout en interprétant quelques airs de la période baroque. A l'issue du concert, une partie du public a tenu à échanger avec Volny Hostiou et à voir de près cet instrument rare. A ce jour, il en existe une centaine et seuls cinq musiciens en jouent de façon professionnelle.
Par Claude Nadeau,
jeudi 8 octobre 2009 à 11:54 ::Concerts
merci encore mille fois à tous ceux qui m'ont fait le beau cadeau de leur présence à mon anniver-concert le 15 septembre dernier. Mon ami Philippe Suzanne, que vous avez entendu à la cornemuse bourbonnaise, est aussi un excellent photographe. J'ai réalisé un livre-photo avec ses plus beaux clichés. Merci pour votre talent et pour votre amitié, tout cela est désormais consigné dans un livre pour la postérité! à bientôt pour d'autres concerts et de nouvelles aventures...
Par Claude Nadeau,
mardi 6 octobre 2009 à 19:40 ::Un peu de tout
Il y a des concerts qu'on est particulièrement contents d'avoir faits. Ce fut le cas hier, à la Société de Curiosités, salle étonnante en plein Paris.
Musique Post-Bourgeoise y poursuivait sa résidence, "6 signatures de la main gauche". Pendant cette série de 6 concerts, les textes et les chorégraphies sont conjuguées avec plusieurs signatures musicales. Hier, c'était avec le clavecin :
olivier urman, alias "Docteur Urman" : textes paranoïaques dits au mégaphone
constantin leu, alias "Karl Mark", est le support visuel
claude nadeau, alias "la Barock Star", au clavecin, "déconstruit" des oeuvres de JS Bach
Pour chacune des chansons, j'ai utilisé un procédé de déconstruction sur une oeuvre de JS Bach - partita, aria des variations Goldberg, ou choral. La matière musicale est triturée, inversée, étirée, tronquée, sériellisée, recomposée, comme une sculpture contemporaine qui serait réalisée avec d'anciens matériaux.
Etonnant, étrange, eh oui... mais précisément n'est-ce pas la nature même de la musique "expérimentale", qui renouvelle l'expérience d'écoute?
Par Claude Nadeau,
dimanche 27 septembre 2009 à 11:51 ::Actualités
J'ai joué hier à bord du Bélem, plus ancien bâtiment français navigant ! A l'occasion du 30e anniversaire du retour sous pavillon français, nous avons effectué à bord une prestation de chants de marins et de musique bretonne, en compagnie du chanteur Serj Plénier et du talabarder Louis Abgrall. Le bateau était amarré au port de Brest. Commencé sur le pont, notre concert a migré dans le grand roof, où les vents soufflaient moins fort en 2e moitié de soirée. Quel cadre pour interpréter cette musique! à bateau de tradition, musique de tradition...
Quinze marins, Le pont de Morlaix, Jean-François de Nantes, Le trente-et-un du mois d'août, le Forban... la voix de Serj, grave et chaleureuse, vaut bien le tonnerre de Brest! Mais à la fin de la soirée, c'est celle du Commandant Yves Piriou, qui nous a charmés : ce bretonnant de Plogoff connaît bien tout le répertoire de chants de marins, et il possède la voix pour les chanter, sacrebleu! Ce qui nous a amenés à initier une réflexion, avec le Président de la Fondation Bélem, Paul Le Bihan, hôte de cette soirée : et si les stages de marine à voile qui ont lieu à bord du bateau incluaient un volet chants de marins? En effet ce répertoire n'est pas initialement destiné au concert dans les cabarets des ports, mais la plupart sont des chants de travail. Et si on remettait ces chants dans leur contexte? Une idée à creuser!
En attendant, bon anniversaire au vénérable bateau qui fête ses 113 ans! son historique
Par Claude Nadeau,
vendredi 4 septembre 2009 à 12:20 ::Actualités
Mardi 15 septembre, 20h à minuit : vous êtes tous invités à mon ANNIVER-CONCERT
Autrefois réservée aux salons, souvent écrite pour des événements privés, la musique classique est-elle réservée aujourd'hui à l'écoute attentive dans les salles de concerts obscures, où le silence n'est troublé que par le bruit des papiers de bonbons que déballent des mémés toussottantes?p>
Pour son 34e anniversaire, la claveciniste Claude Nadeau pose la question : LA MUSIQUE CLASSIQUE EST-ELLE COMPATIBLE AVEC LA VRAIE VIE? et organise une soirée en forme d' "expérience artistique" : transformée en salon des temps modernes, la salle bleue du Théâtre L'Archipel (17 bd de Strasbourg, Paris 10e) accueillera musiciens et autres artistes pour un "boeuf" ("jam session") sur scène. Certaines personnes pourront, assises aux premiers rangs, écouter attentivement ; d'autres, installées au bar ou au buffet, écouteront distraitement ; d'autres enfin s'adonneront à des occupations sociales, mondaines, voire même libertines pour renouer avec l'esprit des salons baroques.
Bar sur place (vin 3€, champagne 5€, softs...)
Buffet participatif (apportez vos spécialités)
Les musiciens apportent leurs instruments ; les danseurs viennent avec leurs corps ; les comédiens apportent leurs masques
Les autres n'apportent pas de cadeau inutile mais peuvent contribuer librement à la location de la salle.
Annoncez votre présence par courriel à anniv @ claudenadeau.net
Vous pouvez inviter vos amis les plus sympathiques. Cette invitation (imprimée) sera demandée à l'entrée.
Par Claude Nadeau,
mardi 25 août 2009 à 12:49 ::Concerts
Ne ratez cette série pour rien au monde. Concerts de musique actuelle très étrange, du 7 septembre au 26 octobre
photo : Musique Post-Bourgeoise au Théâtre Pierre Cardin, le 4 mai 09
“Musique Post-Bourgeoise, c’est la solution immédiate et fiable à tous vos problèmes de fixation
Quelle que soit votre application, Musique Post-Bourgeoise met au service de vos travaux domestiques son savoir-faire professionnel, vous met en garde contre les pièges à éviter et vous conseille sur la méthode la plus adaptée pour fixer tous les objets souhaités
La musique post bourgeoise est une alternative à la consommation musicale boulimique”
olivier urman, alias Docteur Urman : textes paranoïaques dit au mégaphone
constantin leu, alias Karl Marx : danseur contemporain, est le support visuel
claude nadeau, alias La Barock Star : clavecin et machines
cyril atef, alias Congopunk; claude estèbe alias Le Japonophile et cedric labrousse alias Maître Labrousse donneront leurs talents avec eux.
Programme des “6 signatures de la main gauche” à la societe de curiosités
Presentation et signatures du livre jaune de la post bourgeoisie avec un cd 13 titres et un film post bourgeois
en coproduction avec le studio getsound
7 sept : lecture du manifeste post bourgeois et du nota bene
concert en trois parties avec Claude Nadeau aux machines
21 sept : concert avec cyril atef à la boite à rythme
5 oct : concert avec Claude Nadeau au clavecin
12 oct : concert avec un autre magéphoniste; Cedric Labrousse, premier secrétaire du barreau de paris
19 oct : concert de nouveaux titres et chorégraphie sur orgue farfisa
26 oct : concert japonais
texte traduit et dit par Claude Estebe dit ” le japonophile”
Réservation impérative à : lasocietedecuriosites@gmail.com
Par Claude Nadeau,
mardi 18 août 2009 à 23:31 ::Actualités
approchez, appppppprochez Mesdames et Messieurs, voici que le Québec brade son patrimoine religieux, son seul, son unique patrimoine historique, LE VOICIIIII!!!!! pour vous braves gens ce sera non pas trente mille, non pas vingt mille mais seulement 19 499,99$ (12 500€) pour un orgue à tuyaux TROIS CLAVIERS , l'opus 100 de Casavant (!!!) allez-lez-leeez on se fait plaisir pour trois fois rien!
A titre de comparaison, c'est le type d'orgue (3 claviers, 47 jeux) qu'on pourrait retrouver, en France, dans une cathédrale (eh oui, au Québec, pays d'orgue s'il en fut un, la moindre église paroissiale est équipée d'un orgue de cathédrale). Et pour les connaisseurs, Casavant est un peu l'équivalent de Cavaillé-Coll, dont il fut l'élève d'ailleurs. Au bas mot, l'instrument doit valoir dans les 500 000€... (on compte généralement 10 000€ par jeu environ pour un orgue neuf)
Honte aux Québécois qui liquident leur culture sans état d'âme! c'est tout ce qu'on avait et on l'a vendu!
Je souligne au passage qu'il s'agit de l'église Saint Louis DE FRANCE : pas mal de pays on une paroisse St Louis de France, en hommage à la France éternelle (hum), où personne ne réagit et tout le monde s'en fout !
Allez Mesdames, allez Messieurs, on liquide tout, tout est à vendre, même l'âme de notre pays!
D'autres paroisses, un scandale dont personne ne parle
Lu dans le journal Le Flambeau:Un vent de rébellion a soufflé sur l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, lors de l'office du 6 mai dernier. La proposition de l'archevêché de fermer la fabrique pour concentrer la mission pastorale à l'église Saint-Clément a reçu une fin de non-recevoir des paroissiens.
Joyau du patrimoine, l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, considérée longtemps comme la «cathédrale de Maisonneuve», fait face depuis quelques années à des difficultés financières récurrentes. L'église qui possède un des plus beaux orgues Casavant en Amérique du Nord affiche un déficit annuel d'une centaine de milliers de dollars. lire la suite
Depuis la rédaction de l'article, l'église a été fermée, tout comme l'église Saint Clément de Viauville, évoquée dans l'article pour "relocaliser" les fidèles, qui sera transformée en "centre de soins". Je me permets de souligner que l'orgue de Très St Nom, Casavant 4 claviers, 6000 tuyaux, a été restauré dans les années 90 pour plus d'un million de dollars aux frais du contribuable. J'avais eu le privilège de donner un concert en 98 dans cette église, qui comporte par ailleurs de magnifiques vitraux du célèbre maître-verrier Guido Nincheri ainsi que des toiles marouflées de grande valeur.
On ferme ces églises, on vend les orgues, on liquide le patrimoine et tout le monde s'en fout. C'est un SCANDALE !
Par Claude Nadeau,
samedi 15 août 2009 à 17:54 ::Concerts
La municipalité et la commission culture ont accueilli l'ensemble Symphonie de breizh, jeudi 13 août, dans l'église Saint-Pierre-ès-liens.
Plus d'une centaine d'amateurs de musique baroque ont apprécié ce moment de grâce. «Symphonie Breizh, est la seule formation baroque en Morbihan. Cette musique est accessible à tout le monde. Je souhaite apporter un soutien approprié auprès de la communauté d'agglomération, du Morbihan, pour ce travail de vulgarisation culturelle. J'ai eu du plaisir à recevoir cet ensemble », commente Nelly Fruchard, maire de Plescop.
Concert baroque. Symphonie de Breizh promeut les auteurs locaux (Le Télégramme)
Ce week-end, la formation «Symphonie de Breizh», emmenée par Claude Nadeau, a donné un concert baroque à l'église paroissiale. Le public d'une centaine de mélomanes s'est déclaré conquis par la prestation et le choix des oeuvres présentées.
Une messe du vannetais Danigo
L'ensemble «Symphonie de Breizh» s'est créé en 2009. Né de la passion de musiciens et chanteurs professionnels, il promeut sur la région la musique baroque et les compositeurs locaux. Les cinq musiciens et deux chanteuses ont interprété en exclusivité une messe écrite par le compositeur vannetais Jean-Pierre Danigo. L'ensemble a également présenté au public des oeuvres de Haendel, Pergolèse, mais surtout de compositeurs bretons et vannetais. Nelly Fruchard, maire de Plescop, a souhaité, avec la commission culture, accueillir l'ensemble baroque sur la commune. Deux des auteurs sont des religieux de la paroisse de Vannes: «il y a des tas de trésors à découvrir dans le pays vannetais, par le biais entre autre de l'abbé Moisan. L'interprétation de Danigo, par exemple, n'avait été jouée qu'une seule fois auparavant, à Versailles». Pour elle, «le groupe apporte un plus à la musique en Bretagne et a un véritable avenir».
Trois questions à Claude Nadeau,
directrice artistique de Symphonie Breizh
Qui êtes-vous ?
Je suis claveciniste (premier prix de conservatoire), organiste, chef de choeur, issue d'une famille de musiciens d'église au Québec. Je suis spécialisée en musique ancienne mais je m'intéresse aussi aux musiques traditionnelles, au chant grégorien. Je suis aussi présidente du comité de soutien de Diwan Paris.
Parlez-nous de « Symphonie de Breizh » ?
Nous sommes cinq musiciens accompagnés par deux voix de chanteuses. Nous avons envie de sortir du cadre musical classique et de créer de l'économie culturelle. L'ambition serait de faire grandir l'orchestre pour créer une formation d'une vingtaine de musiciens. Nous souhaitons aussi mettre en valeur le patrimoine culturel vannetais qui compte nombre de compositeurs.
Quel est votre projet sur Plescop ?
Le concert du 13 août à l'église Saint-Pierre-ès-liens, à 20 h 30, pour une ouverture vers les musiques sacrées et baroques. Nous jouerons en exclusivité une messe écrite par un compositeur vannetais, Jean-Pierre Danigo. Le coeur du programme sera le Stabat Mater de Pergolèse, des pièces de Haendel, Jean-Pierre Danigo, et Daniel Danielis, lui aussi compositeur vannetais. Ce programme est une exclusivité pour Plescop !
Jeudi 13 août Saint-Pierre-ès-liens, 20 h 30, participation libre.
L'orchestre baroque Symphonie de Breizh se produira le 13 août à l'église de Plescop. Parmi les morceaux programmés, des oeuvres de compositeurs vannetais.
Plescop accueille, jeudi 13août, à l'église paroissiale, l'orchestre baroque Symphonie de Breizh. La formation est composée de cinq musiciens, accompagnés par deux voix féminines. Symphonie de Breizh souhaite sortir du cadre musical classique pour créer une économie culturelle. «Nous proposons des projets musicaux, afin qu'à plus ou moins long terme, nous puissions gérer nos propres emplois. Notre ambition serait de faire grandir l'orchestre pour créer une formation d'une vingtaine de musiciens», souligne Claude Nadeau, directrice artistique et claveciniste.
Mise en valeur du patrimoine vannetais
La formation souhaite mettre en valeur le patrimoine culturel vannetais, qui compte nombre de compositeurs. «Sans être passéistes, nous souhaitons un retour aux sources», précise-t-elle au nom du groupe. Le concert du 13août, à l'église Saint-Pierre-es-Liens, est une ouverture vers les musiques sacrées et baroques. La formation jouera un programme exclusif pour Plescop. Parmi les morceaux choisis, une messe écrite par un compositeur vannetais, Jean-Pierre Danigo, dont l'interprétation n'a été jouée qu'une seule fois à Versailles. Le coeur du programme sera la «Stabat Mater», de Pergolèse, puis des pièces de Handel, Danigo et Daniel Danielis, lui aussi compositeur vannetais. Pratique Le concert sera donné àl'église paroissiale Saint-Pierre-es-Liens, à20h30. Participation libre.
Par Claude Nadeau,
jeudi 23 juillet 2009 à 00:21 ::Un peu de tout
Lettre à M. Jean-Marie Sernia
Monsieur,
Je viens de regarder sur France 2 le téléfilm "Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour", dont la musique est signée Jean-Marie Senia.
Je ne comprends pas, dans la musique de ce téléfilm, la musique d'inspiration baroque fait une large place à... un affreux son de synthé censé rappeler celui du clavecin... est-ce parce que la prod n'avait pas assez de budget, ou parce que vous n'avez trouvé aucun claveciniste pour interpréter votre belle musique?
Je suis toujours triste d'entendre de telles utilisations de cet instrument, car elles font énormément de tort à tous les clavecinistes. Je ne suis pas du tout puriste (je joue même du clavecin dans un groupe rock), mais le public, qui n'a que somme toute peu d'occasions d'entendre du clavecin en "live", interprète à tort cet effet sonore des plus désagréables (vous en conviendrez) pour du clavecin. Et tous les jours nous devons réparer les dégâts, expliquer que, non, le clavecin n'est pas une "boîte à clous", comme des musiques largement écoutées telles que celles de ce téléfilm pourraient laisser croire. Oui c'est un instrument qui a une palette sonore un peu moins métallique et un peu plus riche...
Il faut peut-être être claveciniste, faire depuis plusieurs années des animations dans les écoles, des concerts populaires, bref de la vulgarisation pour se rendre compte de l'immense préjudice que l'utilisation de sons de synthé pour représenter notre instrument causent à ceux qui essaient, au quotidien, tant bien que mal, de faire aimer toutes les richesses du clavecin.
Dans ce téléfilm, on a aussi pu entendre des extraits sonores gentiment consentis par des maisons de disques qui sont toujours désireuses de recycler leurs catalogues (au détriment des compositeurs de musique de film d'ailleurs). Comment Ton Koopmann peut-il côtoyer un son de synthé? Il n'y a donc pas à Paris un seul claveciniste qui puisse enregistrer en studio vos compositions??
Excusez ma colère, ce n'est pas votre musique que je critique, mais tous les jours je dois désamorcer des bombes, c'est-à-dire faire face aux idées reçues des gens qui n'ont eu, pour tout contact avec le clavecin, que la musique des films et qui imagine que le clavecin, ce n'est "que" ça. De grâce, la prochaine fois, demandez à un musicien d'enregistrer pour vous. Je vous trouverai un élève qui le fera gratuitement si c'est une question de budget, mais par pitié, plus de synthé!
"Pas terne le baroque - La rock est sans doute plus populaire que le baroque, n'empêche, l'orchestre Symphonie de Breizh a rempli l'église Saint Patern hier soir. Encore quelques concerts et le baroque cassera la baraque"
la baraque? oh Yes we can! - prochain concert le 13 août à Plescop (56) www.symphoniedebreizh.eu
Claude Nadeau, claveciniste, «artiste en résidence à la ville de Vannes», ouvrait, dimanche soir, les Fêtes historiques, à l'église Saint-Patern, où elle donnait un concert de musique baroque. Autour d'elle, quatre musiciens: deux violonistes, Pascal Jolivet, professeur au conservatoire de Vannes et le briochin Frédéric Moisan qui fait un parcours international, Bertrand Le Conniat, à l'alto qui a suivi une formation supérieure au conservatoire de Nantes, et Virginie Bédrine, violoncelliste et enseignante au conservatoire de Vannes. Mais aussi une voix: celle de Bleunwenn Mével, magnifique soprano. «Symphonie de Breizh» a interprété Lully, Daniélis, Nicolas Bernier, Händel, Danigo et Heny Purcell.
Promouvoir la musique baroque en Bretagne
Les musiciens, un peu tendus au début, prenaient rapidement la mesure de l'allant de Claude Nadeau au clavecin, dirigeant de façon dynamique son orchestre. Un concert de qualité marqué par deux rappels du public. Claude Nadeau, les quatre musiciens qu'elle a choisis, et Bleunwenn Mével veulent maintenant promouvoir la musique baroque en Bretagne, et ailleurs. Dimanche, l'enthousiasme était présent dans le public, et parmi les musiciens. A consulter www.symphoniedebreizh.eu
Par Claude Nadeau,
mardi 30 juin 2009 à 16:51 ::Actualités
Monsieur Eric Mandonnet,
Monsieur Ludovic Vigogne,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt dans le dernier numéro du magazine L'Express votre article "Sarkozy: histoire d'une révolution culturelle" publié le 18/06/2009. J'ai trouvé votre analyse extrêmement pertinente, étant moi-même dans le milieu culturel (je suis claveciniste) et très intéressée par la politique française.
Dans cet article, vous parlez de plusieurs artistes que j'aime beaucoup, notamment de Leonard Cohen. Vous écrivez:
"Leonard Cohen, dont il avait voulu lire les paroles des chansons en français avant le récital, pour être sûr de les comprendre; il a salué l'Américain à l'entracte de son spectacle à l'Olympia."
Mais Leonard Cohen n'est pas Américain! Il est Québécois, et même Montréalais (né le 21 sept 1934 à Montréal, comme nous l'apprend un clic dans Wikipédia). Il a fréquenté la même université que moi, l'Université McGill, où son souvenir est omniprésent, et tous les montréalais s'enorgueillissent de compter cet artiste parmi les "gloires" de la ville.
Pour le coup, ce n'est pas l' "omni-président" qui a des lacunes culturelles, mais les journalistes...
Ceux qui connaissent bien Montréal vous diront que la musique et la poésie de Leonard Cohen sont profondément montréalaises, ville multicolore dont la "mosaïque culturelle" (qui fait une large place à la communauté juive dont Cohen est issu) est ô combien différente du melting pot états-unien...
Leonard Cohen est tout sauf américain : rendez au Québec ce qui lui revient ! Rendez-nous "notre" Leonard Cohen !
"Le couturier Christophe Le Bo a présenté jeudi 18 juin à la Maison de la Bretagne à Paris sa collection printemps-été en avant première devant un public averti et attentif. La sonorisation de l'événement était entièrement assurée par la musicienne Claude Nadeau qui a réussi la double performance de chanter et de défiler au milieu des mannequins dans les robes du créateur armoricain... "
Par Claude Nadeau,
jeudi 11 juin 2009 à 09:45 ::Vannes - Gwened
Lundi et mardi dernier je suis allée dans deux écoles primaires de Vannes faire découvrir mon instrument, le clavecin. Voici quelques photos prises à l'école Diwan (bilingue) ainsi qu'un mot rédigé par l'un des professeurs, Gaëtan, qui sera publié dans le journal de l'école:
« Peps » ha klavisin er skol
D’al lun 08 a viz Mezheven he deus degemeret ar skol Claude Nadeau, sonourez klavisin vrudet-tre, arzourez degemeret gant ti-kêr Gwened er skol-sonerezh. Arbennigourez ar sonerezh barok eo ha deuet e oa da ginnig sonerezh ar mare-se hag he benveg : ar c’hlavisin. Plijet-tre eo bet ar vugale gant nerzh ha youl an arzourez, a vouilhe evel klogorennoù gwin Champagn. Santet e veze ur gwir blijadur d’he ferzh oc’h eskemm gant ar vugale diwar-benn ar sonerezh met ivez e brezhoneg, daoust dezhi bezañ a Vro-Gebek (Claude Nadeau eo prezidantez komite skoazell skol Diwan Pariz). Tro o deus bet lod eus ar skolidi da zañsal war un andro sonet ouzh ar c’hlavisin pe da seniñ o-unan. Roet he deus ivez ur gentel vat d’ar skolidi p’he deus diskleriet, o respont d’ur goulenn a-zivout he c’hoant da seniñ klavisin : « Gant youl ha labour e teuer a-benn eus pep tra ! » (Ger-stur Diwan e c’hellfe bezañ !)
Du « peps » et du clavecin à l’école
L’école a accueilli, le lundi 08 juin, Claude Nadeau, artiste-musicienne en résidence à Vannes, et spécialiste du clavecin et de la musique baroque. Elle venait présenter la musique de cette époque ainsi que son instrument de prédilection. Les élèves ont été séduits par l’énergie et la passion de l’artiste qui pétillaient comme des bulles de champagne. On sentait un vrai plaisir de sa part à échanger avec les élèves à propos de la musique, mais aussi de le faire en breton, bien qu’elle soit Québécoise (Claude Nadeau est la présidente du comité de soutien de l’école Diwan de Paris). Certains élèves ont pu danser un andro, arrangé par l’artiste pour le clavecin, ou jouer par eux-mêmes sur le clavecin. Elle a aussi donné une bonne leçon aux élèves lorsqu’elle leur a déclaré, répondant à une question sur son envie de jouer du clavecin : « Avec de la volonté et du travail, tout est possible ! » (Ce pourrait être la devise de Diwan !)
Par Claude Nadeau,
mercredi 27 mai 2009 à 19:35 ::Actualités
Aujourd'hui à 17h, concert de la classe de chant d'Agnès Brosset à la chapelle St Ivy de Pontivy (face à la basilique Notre-Dame de Joie). J'ai le plaisir d'accompagner les élèves au clavecin dans leurs pièces de répertoire baroque (Vivaldi, Handel, Monteverdi, Locke...). L'examen de chant (entrée en 3e cycle et CFEM) sera vendredi après-midi, envoyez-leur vos ondes positives!
"Allez-lez-lez-lez-leeeez! Quatre euros les deux kilos de cerises bio, on termine, allez mesdames!"
C'était la fête sur le marché Aligre ce matin. Entre deux (quatre, dix, vingt?) militants qui vous tendent un tract pour les élections européennes (le dimanche 7 juin n'oubliez pas!), les affaires se tractent. Le plein pour la semaine chez mon producteur bio préféré, et un petit détour chez le Baron rouge pour finir (vin bio à 4,20 le litre : en plus il est bon!)
Mais voilà : que faire avec deux kilos de cerises bio?
Les deux recettes d'aujourd'hui sont rythmées par les airs d'Alcina de Handel, du Mozart, du Bach, du Vivaldi, bref un programme long comme ça que j'apprends à vitesse TGV : Frédérique Lory, l'excellente pisniste qui accompagne la classe de chant d'Agnès Brosset aux conservatoires de Vannes et Pontivy a une double tendinite et j'ai été appelée (que dis-je : réquisitionnée, conscrite!) pour la remplacer dans l'accompagnement des élèves sur le répertoire baroque! Leur examen est jeudi prochain, ni une ni deux, une centaine de pages de musique à apprendre, j'aurai bien besoin des vitamines A et C des cerises!
Première recette, la plus facile : les cerises à l'eau de vie
Vous lavez vos cerises. Vous lavez votre joli bocal. Vous placez joliment vos jolies cerises dans votre joli bocal. Pour faire plus joli, je coupe l'extrémité de la queue (qui c'est qui a dit "castratrice"? non mais ho, ce ne sont que des cerises...) pour ne laisser dépasser qu'un centimètre (honni soit qui mal y pense). On rajoute un peu de sucre si on veut, on couvre d'eau de vie - le mieux c'est de demander à un vieux voisin qui a le droit de bouillage et qui vous refilera du "fort", en vrai, en naturel, sans tous les additifs chimiques des alcools sur le marché, les histoires, commérages et autres anecdotes de voisins en prime. Si comme moi vous habitez en ville, vous pouvez mettre du calva, vodka, alcool à fruits, voire même rhum...
Et après? Ben c'est tout. On attend un mois, ou deux, ou plus, on met un joli ruban sur la collerette et on l'offre à des amis chez qui on va dîner.
Deuxième recette, pas beaucoup plus difficile : la crème de cerises
Pour faire des kirs absolument extraordinaires... Le plus long est de dénoyauter les cerises, mais il existe un outil pour cela (voir photo) qui vous facilitera la vie. Pareil que pour la 1re recette, vous entassez vos cerises, cette fois-ci équeutées et dénoyautées, dans un pot de verre, ou un pot de terre (mais pas dans un pot de fer, malheureuse!), couvrez de sucre, couvrez d'alcool. Et vous l'oubliez le plus longtemps possible. Après une macération de plusieurs mois, on enlève les fruits que l'on presse pour récupérer le maximum de liquide, on filtre dans une gaze (c'est normal s'il reste un dépôt trouble dans le filtrat), on rajuste le niveau de sucre en confectionnant si besoin un sirop avec du sucre (beaucoup) et de l'eau bouillante (peu), et on complète les niveaux en rectifiant le degré d'alcool avec encore du calva.
Enfin, pour ceux qui ne le sauraient pas, la chanson "Le temps des cerises" n'est pas si bucolique qu'il n'y paraît, puisqu'elle a été écrite pour l'un des épisodes les plus sanglants de l'histoire de Paris, la Commune. Lisez à ce sujet l'article de "Wikipédia"...
Qui a une bonne recette de confiture de cerises? ou autre chose avec ce fruit?
Au fait, pour ceux (oui ceux) prêts à me taxer d'horrible féministe coupeuse de queues de cerises, je vous signale que je recommande fortement de garder lesdites pour en faire des tisanes diurétiques (qui favorisent l'élimination d'eau). Utiles tant pour ces dames (cellulite, SPM, cure d'amaigrissement) que pour ces messieurs (goutte, prostate...!) :-)
Par Claude Nadeau,
mardi 19 mai 2009 à 11:46 ::Concerts
Musique baroque du 17e siècle italienne et anglaise (Monteverdi, Frescobaldi, Strozzi, Purcell, Dowland), entrecoupée de poésies d'un maître bouddhiste vietnamien, Thich Nhat Hanh.
Brian Cummings, contre-ténor
Frederico Yacubsohn, viole de gambe
Claude Nadeau, clavecin
Benoît Damant, récitant
Mercredi 20 mai à 20h30 Théâtre L'Archipel, 17 bd Strasbourg 75010 Paris (métro Strasbourg Saint Denis)
C'est la plus vannetaise des Québécoises: la claveciniste Claude Nadeau joue ce soir à l'Auditorium des Carmes sur le thème «compositeurs vannetais d'hier à aujourd'hui».
Bretons, elle vous a compris! Née à Montréal il y a 33 ans, la Québecoise Claude Nadeau est «tombée dans la marmite bretonne» depuis dix ans. Cette claveciniste est en résidence artistique à Vannes, mais elle cite plus volontiers l'expression bretonne: «Arzourez degemeret, ça veut dire artiste accueillie.» Ce soir, elle veut «redonner aux Vannetais ce qui leur appartient». Son concert s'articulera en trois temps. Première partie: elle va jouer deux suites de Charles de Mars, qui a été organiste à la cathédrale de Vannes pendant 45ans au début du XVIIIesiècle. «Ces trésors cachés font partie de notre patrimoine». Deuxième temps de son concert: elle va jouer deux suites de compositeurs contemporains locaux. Il y aura d'abord une suite de Pierick Houdy, un Étellois de 80 ans qui a vécu 25 ans au Québec: ce morceau, «la gigue et la gavotte», n'a été joué qu'une fois, l'année dernière, pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec.
Une musique vivante
Claude Nadeau va aussi interpréter une suite en trois mouvements pour clavecin électrique, écrite par Yves Ribis. Ce guitariste lorientais de 52ans a beaucoup composé pour Arz Nevez. «Je vais la jouer avec un boucleur, ce qui me permet de jouer en canon avec moi-même. C'est important de montrer que le clavecin n'est pas un instrument de musée». Dans la dernière partie de son concert, Claude Nadeau va réarranger de la musique traditionnelle bretonne: une suite de gigues écossaises d'Alan Stivell, deux suites de Didier Squiban et deux cantiques bretons.
Avec les félicitations des joueurs du Voc!
À ses yeux, c'est le temps fort de sa résidence artistique à Vannes, qui a commencé début 2008 et va durer au moins jusqu'à la fin de l'année. Elle s'est infiltrée dans la vie culturelle locale. Son leitmotiv: «créer des passerelles» et montrer que la musique classique peut plaire à tout le monde. Son dernier projet, mené en collaboration avec le Voc, en est une parfaite illustration: «Le stade est juste à côté, je veux entretenir des rapports de bon voisinage! J'ai invité les joueurs à venir au concert clavecin et percussions du 24mars. Une dizaine sont venus, ils m'ont dit qu'ils avaient adoré. Il ne faut pas opposer la culture et le sport. On partage des valeurs communes: entraînement intensif, discipline, technique, esprit d'équipe...»
Laurent Guenneugues
article paru dans Ouest-France:
Claude Nadeau dépoussière le clavecin
Claude Nadeau joue les compositeurs vannetais d'hier à aujourd'hui, ce soir aux Carmes. Elle va même amplifier son clavecin et jouer avec une pédale « loop ».
La claveciniste québecoise, en résidence à Vannes, ne considère pas son instrument comme une piècede musée. Ce soir, elle joue classique, contemporain, acoustique et amplifié.
Entretien
Claude Nadeau, cela fait un an et demi que vous êtes en résidence à Vannes. Vous donnez ce soir un concert de clavecin à l'auditorium des Carmes. Quel en est le programme ?
Déjà, c'est le moment fort de cette résidence. J'ai décidé de bâtir le programme autour de trois axes qui me tiennent à coeur : le patrimoine avec des oeuvres de Charles de Mars, organiste de la cathédrale de Vannes et compositeur du XVIIIe siècle ; des compositeurs contemporains vannetais, Yves Ribis et Pierrick Houdy ; et de la musique traditionnelle arrangée pour clavecin. J'ai transcrit des pièces d'Alain Stivell et Didier Squiban. Je vais aussi jouer des cantiques bretons, le cantique du Paradis et un Noël vannetais. C'est de la très belle musique.
Des auteurs contemporains écrivent pour le clavecin ?
L'avantage avec des musiciens contemporains, pour des instrumentistes comme nous qui jouons des compositeurs décédés il y a 300 ans, c'est qu'on peut les rencontrer, échanger, s'en faire des amis. L'écriture devient un projet commun.
Pierick Houdy, par exemple, m'a écrit une oeuvre l'an dernier que j'ai jouée pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Je ne l'ai donnée en public qu'une seule fois, là-bas.
Yves Ribis, lui, m'a écrit une suite vannetaise pour clavecin électrique. Le son sera amplifié et j'aurai un pédalier pour enregistrer des sons en direct et les faire tourner en boucle. Du coup, j'aurai les mains libres pour jouer en canon avec moi-même.
C'est la première fois que vous jouez du clavecin avec l'appui de ces technologies ?
Je suis très ouverte à tout ça. Je ne joue pas du clavecin avec une perruque XVIIIe. Ça n'est pas un instrument de musée qui a eu son heure de gloire et qu'on doit laisser prendre la poussière dans un coin. On peut le brancher sur un ampli Marshall.
Pour autant, je ne joue pas de la musique électronique. Le clavecin est équipé de capteurs. On l'amplifie sans déformation en respectant une certaine authenticité. Si Bach revenait, il se servirait de ces technologies pour écrire de la musique.
Quand j'entends des trucs qui me plaisent, je ne vais pas me priver de les jouer parce qu'ils n'ont pas été écrits pour le clavecin. Je transcris la partition. C'est ce que j'ai fait avec des pièces d'Alan Stivell et de Didier Squiban.
Par Claude Nadeau,
lundi 11 mai 2009 à 14:18 ::Un peu de tout
Réveil à 5h ce matin pour prendre le TGV pour Vannes où j'accompagnerai les examens de la classe de chant d'Agnès Brosset, après courte nuit... puisque hier soir, après avoir passé une partie de la journée à répéter pour le concert du 20 mai à l'Archipel (Paris), j'ai passé une superbe soirée chez le directeur de cette salle, qui est également le producteur du label Saphir.
Moments magnifiques autour d'une délicieuse T'fina pkaila préparée par notre hôte, désireux de faire se rencontrer des musiciens et de susciter des projets. Instant d'anthologie sur la terrasse de l'appartement pendant lequel je me fais expliquer la mécanique quantique (rien que ça) par Laurent Naouri et Karen Vourc'h, qui est d'ailleurs comme moi une ancienne de l'Université McGill !
A la fin du dîner, propositions malhonnêtes de notre hôte, qui avait bien une idée derrière la tête en nous invitant chez-lui : cinq musiciens autour de la table... et des projets d'enregistrement chez Saphir. C'est comme cela que ça commence, autour d'un plat et avec du bon vin, avec de l'amitié, de la complicité et de la bonne cuisine. C'est ça, le métier de musicien... ou plutôt, c'est cela que ça devrait être...plus souvent...
Jeudi dernier je reçois un coup de fil d'une personne qui me demande si mon groupe de musique ancienne médiévale est disponible pour une animation musicale dimanche 17à Tourcoing. C'est dans une semaine! je vérifie auprès de mes compères, je réponds oui. Au moment de passer aux choses plus techniques, je pose la question au nom de qui le contrat doit être fait ; et en fait il s'avère que le contrat est fait à une structure qui revend le spectacle à la Ville. Bon. Je me suis permis de poser la question : avec quelle marge allez-vous revendre notre prestation? En sachant que la profession d'Agent artistique, par exemple, est réglementée, et que la commission sur le prix de vente ne doit pas dépasser les 10%. Les choses sont différentes avec un "producteur" ou "manager", et il n'y a dans ce cas aucune règle sur la commission.
Et donc mon interlocuteur me répond que notre spectacle sera vendu avec une marge de 25%. Rien que ça. Je n'ai pas pu m'empêcher, j'ai rétorqué : "Aaaah non, désolée, nous, nous ne fonctionnons pas comme ça".
J'ai regretté ma réaction par la suite, car par les temps qui courent, personne ne peut se permettre de refuser un contrat. J'en ai par ailleurs longuement discuté avec mon entourage, avec mes compères musiciens et avec l'un de mes amis qui est dans le commerce, et le sujet prête vraiment à débat.
Certes tout le monde doit gagner sa vie. je suis tout à fait d'accord de concéder 10% à un agent, qui s'occupe de la carrière d'un artiste ; ou davantage même à un producteur qui gère son écurie, qui suscite des projets et des rencontres, qui s'investit dans un groupe. Mais les prix que nous proposons sont étudiés au plus juste, et souvent même ils sont encore trop chers et le devis ne passe pas, une fois sur deux. La plupart du temps, pour une fête historique, pour une journée de travail musical spécialisé, au final chaque musicien touche entre 180 et 200 euros net. Et qu'une personne revende notre spectacle 25% plus cher, s'octroyant plus de 350€ pour s'être donné la peine de passer deux coups de fil en ayant trouvé nos coordonnées dans Google m'a un peu ulcérée.
C'est peut-être la dure loi du marché. Ce ne sont pas des commissions inhabituelles. C'est vrai que sans cette personne, la proposition nous ne l'aurions pas eue. Vaut-il mieux dans ces conditions accepter le contrat, ou rester chez-soi et ne pas bosser?
Quel monde néanmoins entre ces revendeurs de spectacles et le producteur qui a organisé le dîner d'hier!
Et pourtant, comme musicien, n'avons-nous pas vitalement besoin de gens qui nous apportent des contrats, même s'ils prennent au passage une commission énorme? Comme je disais dans un précédent billet au sujet d'Hadopi, dans tous les cas ce sont les musiciens qui trinquent; les producteurs, les revendeurs, les majors du disques, eux, gagnent mieux leur vie que nous.
Mercredi 6 mai, 20h, Auditorium des Carmes,
Vannes
Récital de clavecin "Compositeurs
vannetais du XVIIIe siècle à aujourd'hui" : musique baroque, oeuvres
commandées à des compositeurs vivants, et musique bretonne adaptée
pour clavecin. Oeuvres de Mars, Pierick Houdy,
Yves Ribis, Alan Stivell, Didier Squiban, et deux noëls
bretons.
Concert de musique ancienne : Brian Cummings, contre-ténor; Federico Yacubsohn, viole de
gambe; Benoît Damant, ténor et récitant; Claude Nadeau, clavecin
Par Claude Nadeau,
mardi 21 avril 2009 à 10:41 ::Un peu de tout
Depuis plusiurs années, je propose sur mon site le téléchargement légal et gratuit de plus de 3h de musique extraite de mes divers concerts. J'autorise par ailleurs leur utilisation "dérivée" pour autant qu'on mentionne mon nom et éventuellement mes coordonnées. Ainsi, mes concerts connaissent une seconde vie, et ma musique s'est retrouvée utilisée dans des courts-métrages, et même des jeux vidéos!
Que pensez-vous de cette phrase d'un internaute, relevée dans le quotidien 20 Minutes :
"Le raisonnement ‘1 téléchargement = 1 vente perdue’ est ridicule. Je télécharge comme j’écoute la radio. Si j’aime vraiment un groupe, je vais le voir en concert. Si j’aime un réalisateur, je vais au cinéma. L’industrie du disque, qui vole les artistes et réalise que son système de distribution est cassé cherche des coupables, mais ils ont creusé leur propre tombe" ?
Par Claude Nadeau,
mercredi 18 mars 2009 à 17:41 ::Vannes - Gwened
L'arrivée du VOC en ligue pro et leurs succès récents font des joueurs les nouveaux héros des Vannetais. Pourtant la présence du stade en centre-ville pose certains défis de voisinage, notamment avec l'Ecole Nationale de Musique (Conservatoire à rayonnement départemental).
Les supporteurs traversent le Conservatoire pour accéder aux tribunes du stade de la Rabine, et les joueurs passent tous les jours devant l'Auditorium des Carmes, une des plus belles salles de concert classique de Bretagne, sans jamais y avoir mis les pieds (et probablement sans jamais avoir assisté à un concert de musique classique de leur vie)
La claveciniste bretonnante Claude Nadeau est "Artiste en résidence" à Vannes depuis janvier 2008. A ce titre, elle travaille sur les compositeurs bretons, et essaie d'infiltrer sa musique dans la vie vannetaise. Elle a eu envie de tisser un lien entre les "cultureux" et les "sportifs" : "Si moi, musicienne classique, je suis capable de commencer à m'intéresser au foot avec le VOC, pourquoi les sportifs ne pourraient-ils pas s'intéresser à la musique classique?" Après tout, nous sommes voisins, et nos métiers évoquent les mêmes valeurs, de discipline, de travail d'équipe, d'entraînement intensif et quotidien, etc...
Avec la complicité de Pierrick Dano (Intersport), l'un des principaux sponsors du VOC, et de la Direction du Club, Claude Nadeau a décidé d'inviter les joueurs et leur entraîneur à son prochain concert, mardi 24 mars à 19h à l'auditorium des Carmes à Vannes. Elle s'y produira en compagnie de Michel Gastaud, premier percu solo de l'orchestre de l'Opéra de Paris, dans un répertoire de musique classique et de musique actuelle (Bach, Piazzola, une création de Graciane Finzi et une oeuvre de Césarius Alvim, d'origine brésilienne, qui vit et travaille à Brest). A titre de clin d'oeil, les musiciens revêtiront, pour le dernier morceau du concert, le maillot du VOC (mais chut, c'est un secret!)
L'expérience sera-t-elle concluante? Peut-on apprécier la musique classique, souvent ressentie comme élitiste ou inacessible, quand on est un sportif professionnel? Si "du beau sport", ou "un bel effort" sont des valeurs universelles, est-ce que "de la belle musique" peut toucher quelqu'un qui n'est pas mélomane? Est-ce que l'émotion et l'énergie peuvent transcender les codes esthétiques?
Par Claude Nadeau,
dimanche 8 mars 2009 à 19:04 ::Un peu de tout
Ca y est, je m'y suis mise moi aussi, je suis sur Twitter. C'est un petit gadget qui a pour but de répondre à la question "Et là, tu fais quoi?..." Vous verrez donc mes humeurs dans cet encart, situé dans la colonne de droite de ce blog. Vous pouvez également me retrouver sur http://twitter.com/claudenadeau et vous abonner pour suivre mes états d'âme! (on n'arrête pas le progrès!)
Je ne suis pas une adepte du "copier-coller", mais je ne peux pas résister à partager avec vous ce texte qui relate une bien curieuse expérience. Il m'a beaucoup fait réfléchir, voyez un peu :
Un violoniste dans le métro
"Un homme s'assit dans le métro à Washington DC et commença à jouer du
violon. C'était un matin froid de janvier. Il joua 6 pièces de Bach
pendant environ 45 minutes. Pendant ce temps, comme c'était une heure
d'affluence, il a été calculé que plusieurs milliers de personnes
avaient traversé la station, la plupart sur le chemin du travail.
Au bout de 3 min, un homme d'âge moyen remarqua qu'un musicien était
en train de jouer. Il ralentit le pas pendant quelques secondes puis
accéléra pour rattraper le temps perdu.
Une minute plus tard, le violoniste reçut son premier dollar de
pourboire: une femme jeta l'argent dans la caisse, sans s'arrêter et
continua à marcher.
Quelques minutes plus tard, quelqu'un s'adossa au mur pour l'écouter,
mais regarda sa montre et reprit sa course. Il était de toute évidence
en retard pour le travail.
Celui qui fut le plus attentif fut un garçon de 3 ans. Sa mère le
traînait, pressée, mais l'enfant s'arrêta pour regarder le violoniste.
Finalement la mère le tira plus fort et l'enfant continua à marcher en
regardant tout le temps derrière lui. Cette action fut répétée par
plusieurs autres enfants. Tous les parents, sans exception, les
forcèrent à avancer.
Durant les 45 minutes où le musicien joua, seulement 6 personnes
s'arrêtèrent et restèrent un moment. Environ 20 personnes lui
donnèrent de l'argent mais en continuant de marcher normalement. Il
reçut 32 dollars. Quand il s'arrêta de jouer et que le silence reprit
ses droits, personne ne le remarqua. Personne n'applaudit ou ne
manifesta un signe de reconnaissance.
Personne ne le savait, mais le violoniste était Joshua Bell, l'un des
meilleurs musiciens du monde. Il joua l'un des morceaux les plus
difficiles jamais écrits, avec un violon d'une valeur de 3,5 millions
de dollars.
2 jours avant qu'il ne joue dans le métro, il jouait à guichets
fermés dans un théâtre de Boston, où les places avaient été vendues,
en moyenne, 100 dollars chacune.
Ceci est une histoire vraie. Joshua Bell jouant incognito dans le
métro était une expérience, organisée par le Washington Post, sur la
perception, le goût et les priorités des gens. L'argument en était:
Percevons-nous la beauté? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier?
Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu?
L'une des conclusions possibles à une telle expérience pourrait être
celle-ci:
Si nous n'avons pas un moment pour nous arrêter et écouter l'un des
meilleurs musiciens du monde jouer la meilleure musique jamais écrite,
combien d'autres choses ratons-nous? "
La prochaine fois que vous croiserez un musicien dans le métro, ou dans la rue, ou en train de jouer comme "fond sonore" d'une soirée où personne ne l'écoute, qu'il soit bon ou mauvais, pensez au moins à lui sourire...
Par Claude Nadeau,
samedi 7 mars 2009 à 13:24 ::Concerts
Article paru dans le journal municipal de Saint Cloud :
(cliquez sur l'article pour agrandir)
Oyez oyez, gentes damoiselles et fiers chevaliers,
trouvères et ménestrels… Point de noise,
le samedi 7 mars, à 17h30, mais de belles notes
avec une conférence-concert à laquelle vous
êtes tous conviés. L’Espace musique de la
médiathèque ouvrira une brèche dans le temps
et ressuscitera les musiques occidentales du
VIIe au XIVe siècle. Pour relancer les animations
musicales, Cécile Boulet, la nouvelle discothécaire
a choisi de commencer par le Moyen
Âge. Et cela pour deux raisons. D’une part, la
conférence musicale de la musicienne Claude
Nadeau est à la fois érudite et ludique, accessible
aux passionnés comme aux familles, donc
bien dans l’esprit de ces moments. D’autre part,
la médiathèque dispose d’un fonds assez important
de musique médiévale. Ce qui vous
permettra, si vous souhaitez poursuivre vos
pérégrinations musicales, d’emprunter des
disques sans devoir ferrailler.
La musique médiévale, malgré sa richesse et
les huit siècles qu’elle recouvre, n’évoque
souvent que la musique sacrée et les chants
grégoriens. Pendant 1h30, Claude Nadeau,
accompagnée de Daniel Dupitier, va s’attacher
à nous faire découvrir l’intérêt de ce répertoire
méconnu qui voit l’apparition de la polyphonie,
de la musique de cour et du chant
courtois. Cette artiste, Premier prix en clavecin
et invitée comme soliste en 2007 à l’Opéra national de Paris,
présentera les instruments du Moyen Âge au
travers d’enluminures, de textes et de photos
de la statuaire des cathédrales ainsi que les
bois utilisés et les techniques de jeu. Mais ce
sont les instruments eux-mêmes qui se chargeront
de nous faire voyager dans le temps :
bombarde, harpe gothique, psaltérion à archet,
buisine, hautbois du Languedoc et flûtes
résonneront dans la « salle ronde » du jardin
des Avelines.
Par Claude Nadeau,
mercredi 25 février 2009 à 11:16 ::Un peu de tout
Ma mère m'a ressorti cette photo, je dois avoir 5 ans à peine, et déjà le chapeau! Sur le beau tracteur Ford de mon parrain Jean-Marie en Gaspésie (au Québec)...
Un jour à l'issue d'un concert où je tenais le continuo en même temps que je dirigeais, quelqu'un du public était venu me dire que je faisais "un continuo tracteur". J'ai failli mal le prendre, d'autant plus que cette personne connaissait la musique, mais elle s'en est expliquée : un continuo qui emmène les autres musiciens, du verbe tracter quoi! Cela m'a fait penser à François Couperin, qui dit dans "L'art de toucher le clavecin":
"Les hommes qui veulent arriver à un certain degré de perfection ne devroient jamais faire aucun exercice pénible de leurs mains. Celles des femmes, par La raison contraire, sont généralement meilleures. J'ai déjà dit, que la souplesse des nerfs contribuë beaucoup plus, au bien-joüer, que la force; ma preüve est sensible dans la différence des mains des femmes, à celles des hommes; et de plus, La main gauche des hommes, dont il se servent moins dans les exercices, est communément plus souple au clavecin". Bref, travaux des champs ou plaisirs d'Euterpe, il faut choisir...
L'occasion de relire cet ouvrage de Couperin, dans lequel, comme beaucoup de jeunes clavecinistes, j'appris à apprivoiser cet instrument. En voici un extrait:
Cet instrument a ses propriètés, comme le Violon a les siennes. Si le clavecin
n'enfle point ses sons; si les batemens redoublés sur une même note ne lui conviennent pas extrèmement;, il a d'autres avantages, qui
sont, La précision, La nèteté, Le brillant; Et L'etenduë. On devroit donc prendre un milieu, qui seroit, de pratiquer quelquesfois les lègèretés
des Sonades, et d'èviter les morceaux lents qui si rencontrent, dont les basses ne sont point faites pour y joindre les parties lutées, et
sincopées qui conviennent au clavecin. Mais les François dévorent volontiers Les nouveautés aux dèpens du vrai qu'ils croyent saisir
mieux que les autres nations. Après tout, il faut demeurer d'accord que les pièces faites exprès pour le clavecin y conviendront toujours
mieux que les autres. Cependant dans les lègèretés des Sonades, il y a des morceaux que rèüssissent assez bien sur cet instrument. Ce
sont ceux où le dessus et la basse travaillent toujours. Comme, par exemple, l'allemande cy-après...."
Et pour revenir à l'agriculture, enfin (c'est actuellement le Salon de l'Agriculture à Paris), je dis souvent que le clavecin est un instrument bio : il est comme il est, avec ses limites et ses possibilités, il joue peut-être moins fort en décibels que d'autres instruments, il tient moins bien l'accord parfois, mais pour certaines choses il a peut-être un peu plus de goût, et c'est ainsi qu'on l'aime, parce qu'il est authentique, profondément organique...
J'ai assisté hier au gala des Victoires de la Musique Classique 2009 à Metz. C'est la deuxième fois que je prends part à cet événement (voir le billet de l'année dernière, à Toulouse). Je dois dire que le spectacle était particulièrement réussi cette année, avec des artistes époustouflants en direct d'une des plus belles salles de France, le théâtre de l'Arsenal : Robarto Alagna, l'ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi, Katia et Marielle Labèque, Lang Lang, l'Orchestre National de Lorraine dirigé par Jacques Mercier et Ariane Matiakh... L'émission animée par Marie Drucker et Frédéric Lodéon était retransmise en direct sur France 3 et par France Inter.
J'ai beaucoup aimé l'intervention des musiciens du Trio Wanderer, lauréat du trophée de l'ensemble de musique de chambre de l'année, pendant laquelle un des musiciens a affirmé que cette Victoire démontrait que le public était encore capable d'apprécier la belle musique, sans céder à la facilité, et pouvait aimer autre chose que la culture bling-bling. Pour une fois qu'on a de la musique classique aux heures de grande écoute, j'espère que cette petite phrase aura fait mouche. Et puisque Patrick de Carolis était dans la salle, peut-être est-ce l'occasion de réfléchir : puisque les chaînes publiques ne sont plus soumises aux diktats de l'audimat pour plaire aux publicitaires, peut-être l'étape de la suppression de la pub pourrait-elle être une opportunité d'avoir l'audace de programmer plus souvent de la musique classique sur les chaînes non câblées?...
J'ai eu l'heureuse surprise hier soir de me faire reconnaître par des lecteurs de ce blog ! Un blog qui se maintient dans les 20 000 visiteurs uniques mensuels en moyenne... merci à vous de vous intéresser à ma musique. C'est vrai qu'avec un instrument aussi improbable que le clavecin, on est bien obligés de réfléchir à des nouveaux moyens de diffusion. N'hésitez pas, visiteurs, à laisser des commentaires, à envoyer un petit mot : cela fait tellement plaisir de savoir qu'il y a des gens derrière l'écran! Et puis, quand on passe des heures seul devant son instrument, avec forcément des moments de fatigue et de doute, cela fait du bien de temps en temps de se retourner et de voir que, non, on n'est pas complètement seul!
Retour à Paris hier soir par le TGV de 20h55, qui était rempli avec une bonne partie des artistes des Victoires de la Musique : incroyable ambiance de fête au bar et dans les voitures, on boit au succès des uns, on fait des affaires, on se dépêche d'engager tel lauréat avant que son agent, dès le lendemain matin, double sa cote... Et puisque la soirée était aux remerciements des uns et des autres, j'y vais moi aussi de mon couplet : merci à Bruno Mantovani pour les fous rires en voiture 3 (rikitikitikak), merci aux éditions Lemoine pour le coup à boire et pour l'harmonium, merci à Philippe Jarourssky d'avoir fait vite ;-) merci au contrôleur de nous avoir laissés faire la fête dans son train, merci à Roberto Alagna pour le biscuit au chocolat (mmmm)... et qui sait, l'année prochaine, peut-être un disque de Claude Nadeau en nomination pour les Victoires?... ;-)
Par Claude Nadeau,
lundi 2 février 2009 à 12:48 ::Vannes - Gwened
Eh non, malgré toute l'envie que j'avais d'y aller, je ne suis pas allée à la Folle Journée à Nantes, puisque j'ai passé la journée au Conservatoire de Vannes avec des élèves du département claviers (piano, orgue) afin de leur faire découvrir le clavecin. Une folle journée en effet, car aujourd'hui j'ai fait jouer une bonne vingtaine d'élèves sur le clavecin, en consacrant une vingtaine de minutes individuellement à chacun. Et puis, comme à Nantes, ils ont presque tous joué du Jean-Sébastien Bach! :-)
C'est la suite d'un projet pédagogique qui avait commencé à Pontivy (voir le billet à ce sujet) et qui était proposé aux élèves de Vannes, Pontivy et Sarzeau. Environ 75 élèves ont été intéressés, et se sont portés volontaires pour prendre part au projet en plus de leurs heures de cours régulières. Merci aux professeurs de piano et d'orgue de s'être prêtés au jeu et d'avoir collaboré avec autant de complicité! Voici le compte-rendu qu'ont fait Le Télégramme et ouest-France à ce sujet : (cliquez sur les articles pour agrandir)
Par Claude Nadeau,
samedi 17 janvier 2009 à 12:11 ::Concerts
"LA REINE ET LE POETE Marie Stuart et
Ronsard"
Concert de musique
Renaissance
par l'ensemble
Entheos
DIMANCHE 18 JANVIER
2009 à 15h30 (précises)
au Musée National de la Renaissance : Château d'Ecouen
(95)
Artistes interprètes :
Sophie Pattey : Soprano / Claude Nadeau : Clavecin /
Céline Ferru : Luth / Brian Cummings : Contre-ténor /
Federico Yacubsohn : Viole de gambe
Benoît Damant : Voix et direction
Informations pratiques Entrée libre
dans la limite des places disponibles pas de supplément au droit
d’entrée contremarques à retirer à l’accueil du musée le jour même à
partir de 14h t. 01 34 38 38 50 - www.musee-renaissance.fr
Ce programme est proposé dans le cadre de
l’exposition « Marie Stuart, le destin français d’une Reine
d’Ecosse » qui se tient jusqu’au 2 février 2009 au musée national de
la Renaissance – château d’Ecouen (et au musée Condé – Château de
Chantilly) Visite-conférence à Ecouen pour individuels les samedis et
dimanches à 11h
En attendant le concert, quelques photos en répétition, et un MP3 gratuit en cadeau (faire "clic droit" puis "enregistrer le lien sous") - il s'agit d'un Branle Gay de Pierre Attaignant (1531)
Par Claude Nadeau,
samedi 10 janvier 2009 à 14:46 ::Actualités
Meilleurs voeux à tous, et aux souhaits habituels que s'ajoutent ceux d'une année 2009 qui fera un plus large place à la culture, une année où il y aura moins de bruit de plus de musique... Moins de déprime et un supplément d'âme, moins de spéculations hasardeuses et plus de concerts, moins de superficiel et plus de ce qui donne un sens à la vie. Moins de "Bonjour paresse" et plus de travail (rémunéré) pour les musiciens... Car c'est en période de crise qu'on a particulièrement besoin de l'art. C'est trop facile de couper les budgets culturels en premier, comme on l'annonce partout, sous prétexte que la culture serait moins indispensable qu'autre chose : c'est maintenant que la société a le plus besoin de notre musique.
Bonne année 2009, gardez le moral! et ne laissez jamais s'éteindre votre flamme.
Et pour mes amis bretons, Bloavezh mat, joa, prosperite, hag ur banne gwin bemdez! ;-)
Par Claude Nadeau,
lundi 22 décembre 2008 à 14:32 ::Concerts
31 décembre : Saint-Sylvestre à Pontivy (Palais des Congrès)
18 janvier : Concert au Château d'Ecouen avec l'Ensemble Enthéos, dir. Benoît Damant
22 mars : stage de chant médiéval, dans le cadre des Semaines de la Voix à Vannes
24 mars : concert de musique contemporaine avec Michel Gastaud, percusison, à Vannes
28 mars : conférence concert sur les instruments médiévaux à Vitré
6 mai : récital compositeurs bretons du XVIIIe et du XXIe siècle à Vannes
D'autres dates sont à confirmer et vous seront annoncées prochainement...
Je m'investis beaucoup dans ma Résidence Artistique à Vannes, et par la force des choses je joue un peu moins à Paris et en région parisienne... si vous avez des suggestions de lieux (églises, salles...), de Mairies ou quelque contact qui pourrait être intéressé par l'un de mes concerts: musique de chambre baroque, musique de la renaissance, récital de clavecin..., n'hésitez pas à transmettre mes coordonnées.
Oyez oyez braves gens, les jours vont commencer à rallonger! :-)
Avez-vous remarqué que dans la plupart des grandes traditions, cette période de l'année est l'occasion d'une fête dédiée à la Lumière? Que ce soit la Hannoukah des Juifs, ou Noël des Chrétiens... qui peut me dire si chez les Musulmans la Fête de l'Agneau a aussi un lien avec la lumière? En tout cas, aujourd'hui à 13:03 c'est le Solstice d'Hiver, que dans l'ancienne tradition on appelait aussi "Yule", un mot que l'on retrouve souvent dans les cantiques anciens en anglais pour désigner Noël.
Je vous propose aujourd'hui une recette de soupe solsticielle, en cela qu'elle est particulièrement symbolique de la lumière, parce qu'elle est très colorée dans des tons chauds, et qu'elle est pleine de vitamines, on en a bien besoin pendant l'hiver!
J'ai d'abord fait revenir des oignons (et un peu d'ail si on aime) dans du beurre. J'ai ensuite rajouté 2 litres d'eau salée et porté à ébullition. Ensuite j'ai jeté dans mon chaudron:
- des rondelles de carottes, comme autant de petits soleils
- des morceaux de courge muscade, on peut aussi mettre du potirron, du potimarron, ou toute autre courge orangée
- un pied de brocoli, vous savez la partie dure que parfois on jette... eh bien chez moi pas de gaspi!
- vous pouvez rajouter d'autres légumes blancs ou orangés, selon ce que vous avez sous la main...
- une pluie de grains de sarrazin - on peut aussi mettre de l'orge. J'en ai mis environ une poignée, ça donne une consistance crémeuse sans ajouter de féculents (comme les pommes de terre) ou de crème.
On laisse mijoter... et on assaisonne selon son goût:
moi j'ai mis du poivre 5 baies du moulin, des feuilles de sauge séchée, du gingembre en poudre, et surtout pas mal de noix de muscade fraîchement râpée au-dessus de la marmite :-)
J'ai aussi ajoutée en fin de cuisson deux demi-clémentines! Quand on ajoute de l'orange dans une recette, il ne faut pas la mettre trop tôt sinon cela devient amer...
On laisse bien mijoter, à feu doux, très longtemps... Un petit coup de moulinette... Et c'est prêt!
Par Claude Nadeau,
dimanche 14 décembre 2008 à 20:00 ::Vannes - Gwened
Hier à Pontivy, j'ai eu l'occasion d'animer une journée de découverte autour du clavecin. Destinée aux élèves de l'Ecole de Musique (le Conservatoire de Vannes, qui m'accueille dans le cadre d'une Résidence Artistique, étant à rayonnement départemental), ce projet vise à faire découvrir mon instrument aux élèves du département claviers (piano, orgue).
Ce projet se déroule en trois étapes:
1- les élèves intéressés ont reçu une "fiche pédagogique", et s'inscrivent pour un créneau en tête à tête avec le clavecin. Pas de cours magistral, pas de blabla, tout de suite du concret : on met des mains dedans, on écoute ce que l'instrument a à dire, comment il réagit. On plonge d'abord, et on apprend à nager ensuite!
2- je rencontre les élèves pendant une journée d'échange, autant que possible avec les profs aussi, pour discuter de leurs impressions et pour leur donner des clés de compréhension. Comme samedi dernier à Pontivy. Une rencontre similaire est prévue à Vannes les 24 et 31 janvier pour les élèves de Vannes et de Sarzeau.
3 - les élèves les plus motivés pourront, après ces journées, décider de travailler sérieusement un morceau qui pourrait être présenté en masterclass aux Carmes, soit en amont de mon récital du 6 mai, soit à l'occasion des portes ouvertes de fin d'année. Le but de la masterclass, qui pourrait être ouverte également aux élèves d'autres conservatoires de Bretagne et aux amateurs de talent, étant de partager avec un public encore plus large nos découvertes autour de cet instrument, et de montrer la richesse et la diversité des activités du conservatoire...
Par Claude Nadeau,
mardi 18 novembre 2008 à 09:55 ::Concerts
Samedi 22 et dimanche 23 novembre, j'aurai le plaisir de jouer avec l'Orchestre de Chambre de Vannes (photo ci-contre : en répétition!), pour deux concerts :
Bach : Suite en si pour flûte et orchestre ; soliste : Luc Perus ; Beethoven : Symphonie n° 3 en mi bémol majeur, la «Symphonie Héroïque ». Direction : Stéphane Charles. Denise Caro, violon solo.
Samedi 22 novembre à 20h30 à l’église St. Patern et dimanche 23 novembre à 17h30 à l’église St. Vincent Ferrier.
Tarifs: 10€ ; groupes: 7€; étudiants: 4€ (gratuit pour les élèves du Conservatoire de -18 ans). En vente à la Librairie Cheminant 02 97 42 74 11 et à St. Vincent Ferrier 02 97 63 22 03
Par Claude Nadeau,
lundi 27 octobre 2008 à 19:49 ::Un peu de tout
"Le clavecin raconté..." par la claveciniste Claude Nadeau
Instrument ancien et pourtant relativement méconnu, le clavecin est riche d'une histoire qui continue de s'écrire.
La claveciniste Claude Nadeau, accueillie à Vannes depuis janvier 2008 dans le cadre d'une "Résidence artistique", nous raconte l'histoire d'un instrument fragile et chatoyant, qu'elle aime d'amour et dont elle parle avec passion.
Comment ça marche ? D'où vient-il ? Comment l'accorder ? Que peut-il jouer ?...
De la fin du moyen âge à l'Europe des Lumières, de la cour de Versailles aux chansons des Doors ou de Jacques Brel en passant par les compositeurs bretons du XVIIIe siècle, Claude Nadeau nous entraîne, avec des extraits musicaux enregistrés et supports photographiques,
dans l'épopée d'un instrument fascinant qui n'a pas fini de nous dévoiler ses secrets.
Jeudi 6 novembre 2008 à 17 h 30
Université de Bretagne-Sud
Pôle de Formations Sanitaires et Sociales
Amphithéâtre Germaine Tillion
7 rue des montagnes
56100 Lorient
Pari réussi pour l'équipe de Webnoz ! L'émission de jeudi dernier autour du clavecin, avec des morceaux interprétés en direct et devant le public, dans un café branché à Vannes et en breton a été un énorme succès : elle a récolté la meilleure audience de l'émission depuis sa création et la deuxième meilleure audience de la jeune chaîne, diffusée exclusivement sur internet (WebTV Brezhoweb).
Si vous n'avez pas regardé jeudi soir l'émission Webnoz, animée par Lionel Buannic (photo) en direct du café A l'aise Breizh à Vannes, vous pouvez écouter l'émission en suivant ce lien :
Même si vous ne parlez pas breton, ne vous laissez pas impressionner par la langue utilisée dans ce talk-show : après tout, la musique n'a pas besoin d'être traduite... On m'entend interpréter en public la Sarabande en ré mineur de Handel (1733), que vous reconnaîtrez sûrement car c'était le thème du film Barry Lindon, puis trois mouvements d'une suite française d'un compositeur vannetais (1735), ensuite le Prélude en do majeur du premier livre du Clavier bien tempéré de Bach (1722), une improvisation sur une mélodie bretonne traditionnelle, "An hini a garan", c'est une chanson d'amour... enfin en générique de fin, l'Andro (une danse bretonne) de la Suite vannetaise de Yves Ribis, un morceau pour clavecin électronifié avec boucleur composé pour moi ;-) par Yves Ribis.
Ma première intervention parle de l'instrument lui-même, et de mon parcours de musicienne ; la seconde, en compagnie de Bernez Gestin, fait le parallèle entre la musique baroque et ce qui se passait à ce moment dans l'histoire de Bretagne, la troisième intervention comprend un micro-trottoir avec des collégiens ("Aimez-vous la musique classique?") et un échange avec le public. Parmi les autres invités, le groupe Houarnaj (guitare-saxophone), ainsi que des personnalités de la vie vannetaise et bretonne.
Je remercie l'animateur Lionel Buannic et toute son équipe de professionnels, et je tiens également à remercier le designer de haute couture Christophe Le Bo, qui m'a habillée pour cette émission. J'adore le travail de ce créateur, qui a déjà la réputation d'être "le couturier des stars"! Le baroque et l'un des thèmes favoris de ses collections, et d'ailleurs vous remarquerez la correspondance entre les motifs "baroques" de ma veste et le décor du clavecin...
Par Claude Nadeau,
mercredi 10 septembre 2008 à 19:17 ::Actualités
On m'a sollicitée pour intervenir à l'antenne de France Musique sur un sujet peu commun et un tantinet provocateur : le dopage dans la musique classique. Sujet d'actualité cet été avec le Tour de France et les Jeux Olympiques, le "dopage" est-il l'apanage des sportifs? Est-ce qu'il y a du dopage en musique classique? J'avais déjà rédigé l'été dernier un billet sur mon blog à ce sujet...
C'est aussi l'occasion de parler du métier de musicien classique, un métier qui finalement présente plusieurs points communs avec celui de sportif professionnel. Je ferai donc une petite intervention (3 min) vendredi 12 septembre entre 18h et 19h30 dans l'émission Le Magazine de France Musique, animée par Lionel Esparza, avec la collaboration d'Emilie Munera (photo), diffusée en direct de La Roche-Posay. Où que vous soyez autour du monde, vous pouvez aussi l'écouter en direct et jusqu'à cinq jours après sa diffusion sur le site internet de Radio France
Les auditeurs de cette émission découvriront peut-être enfin le secret de mon énergie... ou la recette de la potion magique? ;-)
"Une première en France : du clavecin,
en direct, en prime time… sur internet !
"La claveciniste Claude Nadeau, Artiste en Résidence à Vannes, sera l’invitée principale de
l’émission WebNoz, le jeudi 18 septembre à 20 h 30, depuis « À l’aise Breizh Café », dans le
cadre du festival Gwened e Breizh.
Elle évoquera son amour pour la musique classique et la musique bretonne, et interprétera plusieurs
morceaux en direct et en public.
Claude Nadeau est une jeune artiste d’origine québecoise. Elle réside aujourd’hui en France
où elle mène une carrière active de claveciniste professionnelle. « Tombée en amour » de
la Bretagne,
elle y mène un travail de recherche sur la musique
baroque
en Bretagne.
Polyglotte,
elle parle couramment français, anglais et breton !
WebNoz est un talk-show mensuel en langue bretonne, entièrement réalisé en direct et en
public, depuis décembre 2006. Il est diffusé sur deux WebTV : brezhoweb.com et armortv.fr.
WebNoz aborde, chaque mois, des thèmes de société et invite des artistes
à s’exprimer
en direct.
Inviter une artiste « classique » dans un talk-show
en breton,
dans un café « branché » est un pari, et un nouvelle preuve de la
créativité
de WebNoz et de la capacité
à prendre des risques sur Internet.
L’émission, après sa diffusion en direct, restera en ligne pendant un an.
Brezhoweb est la première WebTv 100% en langue bretonne. Elle propose 35 heures de programmes
frais
par an : talk-shows, dessins animés, sitcoms, films… Brezhoweb est soutenue par la Région Bretagne
et
les Conseils Généraux du Finistère, des Côtes-d’Armor et du Morbihan.
Cette émission en direct de Vannes bénéficiera également du soutien de la ville de Vannes."Télécharger le communiqué de presse (.pdf)
Par Claude Nadeau,
lundi 21 juillet 2008 à 16:18 ::Concerts
Première vidéo du concert: (4 min)
Quelven. Claude Nadeau en concert jeudi - Article paru dans Le Télégramme
Depuis le 1er janvier et pour deux ans, Claude Nadeau est en résidence à Vannes. Jeudi, l’artiste donnera un concert à Quelven. Son petit accent qui perdure ne trompe pas, cette claveciniste est bien d’origine québécoise. Sa passion de la musique l’a menée en France, puis en Bretagne.
Au programme de ce concert :
Magnificat du Premier Ton (Livre d’orgue de Montréal), Deux chorals (J.-S. Bach), Salve Regina grégorien (chanté, sur le ton solennel), 2 Ricercar sur le Salve Regina (Manuscrit de l’Escurial), Lauda Sion (Arauxo), Kantig ar Baradoz - traditionnel « Le Paradis », extrait. « Huit chants de Bretagne » (Jean Langlais-1975), Deux Noëls, extrait du Premier livre (Claude Balbastre).
Dans le cadre des Fêtes du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, et de la venue du vieux-gréement breton Le Bélem, l'Union des bretons du Canada invite Claude Nadeau pour un récital intitulé "Musique bretonne au temps de la Nouvelle-France", en l'église Notre-Dame des Victoires dans le vieux-Québec le 4 juillet, et au Château Ramezay, à Montréal, le 10 juillet.
Au programme : trois suites pour clavecin du compositeur breton Jean-Odéo de Mars (1735), un 'chant de Bretagne' de Jean Langlais, la création mondiale d'une suite pour clavecin sur des danses bretonnes de Yves Ribis, dédiée à Claude Nadeau, création mondiale d'une oeuvre de Pierick Houdy dédiée à Claude Nadeau à l'occasion du 400e.
Le premier concert au Québec de Claude Nadeau depuis 10 ans. Naturalisée Française, elle revient au Québec spécialement pour deux concerts à l'occasion des Fêtes du 400e.
Claude Nadeau sera habillée par le designer de haute couture Christophe Le Bo (Paris), originaire de Bretagne.
Par Claude Nadeau,
mercredi 16 avril 2008 à 22:37 ::Vannes - Gwened
Ce matin à 9h15, le téléphone sonne; au Service Culturel de la Ville de Vannes, on vient d'avoir une idée géniale : et si, pour la grande soirée de gala d'inauguration du Festival International de Photo de mer, on faisait un concert baroque?
Ce Festival est événement d'envergure, qui regroupe plusieurs des grands noms de la photographie : Philip Plisson, Marc Riboud, Hélène David... Après tout, je suis Artiste en Résidence à Vannes, c'est fantastique d'avoir le privilège de participer aux activités les plus marquantes de la ville, et cela affirme ma présence dans la Cité des Vénètes... Oui mais voilà : la soirée en question, c'est samedi prochain!
Monter un concert baroque en trois jours? c'est une blague? ou un défi? "Donnez-moi la journée pour y réfléchir". Et surtout pour voir qui serait disponible, au pied levé, pour jouer avec moi à cette occasion, en pleines vacances scolaires... Certes c'est un peu tard pour avoir l'idée de monter un concert ; mais l'essentiel n'est-il pas qu'on l'ait eue, cette idée? Et en milieu d'après-midi, fière comme Artaban, je rappelle la Mairie : "Pari tenu!" - ce sera un concert violon baroque, violoncelle baroque et clavecin !
En gros, nous avons deux jours pour monter ce concert, qui se tiendra dans l'Hôtel de Limur, magnifique hôtel particulier au coeur de Vannes, en présence des élus, des médias (Paris Match, Vogue...), des sponsors et d'invités choisis.
Mes deux complices seront Pierre-Éric Nimylowycz au violon baroque, et Claire Gratton au violoncelle baroque. Quant à moi, j'apporterai avec mon clavecin une touche de pétillance à cette eau de mer... à moins qu'il ne s'agisse d'un baiser salé?
J'ai commencé à travailler avec Sabine Argaut et les chanteuses du Conservatoire pour cet événement, et je dois vous dire que j'ai été stupéfiée par la beauté des voix et par le talent des jeunes musiciens avec qui j'ai le bonheur de travailler. Tout est donc réuni afin que cette Semaine de la voix soit vraiment un événement exceptionnel, où j'espère vous voir nombreux.
Par Claude Nadeau,
vendredi 28 mars 2008 à 10:49 ::Un peu de tout
On m'a demandé l'utilisation de ma musique au clavecin pour le site d'une exposition de peinture consacrée au Marquis de Sade.
En effet, quel instrument mieux que le clavecin peut faire pénétrer le visiteur dans l'univers du Divin Marquis?... Rendez-vous sur la page d'accueil www.expo-sade-lavalle.com, et attendez que les tableaux apparaissent...
Présentation de la Galerie: Après l’exposition « L’enfer de la BNF », l’exposition au centre culturel Barbican de Londres, retraçant 2000 ans de représentation de la sexualité dans l’art , « Sade ou le théâtre des fous » interprété par Marie-Claude Pietragalla, « Le Bleu du Ciel » qui a réuni les œuvres de Sade, Bataille et Noël à la Maison de la poésie…
A deux pas de la chapelle de Matisse à Vence et de la Fondation Maeght, Marc Lavalle expose du 30 mai au 29 juin 2008, à la chapelle St Jean-Baptiste, dans le village de Saint Jeannet, une série de 120 œuvres inspirées des 120 journées de Sodome du Marquis de Sade et des gravures illustrant une correspondance du divin Marquis et de Madame de Sade.
Par Claude Nadeau,
mercredi 26 mars 2008 à 07:04 ::Vannes - Gwened
"Mardi 26 janvier. Claude Nadeau
et moi avons rendez-vous sur
le quai de la gare de Rennes. Je suis
accueilli par un Degemer mat e
Roazhon… [bienvenue à Rennes] On sent qu’elle est ici
chez elle, comme dans beaucoup
d’autres endroits sûrement ! C’est la
première fois que je rencontre Claude
« en vrai », malgré sa forte présence
sur Internet, notamment sur
Facebook ou sur son blog. Claude
Nadeau a déjà été l’invitée du Peuple
breton en octobre 2004. Elle me
l’avait promis : Un devezh gant Claude
Nadeau a grog da 7 eur vintin hag
a echuiñ da 2 eur noz ! [une journée avec Claude Nadeau débute à 7h du matin et se termine à 2h dans la nuit] Bref, d’emblée
elle dégage une énergie immense
et une réelle présence, qu’elle
semble mettre au service de sa
passion pour la musique et la langue
bretonne..."
Bonne Journée Internationale de la Femme à toutes! Et à tous, car vive les hommes qui aiment les femmes qui en veulent et qui réussissent...
C'est un signe : c'est aujourd'hui que paraît mon entrevue sur le site "Interdit aux hommes", un site qui a eu ce midi les honneurs du journal de Claire Chazal sur TF1. Cette entrevue fait le parallèle entre mon métier de musicienne et ma vie de blogueuse. Lire l'entrevue
J'en vois déjà qui haussent les épaules à l'idée de la Journée de la Femme : "ouais, bon, mais moi je ne suis pas féministe"...
OK d'accord, admettons. Mais vous trouvez normal qu'en France, aujourd'hui, une certaine catégorie d'être humains soit moins bien payée que l'autre? A compétences égales, les femmes sont 19% moins bien payées que les hommes. Et regardez autour de vous : une femme sur 3 a subi ou subira des violences physiques ou sexuelles. Si si, juste à côté de vous, votre mère, votre soeur, votre collègue, votre secrétaire, votre patronne... une sur trois. Et certaines en meurent. Pas en Afrique : en France. Peut-être à côté de chez vous.
Dans le monde de la musique, c'est difficile de mesurer la descrimination salariale ou d'embauche, car tout est tellement subjectif dans un monde où il faut jouer des coudes pour faire sa place. Mais une chose est certaine : la plupart des orchestres comptent un nombre d'hommes bien supérieur aux femmes, surtout dans les postes les plus prestigieux (chef de pupitre, premier violon...). Et combien de femmes chef d'orchestre? OUI, c'est BEAUCOUP plus difficile de diriger quand on est une femme. Et lorsqu'un jeune musicien obtient une belle nomination, on dit que c'est grâce à son talent ; lorsque c'est une jeune musicienne, on dira, bien sûr, que c'est parce qu'elle a couché... et non pas grâce à son travail. Ne riez pas, j'en ai fait personnellement l'expérience récemment... Labour 'zo, me lâr deoc'h, memes e Breizh!
Différents et complémentaires : la société a besoin des deux, hommes et femmes. Donc oui, je suis féministe, et j'aimerais que davantage d'hommes se déclarent féministes à leur tour : comme on peut être Blanc et anti-raciste, comme on peut être hétéro et combattre l'homophobie, ou toutes les formes d'exclusion, je pense qu'être féministe est une position qui honore l'homme. Et puis, comme dans la chanson de Michel Sardou "Etre femme" (paroles), entre nous messieurs, quoi de plus sexy qu'une femme intelligente, forte et volontaire, à la fois qui assume pleinement sa féminité et qui prend la vie à bras-le-corps pour faire changer la société?
Enregistrement hier d'une entrevue pour France Info : je serai l'invitée de Jean-Patrick Boutet dans sa chronique "Une vie, des idées", qui sera diffusée à l'antenne de France Info mardi 4 mars à 6h27, 14h21 et 21h19.
"Chaque jour un exemple de réussite individuelle ou associative pour découvrir ceux qui font bouger les choses et contribuent à construire la nouvelle société", voilà comment Radio-France présente cette chronique animée par Jean-Patrick Boutet, qu'on présente comme "un découvreur : régions, patrimoine et talents nouveaux..."
Par Claude Nadeau,
lundi 25 février 2008 à 22:13 ::Concerts
Encore une grosse semaine qui s'achève, avec mardi toute la journée une animation scolaire à Marly le Roi et vendredi un concert-conférence à Mantes la Jolie.
Difficile d'intéresser huit classes de 5e aux merveilles des instruments anciens, surtout quelques jours seulement avant les vacances! Mardi en effet, j'ai effectué une animation à la médiathèque du Collège Louis Lumière à Marly, et j'ai été étonnée de l'attention des élèves pour mes propos sur les siècles passés et les instruments anciens : j'avais peur qu'à l'époque du iPod nano, des SMS et de l'internet, tout cela leur paraisse complètement décalé... mais j'ai trouvé un public attentif, bien que pas du tout conquis d'avance, auquel sont venus s'ajouter en après-midi quelques adultes du Collège, qui s'étaient apparemment donné le mot! A la fin de la période allouée à chaque classe, j'ai posé aux élèves la question : selon vous, est-ce que les gens des siècles passés étaient moins évolués que nous, plus évolués que nous ou comme nous, et pourquoi? Eh bien, j'ai été agréablement surprise par la qualité et l'argumentation de plusieurs réponses...!
Vendredi, je donnais un concert-conférence à Mantes la Jolie sur la reconstitution des instruments anciens : défis et travail de détective pour les musiciens qui cherchent à faire une interprétation "historiquement documentée". Dans la très belle salle art déco du Musée Duhamel, où logeait l'Ecole de musique avant d'emménager dans son nouvel écrin, tout beau et tout moderne, j'ai partagé mes questionnements, mon travail avec des luthiers, et les défis que me pose au quotidien le désir de jouer la musique ancienne sur les instruments pour lesquels elle a été écrite. Pour cette soirée, j'ai eu l'immense privilège, devant rentrer tard sur Paris, d'avoir été véhiculée par le chauffeur de la Mairie. Ce n'est pas tous les jours que les musiciens ont droit à autant d'égards!
Bien que rien ne l'obligeait à passer la soirée avec nous et qu'il ne nourrit aucun intérêt particulier pour la musique ancienne, le chauffeur est resté pour tout le concert-conférence, et m'a dit à la fin à quel point il avait sincèrement apprécié. C'est, de toute la soirée, le compliment qui m'a le plus touchée : certes, le public aussi était ravi, mais si vous voulez, le public était venu expressément pour cela, ils étaient venus parce qu'ils avaient envie d'entendre cela, ils étaient, sinon conquis d'avance, du moins favorablement disposés. Le chauffeur, non. Et d'avoir réussi à l'intéresser à un sujet qui a priori pourrait sembler pointu ou a priori inacessible au commun des mortels, d'avoir capté son intérêt et même suscité son appréciation sincère furent pour moi le plus beau défi relevé.
Je ne me rends compte à quel point je dépense de l'énergie, physiquement, lorsque je joue de la musique ou lorsque j'en parle, que par l'appétit d'ogresse que j'ai au sortir de mes concerts ou animations : mardi soir je me suis ruée sur une choucroute, vendredi sur une fondue montagnarde! D'ailleurs, dans le rituel qui entoure l'événement concert pour des musiciens, la bonne bière qui suit le concert, le bon repas avec les collègues et les amis sont des moments indispensables et ô combien précieux!
Donc samedi, repos bien mérité après cette bonne semaine et la semaine dernière où j'avais pris le TGV tous les jours (Aix, Toulouse pour les Victoires de la musique classique, Paris, Vannes pour The Fairy Queen...). Enfin le temps de s'occuper de soi, de sa cuisine, de bouquiner... de se faire des smoothies! - même si l'usage de ce mot me gêne : qu'est-ce qu'on pourrait bien trouver d'ingénieux et de français pour désigner ce breuvage? Allez, vous allez m'aider, on va lancer une mode! Euh... Onctufruits? Fruits fluides? Délice onctueux non délictueux?... Allez, tempête d'idées dans les commentaires! Et donc, entre deux [smoothies], jouer du clavecin pour le plaisir! On revient toujours à ses premières amours.
Plaisir retrouvé de jouer le Clavier bien tempéré, qui m'a accompagnée toute ma vie, comme il accompagne la plupart des instrumentistes à clavier d'ailleurs. Pour l'avoir joué au piano, lorsqu'au Collège j'étais l'élève appliquée de Soeur Aline; pour l'avoir joué à l'orgue, lorsqu'en paroisse j'avais un instant à illuminer; et pour l'avoir joué au clavecin, j'avoue que c'est encore au clavecin que j'y prends le plus de plaisir. Sans doute parce que c'est l'instrument dans lequel je m'épanouis le plus, mais aussi pour des questions d'accord.
D'ailleurs, samedi j'ai pris la peine de bien refaire un beau Kirnberger (c'est un tempérament baroque) bien juste, pile poil, avant de me lancer dans le dialogue des préludes et fugues. C'est certainement pour cela que c'est encore au clavecin, qu'on peut accorder au plus juste, que cette oeuvre est la mieux servie : Clavier bien tempéré, cela ne veut pas dire joué avec un tempérament égal. Cela veut dire que chacun des 24 préludes et fugues, un couple dans chaque tonalité majeure et mineure, possède une couleur et une sonorité différentes. Avec un vrai tempérament inégal, on mesure mieux la luminosité vibrante d'un do majeur, et on comprend pourquoi c'est en si bémol mineur (que sur les touches noires! enfin, blanches sur un clavier de clavecin...) que Bach a choisi d'écrire la terrible fugue à cinq voix du Premier livre. Le lire en entier, du début à la fin, passer à travers les souvenirs de jeunesse, et les préludes et fugues juste lus qu'il faudrait bien travailler sérieusement un jour, a rempli de bonheur ma journée de samedi. Et puis, on termine avec la Toccata en mi mineur que j'ai entendue cette semaine dans le film "De battre mon coeur s'est arrêté", avec le beau Romain Duris, autrement plus fougueuse que le Clavier si bien tempéré et si mesuré... Quel exercice pour les doigts. Et comme cela fait du bien de replonger dans cette musique et d'en goûter les châtoiements! C'est justement dans ces moments-là que, comme dans le film, de battre, mon coeur s'emballe...
Mes recettes des smoothies (en référence au premier livre du Clavecin bien tempéré)
Smoothies en do mineur
- Une banane bien mûre
- 1/2 mangue
- 1 kiwi
- gingembre frais râpé
Smoothies en ré majeur
- Jus d'orange
- jus d'1/2 citron vert
- lait de soja ou de riz
- feuilles de sauge fraîche
Par Claude Nadeau,
vendredi 15 février 2008 à 09:13 ::Actualités
C'est à Toulouse que se sont tenues les 15e Victoires de la musique classique, dans la très belle Halle aux Grains. L'occasion d'entendre le fabuleux Orchestre du Capitole de Toulouse, dans une très belle forme, et de retrouver certains amis musiciens... L'occasion de souligner également, comme l'a fait l'un des membres de l'Orchestre à qui il était remis un trophée d'honneur, que la musique et plus largement la culture sont essentiels dans notre société : oui ça coûte cher, et pourtant ce n'est pas un luxe. Au moment où frémissent tous les acteurs du secteur de la culture, télévision et radio publique en tête, de la diminution programmée de leurs budgets et du désengagement de l'Etat, il était bon de rappeler à quel point tout cela est essentiel. Et je vous avoue que ce qui m'a frappée hier soir, c'est le nombre de personnes qui travaillent autour d'un tel spectacle : sur scène mais aussi en coulisses et en régie. La culture coûte cher, certes, mais elle crée aussi énormément d'emplois... Et puis, que diable! elle sert à mieux vivre.
Mon favori, le claveciniste Benjamin Allard, n'a pas remporté de trophée, même s'il s'est hissé parmi les finalistes. Dommage, pour une fois qu'un instrument autre que le piano, le violon et le violoncelle (et encore) réussisse à se tailler une petite place dans les palmarès... J'ai été étonnée d'ailleurs que deux ou trois lauréats n'aient même pas pris la peine de se déplacer pour venir chercher leur Victoire : certes ils ont des agendas chargés, mais imaginerait-on l'équipe d'un film ne pas venir chercher son prix à Cannes?
Très belle soirée donc, et très beau spectacle : enfin de la musique classique diffusée aux heures de grande écoute (je déteste l'anglicisme "prime time", même s'il me fait penser à "prima donna"...), et avec la qualité au rendez-vous. Et quelle qualité, quand je repense aux musiciens que nous avons entendus: Les Saqueboutiers, Les Elements, Jean-François Zygel, Eugevni Kissine... Comme quoi, pas besoin de vendre son âme au diable, pas besoin de niveler par le bas pour plaire au plus grand nombre. Même si la question est : comment fidéliser les personnes qui regardent les Victoires de la musique classique tous les ans mais qui ne franchissent pas le pas d'aller au concert? Quand on pense que 3% seulement de la population "consomme" des produits culturels classiques (disques, concerts, etc), on peut se demander comment aller chercher les autres 97%... Réelle réflexion que doivent avoir tous ceux qui travaillent dans ce domaine! Et en tout cas sujet de discussion avec Nelson Monfort et Jean-François Daraud, qui m'entourent sur cette photo. Nelson Monfort, je ne vous le présente plus ; quant à Jean-François Daraud (visitez son blog), c'est l'un des candidats à la Mairie de Carcassonne, à qui nous souhaitons plus de succès et moins de galères qu'à son personnage Monsieur Scoumoune !
Par Claude Nadeau,
lundi 11 février 2008 à 23:09 ::Un peu de tout
Pendant quatre jours, j'ai cru devenir sourde. C'est particulièrement flippant pour une musicienne de perdre l'ouïe, et je ne vous cache pas que j'ai eu des moments de réelle panique en me levant un matin pour me rendre compte que je n'entendais presque plus de l'oreille gauche. Ignorant la cause du mal subit, j'avoue que j'ai eu un mouvement d'effroi, car on redoute toujours immodérément de perdre ce ou ceux qu'on aime le plus. Et cette peur est directement proportionnelle à l'attachement que l'on porte à l'objet de notre amour : et si, du jour au lendemain, je perdais l'audition?
Je suis sourde, je vie au pays des esgourdes
Lasses, Lasse
Dans le silence où je me prélasse
Si tendrement, si calmement
A l'abri des redites
Je respire, on m'évite...
chantait l'excellent groupe Paris combo. Michel Oudoul, dans son fameux livre "Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi", croit que la surdité, qu'elle soit due à une simple otite (comme dans mon cas, j'allais l'apprendre plus tard) ou à des facteurs plus graves, a pour cause le refus subconscient d'entendre. Il est vrai que cette demi-surdité, associée à l'hypersensibilité au bruit propre à ceux qui ont des troubles d'audition, m'a fait prendre conscience de plusieurs choses : d'abord que nous vivons dans une société extrêmement agressive par son côté bruyant. Les bruits de la rue, le train qui arrive en gare, la musique qui joue à tue-tête dans les boutiques, le son du portable réglé au maximum... tout agresse. Et on ne s'en rend pas compte. Nous sommes comme les grenouilles dont on dit qu'on peut lors d'une expérience chauffer l'eau de leur bocal et augmenter sa température considérablement sans que les grenouilles ne réagissent, jusqu'au point limite où elles meurent. Ainsi dans notre monde le niveau de son augmentera-il jusqu'au jour où ce sera vraiment assez?
Tous les palabres, les palabres en cascade
Silence, silence, silence !
Tous les discours, Les discours de chasse à courre
Silence, silence, silence !
Alors tous les faussaires Les faussaires du glossaire
Silence, silence, silence !
Les érudits Qui nous l'ont déjà dit
Silence, silence, silence !
Surdité inquiétante mais ô combien protectrice ; malgré l'angoisse, combien il fut doux de m'enfermer dans mon silence, de ne plus entendre tous les bruits parasites, les importuns, les conversations vides... il me suffisait de fermer les yeux pour cesser de lire sur les lèvres, de ne plus regarder quelqu'un pour ne plus l'entendre. Silence. Et seulement toutes ces musiques qui dansent dans ma tête, mes musiques. Et ce geste intime aussi de me rapprocher physiquement de quelqu'un qui tient une conversation qui m'intéresse vraiment, sous prétexte de vouloir mieux l'entendre...
Dans le silence où je me prélasse
Si tendrement
J'attend le moment
L'instant sans pareil
Où je prête une oreille...
Las! Il faut bien voir et entendre le bon côté des choses. La vérité c'est qu'avec un instrument qui possède la finesse du clavecin, j'ai besoin urgemment de recouvrer une ouïe à 100% le plus rapidement possible! Mais comment faire quand il faut une éternité pour obtenir un rendez-vous chez l'ORL malgré la recommandation "urgente" du médecin de famille? Heureusement, un ami m'a suggéré d'aller au centre de santé d'Audiens, la caisse de santé et de retraite des professions du spectacle. Au bout du fil, dès que j'ai mentionné, pour obtenir un rendez-vous avec un ORL, que j'étais musicienne, on n'a fait ni une ni deux : présentez-vous immédiatement, on va trouver un moyen de vous recevoir, tout de suite, à tout prix. OUF!
Cette incursion dans le monde des personnes malentendantes m'a appris beaucoup de choses. Il faut parfois être privé de quelque chose qui nous semble naturel et allant de soi pour en mesurer tout le prix...
Par Claude Nadeau,
lundi 4 février 2008 à 20:26 ::Vannes - Gwened
"Claveciniste de renom, Claude Nadeau, 32 ans, a posé ses valises à Vannes. Elle a carte blanche pour remuer le milieu culturel vannetais. Quitte à user d'un style atypique.
par Donovan POTIN - photo : Romain JOLY
Claude Nadeau, 32 ans, toutes ses dents... mais peut-être pas toute sa tête. Certains pourraient le penser. Cette claveciniste de renommée internationale dépote, défrise, déride, voire même dérange selon les goûts et les couleurs. Elle ne passe jamais inaperçue. (...) Un peu barrée, tendance musique baroque, ascendant rock star, le regard surligné d'un élégant petit chapeau brun, un sourire malin aux lèvres, Claude Nadeau a hâte de triturer la culture vannetaise et mettre les mains dans le cambouis."
Par Claude Nadeau,
jeudi 24 janvier 2008 à 13:34 ::Vannes - Gwened
Article de Lionel Buannic, paru aujourd'hui dans toutes les éditions du Télégramme Photo: François Destoc
Claude Nadeau : Galv ar glavisin
Brudet eo e Breizh rak he deus desket brezhoneg ha savet Diwan Pariz. Med brudet eo e bed ar sonerezh ivez, rak ur sonerez glavisin a-vicher eo. Dispar eo Claude Nadeau e meur a zoare.
Pa veze ar re all o seniñ gitar pe o selaou rock, e veze hi o seniñ ograoù, bemdez, er skolaj, diouzh ar mintin, a-raok an oferenn 'bred. « Toud an dud, er familh, a oa sonerien.Kavet hon eus dielloù : gwir eo abaoe kantvedoù! Ma zad kozh a oa mestr-laz-kanañ er barrez. Kan gregorian a veze bemdez er ger. Donezonet e oa ma mamm ivez. Tud o chom war er maez e oant, e Bro Gaspesie, e Bro Gebek. Ar re a blije dezho ar sonerezh, d'ar mare-se, n'o doa nemet un dra d'ober : mont da ganañ pe da seniñ e-barzh an iliz. Ar memes tra e oa bet evidon. E Montreal o oan o chom. Ar sonerezh "ansian" a blije din. Ha gant ar seurezed em boa kroget seniñ piano ». Hag ograoù. Ha klavisin. Hag eo deuet brav ganti. Pevar bloavezh e-barzh skol-veur Montréal. Un diplom early music. « Morse n'em eus soñjet ober un dra bennak all. ».
Aesoc'h e Pariz
Ur vro nevez eo ar C'hebek. Ha n'eo ket sot an dud, du-hont, gant ar sonerezh klasel. « N'eus ket kalz a dud o vevañ diwar er sonerezh-se e Kanada.». Ha ret e oa dezhi choaz. Mont da Londrez, bro ar sonerezh barok, pe mont da Bariz. Re ger ar vuhez e Londrez. Kenkoulz mont d'ar Frañs. Resevet e oa bet Claude Nadeau en ur c'honservatoire e Bro Bariz. Priz kentañ ar glavisin he doa tapet ur bloavezh gloude. Soñjet em boa e vije bet aesoc'h amañ, met debret en deus bara du. Ur publik a zo evit ar sonerezh klasel ha pik echu. Ur publik all a zo evit ar rock, unan all evit ar jazz... Diaes eo sachañ tud nevez. Met deuet on a-benn da vevañ diwar ar vicher-se. Seniñ a ra e pep lec'h: en Opera Bastille, Marseille, Aix... E Bro- Japan a oa n'eus ket pell zo...
"An dud ne anavezont ket mat er glavisin. Soñjal a ra dezho eo evit ar re cheuc'h. N'ouzont ket ez eus moaien d'ober tango pe sonerezh a-vremañ gant ar glavisin. Ma fal eo mont da welet an dud-se."
Tud all eo deuet da welet Claude Nadeau : ar Vretoned ! E Pariz he deus kejet gant Breizh. Desket hor yezh. Ha deuet eo a-benn da gaout un doare da labourat e Breizh, e galleg hag e brezhoneg, e bed ar sonerezh. Pedet eo bet gant ti-ker Gwened da zont e « résidence » e-pad daou vloaz.
Daou vloaz e Gwened
« Muioc'h mui a dud a vez plijet gant ar sonerezh klasel e Bro Gwened. Emaon o vont da glask sevel ur strollad laz-seniñ barok. Ur "gartenn wenn" am eus bet ! Mont a rin da furchal e-barzh dielloù ar vro, da glask petra a veze sonet e Gwened, da vare ar barok, etre 1600 ha 1750. Dielloù a zo en eskopti. Mont a ran, ivez, da ijinañ traoù da sachañ ur publik nevez, doareoù nevez da ginnig sonerezh klasel d'an dud. Soñjet em eus sevel un devezh "Clavecin en libre service". Pedet e vefe toud an dud da zont da welet ar benveg, da selaou sonerezh, da douchañ ar glavisin... Mont a ran da labourat gant ar skolioù ivez. Ha gouest e vin da labourat e brezhoneg, evel just ! »
Pebezh kejadenn, memestra. Kejet he deus Claude Nadeau gant muzik hor yezh. Deomp-ni, bremañ, da gejañ yezh he muzik.
Lionel BUANNIC
Claude Nadeau : L'appel du clavecin
Elle est connue en Bretagne pour avoir appris le breton et avoir créé Diwan Paris. Mais elle est connue dans le monde de la musique aussi, pour être claveciniste de métier. Claude Nadeau est exceptionnelle à plus d'un titre.
Quand les autres jouaient de la guitare ou écoutaient du rock, elle jouait de l'orgue tous les matins à la messe au collège. « Tout le monde dans ma famille jouait de la musique. Nous avons fouillé les archives : c'est vrai depuis des siècles! Mon grand-père était chantre à la paroisse. Il y avait du chant grégorien tous les jours à la maison. Ma mère chantait aussi. C'étaient des gens de la campagne, en Gaspésie, au Québec. Les gens qui aimaient la musique, à cette époque, n'avaient d'autre possibilité que de chanter ou jouer à l'église. J'ai fait la même chose qu'eux. J'habitais Montréal. J'aimais la musique ancienne. Et j'ai commencé le piano chez les soeurs. » Puis l'orgue. Puis le clavecin. Et ça lui a réussi. Quatre ans à l'université à Montréal. Un diplôme en Early Music. « Je n'ai jamais imaginé faire autre chose ».
Plus facile à Paris
Le Québec est un pays neuf, et les gens, là-bas, ne sont pas fous de musique ancienne. « Il n'y a pas énormément de gens qui en vivent, au Canada ». Et il lui a fallu choisir. Aller à Londres, capitale de la musique baroque, ou aller à Paris. La vie était trop chère à Londres, plutôt aller en France. Claude Nadeau est acceptée dans un conservatoire à Paris. Un an plus tard, elle décroche un premier prix de clavecin. Elle qui pensait que ce serait plus facile ici, elle a quand même eu des moments difficiles. Il y a un public pour la musique classique qui est très fermé. Un public pour le rock, un pour le jazz... Difficile d'élargir. Mais elle est arrivée à vivre de ce métier. Elle joue partout : à l'Opéra Bastille, Marseille, Aix... Au Japon même récemment...
« Les gens ne connaissent pas bien le clavecin. Ils croient que c'est un instrument de bourgeois. Ils n'imaginent pas qu'on peut jouer des tangos ou des musiques actuelles au clavecin. Mon but est d'aller vers ces gens. »
D'autres gens sont venus vers Claude Nadeau : les Bretons! C'est à Paris qu'elle a rencontré la Bretagne. Appris notre langue. Et fini par trouver un moyen de travailler en Bretagne, en français et en breton, dans le monde de la musique : elle a été invitée par la Mairie de Vannes à venir en « Résidence artistique » pour deux ans.
Deux ans à Vannes « De plus en plus de gens sont demandeurs de musique classique à Vannes. Nous allons essayer de monter un groupe de musique baroque. C'est un peu une « carte blanche »! Nous allons chercher dans les archives que jouait-on à Vannes à l'époque baroque, entre 1600 et 1750. Il y a des archives au diocèse. Je vais aussi essayer d'imaginer des façons d'attirer un public nouveau, des nouvelles façons de présenter la musique classique aux gens. J'aimerais faire une journée « Clavecin en libre-service » pour que les gens puissent venir voir l'insturment, le toucher, l'écouter... Je vais travailler avec les scolaires également. Et je pourrai le faire en français mais aussi en breton, bien sûr! »
Quelle rencontre, quand même. Claude Nadeau est venue à la rencontre de la musique de notre langue. A nous maintenant d'aller découvrir le langage de sa musique.
C'est l'époque des agapes, aussi voici mes voeux de saison! Cliquez sur le gui pour visionner ma carte de voeux, aussi accessible à cette adresse : http://www.claudenadeau.net/voeux2008.html
Il est possible que vous deviez activer un contrôle ActiveX car ma carte est en Flash
La musique qu'on m'entend jouer en arrière-plan est une gigue d'un composieur baroque breton du XVIIIe siècle... la suite bientôt à Vannes!
Par Claude Nadeau,
vendredi 28 décembre 2007 à 22:09 ::Un peu de tout
Certes je ne fais pas partie des intellectuels bien-pensants (Dieu m'en préserve! et je chéris d'ailleurs ma mal-pensance) qui brûlent en effigie la Star Académie au nom d'une certaine vision de la culture et de l'élitisme. Un jour, Patrick Le Lay (président de TF1) me disait, au cours d'un dîner, que personnellement il ne regardait pas la Star Académie et que c'était une émission qui ne l'intéressait pas du tout. Mais puisque ses téléspectateurs en redemandaient...
En revanche je me demande justement pourquoi cette émission a autant d'auditoire. Et surtout cela me pose des questions profondes : la Star Ac' est-elle une "fabrique de stars" ou une rampe de lancement pour des talents que personne ne connaît encore?
Certes dans la vie, et la vie musicale en particulier, il ne suffit pas d'avoir du talent pour réussir, et loin s'en faut. Si la Star Ac' est l'occasion de dénicher des gens qui bossent et qui méritent un public, alors d'accord. Mais on peut en douter : il est bien fini le temps où des producteurs écumaient les bars de province enfumés à la recherche d'un nouveau Bécaud ou d'une nouvelle Piaf. A l'époque du zapping, le public veut toujours plus de nouvelles têtes, bonnes ou mauvaises peu importe, comme le faisait observer Pascal Nègre (président d'Universal Music France) lors d'une entrevue au Parisien parue jeudi dernier. Les albums sont des feux de pailles où dansent les lueurs fugaces d'une gloire éphémère.
Mais surtout ce qui me chagrine, dans le phénomène Star Ac', c'est : est-ce que le public va vraiment le croire, quand on veut lui faire miroiter qu'il suffit de quelques semaines et de quelques "cours" pour fabriquer un artiste? Quel chanteur, quel comédien, quel interprète pourrait être dupe? Et d'ailleurs suffit-il de savoir danser et d'avoir un joli minois pour "percer"? Barbara, Aznavour, Barbara Streisand ou même Céline Dion auraient-ils réussi au test de la Star Académie?
L'exemple de Céline Dion est familier aux Québécois, nous qui la connaissons depuis "Une colombe", alors qu'elle était toute jeune. Tout dans sa vie a été orienté en fonction du développement de sa carrière, et pour paraphraser Padrig Al Lay (permettez-moi de dire son nom en breton! ça lui ferait plaisir), personnellement je n'écoute pas ses chansons à longueur de journée mais je suis admirative du travail : elle s'est donné les meilleurs professeurs, elle a trimé des années en chant, en danse, elle a su bien s'entourer et a tout investi dans sa musique. Son succès, elle le mérite. Tout autant que le pianiste ou le violoniste qui remplit la salle Pleyel et qui depuis l'âge de 5 ans consacre trois, quatre, dix heures par jour à son instrument.
Je zappe la Star Ac' et je me demande si je ne devrais pas arrêter la musique classique, finalement, et tenter ma chance à un show de télé-réalité bidon. Mais je persiste à croire que le travail finit toujours bien par payer.
Sur une autre chaîne, sur Arte en fait, le Cirque du Soleil présente son spectacle Kâ. Et en voyant tout ce déploiement sur scène d'artistes du spectacle vivant, et bien vivant d'ailleurs!, d'acrobates, de danseurs, de costumes, cet univers complètement magique et profondément onirique rythmé par des pyrotechnies et dont la musique originale réunit 57 musiciens et 40 chanteurs, je me demande si je ne suis pas en fait en train de regarder un spectacle complètement baroque. Baroque dans son essence : en opérant la réunion de tous ces arts de la scène, en faisant retrouver au mot saltimbanque toutes ses lettres de noblesse (saltimbanque, chez moi, est toujours un mot d'amour), est-ce que le Cirque du Soleil n'est pas en train de réinventer la Tragédie Lyrique, version baroque du "spectacle total", un opéra dantesque version XXIe siècle?
Je remarque qu'un contre-ténor, sur scène, participe au spectacle. Eh bien, je vais vous confier quelque chose, moi qui aime les beaux costumes et qui affirme souvent que mon 6e sens est le sens de la démesure : je rêve de jouer dans un spectacle comme celui-là. Un spectacle par lequel le mot baroque n'aurait plus le sens simplement historique de référence aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais se conjuguerait au présent. Et si c'était vraiment cela, l'esprit baroque?
"V'là l'bon temps d'en profiter
Ca arrive rien qu'une fois par année!"
proclame un refrain québécois. Eh bien justement : pourquoi est-ce que ça n'arrive qu'une fois par année qu'on :
- prenne le temps d'organiser un vrai repas de famille? en faisant la trève autour de tous les sujets qui fâchent, le temps de Noël...
- ait sous la main des vraix beaux produits pour cuisiner? les marchés fleurissent de denrées rares qu'on n'arrive pas à retrouver le reste de l'année même quand c'est la saison
- fasse des cadeaux aux gens qu'on aime? les centres commerciaux étaient bondés ces jours derniers, et sans vouloir tomber dans la démonisation de la société de consommation, en regardant ce foisonnement de gens se bousculer à la caisse je me demande quel est pour chacun d'eux le vrai sens de la fête de Noël
- aie une vraie belle messe, avec plein de chants, avec la chorale au complet, l'orgue, parfois des instruments, bref avec de la belle musique qui ose prendre le temps d'exister parce que pour une fois les fidèles ne vont pas regarder leur montre au moment de la communion en se disant que la messe a été longue cette fois-ci
- pourquoi, enfin, ça n'arrive qu'une fois par année qu'on ait ce "formidable élan de générosité envers les plus démunis" : on se donne bonne conscience en faisant un don à un organisme de charité à Noël, ou une cause quelconque, mais tous le reste de l'année la misère continue d'exister dans une relative indifférence générale
Autrefois dans les campagnes il y avait souvent à table "la place du pauvre". Et si aujourd'hui on osait prendre les somptueux restes du festin d'hier soir et inviter, oh allez! je ne dis pas le sdf dans la rue, je dis juste : la vieille dame du 3e; je dis juste : le copain fraîchement divorcé qui n'a pas la garde de ses enfants pour Noël et qui se morfond dans son coin ; je dis juste : les gens dans notre carnet d'adresses ou dans le répertoire de notre portable qui ont besoin d'amitié.
Donc c'était la première recette détox, la détox morale. Rassurez-vous je ne me fais pas donneuse de leçons, et je serais moi-même bien en peine de mettre tout cela en pratique. Mais en savourant à la lumière de mon sapin mon 2e café de Noël (avec cannelle, muscade, girofle et gingembre mélangée au café moulu dans le filtre), je me prends, en ce matin de Noël, à rêver d'un monde meilleur. Pas d'un monde idéal, je suis réaliste et je connais le genre humain, mais juste d'un monde un petit peu meilleur. On peut tous, aujourd'hui, passer un petit coup de fil à quelqu'un resté seul dans notre entourage.
Bon sinon, sur un ton plus culinaire, c'est le moment de se faire une bonne soupe de légumes pour compenser les excès de table... Celle que j'ai sur le feu contient : carottes, oignons, ail, chou blanc, navet, céleri, fenouil, poivron, brocoli, poireau, surtout pas de pommes de terre car ce sont des féculents, par contre des panais, un légume au goût délicat qu'on ne consomme plus beaucoup (son goût est entre la carotte et la patate douce), et bien sûr tous les aromates qui me tombent sous la main : feuilles de laurier, branches de romarin, thym, graines de coriandre et de fenouil, 5 baies de poivre (entier), et sel marin mais pas trop : on mange déjà beaucoup trop salé... On peut manger la soupe avec les morceaux de légumes, éventuellement moulinés, ou encore boire le bouillon seul (et on peut même ensuite rajouter de l'eau dans la marmite pour refaire le niveau afin de tirer le maximum des légumes)
Parmi les aliments à consommer sans modération après les repas sans modération, il y a le pamplemousse, pour éliminer les graisses ; le radis noir et l'artichaud, pour drainer le foie (on les trouve aussi en ampoules et en gélules en pharmacie) ; le romarin et le basilic, éventuellement en huiles essentielles, pour la digestion... Et au lever, rien ne remplace un demi-citron pressé dans de l'eau (et le moins de sucre ajouté possible) pour remettre les idées en place!
Il existe également en pharmacie des complexes minceur "détoxifiants", comme le fameux "4-3-2-1" qui fonctionne très bien, ou d'autre encore du même acabit qui allient l'action des plantes à celle du thé et parfois même de l'argile.
Et pour rester dans l'esprit des Fêtes, vous pouvez télécharger gratuitement quelques airs de saison (Alleluia du Messie de Handel, Noels bretons à l'orgue, Fantaisie "L'Hyver" de Telemann...) soit sur la page de téléchargements de mon site http://www.claudenadeau.net/mp3.html soit sur ma page "iLike" sur Facebook (et donc vous pouvez ajouter ma musique à votre profil): cliquez ici
Petit clin d'oeil en terminant : messe de minuit provençale à Salon de Provence
Par Claude Nadeau,
dimanche 23 décembre 2007 à 10:46 ::Actualités
La polémique enfle, faut-il oui ou non autoriser l'ouverture dominicale? En tant que musicienne et particulièrement en tant qu'organiste, j'aimerais participer au débat.
Oui mesdames et messieurs, c'est profondément injuste car voici des siècles que les églises sont ouvertes le dimanche et que les organistes travaillent dominicalement, sans être mieux payés et parfois même (souvent!) sans être payés du tout. Le premier des dix commandements de l'organiste n'est-il pas "Le dimanche tu travailleras, les jours de fête également"? Mais ce n'est pas là le seul sujet de récrimination, chers camarades.
Que dire en effet de l'emploi non-rémunéré des petits chanteurs dans les Maîtrises, martyrisés par leurs
grands méchants patrons, j'ai nommé les ignobles, les infâmes chefs de choeur, sans que personne ne crie au scandale pour l'exploitation éhontée des enfants.
Sans compter le job de prêtre, où on constate une discrimination évidente au niveau du recrutement, discrimination liée non seulement au sexe, mais aussi aux croyances religieuses!
Où va-t-on avec tout cela, je vous le demande.
PS: ceux qui n'ont pas d'humour, pas la peine de poster des commentaires incendiaires... ;-)
au boulot! accompagnement d'une messe, église St-Eustache, Paris
Par Claude Nadeau,
dimanche 16 décembre 2007 à 21:39 ::Actualités
Travail tout au long du week-end avec la vingtaine de choristes du Groupe Vocal de Nouaillé 1356, près de Poitiers. Cet ensemble s'est donné pour objectif de faire entendre la musique du Moyen Age à la fin de la Renaissance, particulièrement au cours de la journée médiévale organisée le dernier dimanche de juin à Nouaillé.
Tout au long de ce week-end, j'ai tenté d'apporter aux chanteurs, qui m'ont fait venir spécialement pour cette séance de travail, les outils qui leur permettront d'aller plus loin dans leur connaissance et dans leur interprétation "historiquement éclairée" de la musique médiévale chorale. Nouvelles idées de répertoire, nouvelles techniques de travail de la voix, nouvelles images mentales, avec pour centre de réflexion mon image du "corps-cathédrale" comme pivot de la technique vocale que j'enseigne, qui vise à chanter en utilisant la résonance naturelle de la voix, sans effort ni fatigue, nouveau regard sur la performance musicale dans une fête historique : j'ai jeté un tas de nouveaux ingrédients dans la marmite de ce groupe, et j'espère que ces choristes les laisseront mijoter afin d'en tirer, dans le futur, leur meilleure soupe!
C'est difficile d'arriver face à un nouveau groupe, dont on ne connaît ni l'histoire ni le cheminement, et d'avoir si peu de temps pour leur apporter quelque chose, que j'espère être "le meilleur de moi-même" pour reprendre l'expresison consacrée. Ca tient aussi un peu du "speed-dating" : on a très peu de temps pour convaincre, très peu de temps pour susciter l'adhésion des chanteurs et leur enthousiasme. Mais ce qui est le plus intéressant, pour moi, c'est l'échange, la véritable relation musicale. Certes le groupe en tant qu'entité et que moi en tant que musicienne nous avons des cheminements différents, et théoriquement, c'est moi qu'on fait venir pour apporter quelque chose au groupe ; mais le groupe m'apporte beaucoup aussi, et la magie ne peut survenir que si cet échange a lieu. Et puis, c'est formidable de repartir en se disant qu'en deux jours, on a quand même réussi à emmener un groupe d'un point A à un point B, et que la différence s'entendait vraiment!
J'ai donc beaucoup semé, et j'espère qu'un jour il me sera donné, dans quelques mois peut-être, d'entendre la moisson. Mais c'est aussi un peu une bouteille à la mer : je ne sais pas ce que les musiciens feront des outils que je leur ai donnés et de tout ce que j'ai pu partager avec eux. Rendez-vous le dernier dimanche de juin 2008 à Nouaillé pour le savoir!
Par Claude Nadeau,
samedi 15 décembre 2007 à 01:02 ::Concerts
Je suis allée ce soir au concert de Gustav Leonhardt à la Cité de la Musique : il jouait sur deux instruments historiques qui font partie de la collection permanente du Musée, le clavecin Jean-Henry Hemsch, que je n'avais jamais encore entendu en vrai mais que j'ai déjà joué en copie (mais attention! en excellente copie signée Marc Ducornet), et également un clavecin Ioannes Couchet de 1652, classé trésor national, et acquis par le Musée de la Musique avec l'aide de l'Etat en 2003.
Un clavecin, un simple clavecin, trésor national de la République Française? Ca fait du bien de savoir qu'un bel instrument de musique peut être considéré trésor national, en ces temps d'audimètre et de Star Académie.
Tiens au fait, on devrait faire une Baroque académie : on enferme des jeunes dans un château, on leur donne des cours intensifs de clavecin, ou d'un autre instrument d'ailleurs, des cours de danse baroque, des cours de rhétorique, de contrepoint, de basse continue, et après quelques semaines, hop! on voit qui le public va sacrer "nouvelle star de la musique classique". Ca marcherait, vous croyez? Ah bon, la musique ça demande quoi? Du travail, vous dites? Naaaaan, incroyable!
Bref! très beau concert ce soir, qui affichait complet depuis plusieurs semaines. Ce n'est que grâce à une amie que j'ai pu obtenir exceptionnellement une place, et encore! j'étais assise par terre, sur une marche. Ce qui me plaçait, littéralement, aux pieds du Maître... Et qui m'a permis de constater, avant qu'il n'attaque chacune des pièces, un léger tremblement de mains du claveciniste : comment? même quand on est Gustav Leonhardt, avec 180 enregistrements à son actif, le Maître incontesté, le demi-dieu du clavecin, voire le dieu tout entier, on a parfois le trac? Le Maître, du coup, m'est apparu tellement humain. Tellement proche. Et son regard bleu qui scrutait la foule applaudissante, cherchant un regard sympathique, s'attardant un instant sur le mien (mais peut-être n'est-ce qu'une illusion du fait d'avoir été au premier rang?) couplé à l'intense bonheur d'entendre ces instruments exceptionnels tantôt frémir et tantôt rock'et'rouler m'ont procuré un intense bonheur.
Il n'y a pas de musique ancienne. Toute musique ne peut être que profondément contemporaine, au-delà des codes de l'esthétisme, dès lors qu'elle procure une émotion aujourd'hui même. Ce fut le cas ce soir.
Par Claude Nadeau,
lundi 3 décembre 2007 à 20:40 ::Vannes - Gwened
Paru aujourd'hui dans Le Télégramme:
La claveniste Claude Nadeau en résidence d’artiste
À partir du 1er janvier 2008 et pour trois ans, Vannes soutiendra une nouvelle artiste : Claude Nadeau. Son petit accent qui perdure ne trompe pas, cette claveciniste est bien d’origine québécoise. Sa passion de la musique l’a menée en France, puis en Bretagne.
Est-ce le fait de parler « franc » dans un pays en majorité anglophone ? Claude Nadeau a le franc-parler et le verbe enflammé. Loin d’être exclusive dans ses passions, cette résidence à Vannes est pour elle l’occasion de « conjuguer mon amour de la culture bretonne à celui de la musique ». Et la présidente de Diwan Paris de préciser : « La musique bretonne ne s’arrête pas aux bagadoù ».
Carte Blanche
Imagine-t-elle déjà ce que sera sa résidence d’artiste à Vannes ? « Un artiste interprète en résidence dans un conservatoire de musique, c’est très rare. Cela dit, je ne suis pas une pédagogue, je ne viens pas pour donner des cours. Je vais commencer par observer Vannes : ce qui existe, qui fait quoi. Il y a un foisonnement culturel, je veux m’y inscrire. Je me vois comme une agitatrice, comme un catalyseur qui puisse faire des projets avec certains ou attirer à Vannes des artistes d’ailleurs. Cette résidence est comme une gigantesque carte blanche ! », constate-t-elle entre jubilation et trac. « En tout cas, j’espère porter la musique classique où on ne l’attend pas. » Et peut-être pas que la musique classique car Claude Nadeau joue aussi de la musique traditionnelle et de la musique contemporaine. Elle est issue d’une lignée d’organistes québécois, un flambeau qui se transmet depuis au moins cinq générations. Mais elle a une deuxième corde à ses doigts : le clavecin. C’est pour lui qu’elle est venue en France en 1998. « Je ressemble à mon instrument, explique-t-elle. Il est précis, réactif et nerveux. Et il ressemble à la langue bretonne. Il est ancien, fragile, et possède un répertoire bien plus large qu’on ne le croit ! » Sa première rencontre avec Vannes est d’ailleurs une histoire de répertoire. En faisant des recherches sur la musique ancienne, elle a trouvé mention d’une œuvre disponible chez l’auteur à Vannes...
Grâce à Jean-Odéo de Mars
Évidemment Jean-Odéo de Mars, le compositeur du XVIIIe siècle, était mort, mais la musicienne a fait revivre son œuvre. C’était en juin 2005, lors d’un concert à la cathédrale. Le public vannetais a ensuite retrouvé Claude Nadeau, en février 2007, à l’auditorium des Carmes. « Cette résidence est pour nous l’opportunité d’élargir l’offre culturelle de Vannes, précise le maire, François Goulard. Il y a une forte attente de la population en terme d’activité culturelle. Et un public pour la musique classique. » Cette résidence s’ajoute pour l’instant à celle du metteur en scène Vincent Colin, qui avait été prolongée d’un an, et la bourse de 8.000 € accordée l’an dernier à la photographe Hélène David, dans le cadre du Festival de la photo de mer.
Paru aujourd'hui dans Ouest-France :
La claveciniste Claude Nadeau résidra au Conservatoire dès janvier
La claveciniste d'origine québécoise, Claude Nadeau, a signé pour une résidence d'artiste de deux ans au Conservatoire de musique de Vannes. De 2008 à 2010, elle va explorer toutes les passerelles possibles entre son art et la pratique culturelle locale en vue d'un enrichissement mutuel.
« L'idée, c'est que Vannes devienne un immense terrain de jeu, qu'on y parle musique dans des lieux inattendus. Je me donne les premiers mois de cette résidence pour faire un inventaire des possibles. D'ores et déjà, je me sens moitié agitatrice, moitié catalyseur. »
Premier prix du conservatoire national en interprétation du clavecin, diplômée en musique ancienne de l'université Mc Gill, polyinstrumentiste, chef de choeur, cette jeune femme de 32 ans, s'est déjà produite à Vannes aux Carmes en février 2007. François Goulard avait eu l'occasion de la rencontrer à Paris dans son engagement associatif aux côtés de Diwan. La musicienne est en effet très attachée à défendre la cause de la langue bretonne. « Une résidence d'artiste interprète, c'est une première à Vannes, relève le député maire. L'intérêt de ce partenariat est d'élargir l'offre culturelle de la ville. »
Il y a quelques mois, je vous parlais de la Duchesse de Lorraine, une bière brassée selon une recette du XVIIIe siècle, que je qualifiais de véritable "bière de claveciniste" : instruments d'époque, bières d'époque, même combat. Aujourd'hui je voudrais porter un toast avec deux autres bières de baroqueux : la Hotteterre et la Sainte-Colombe.
Bières de baroqueux, car elles portent chacune le nom d'un compositeur de l'époque baroque, Jacques Hotteterre, célèbre pour ses oeuvres pour la flûte, et Monsieur de Sainte Colombe, dont le nom évoque tout de suite la viole de gambe - plusieurs d'entre vous ont peut-être déjà fait sa connaissance à travers le film "Tous les matins du monde"...
La petite ville de La Couture Boussey, dans l'Eure, est célèbre pour avoir été un important centre de lutherie : entre 1850 et 1940, la moitié de la population du village vit de la lutherie! On peut d'ailleurs y visiter un musée des instruments à vent. C'est là que vécut et travailla Jacques Martin Hotteterre, qui fut célèbre pour sa Méthode de flûte traversière (le fameux traverso des baroqueux, une flûte traversière en bois sans système de clés, avec un son complètement différent des flûtes en métal modernes), pour ses pièces de flûte et bien sûr pour les instruments qu'il fabriquait. Le logo de la bière "Hotteterre" représente d'ailleurs le musicien en train de jouer du traverso... Et, comble de bonheur, la brasserie Hotteterre, qui se visite, propose, en plus de ses chambres d'hôtes, des concerts!
"Bienvenue au pays des fées" nous dit d'emblée le site de la Brasserie Sainte Colombe, situé à... Sainte-Colombe, dans l'Ille et Vilaine (près de Rennes). Deux Hollandais qui ont la passion de la bière ont créé cette brasserie en 1996, et si le nom de Brocéliande évoque les enchantements des fées, celui de Sainte Colombe est pour les musiciens la souvenance d'un compositeur prolifique dont on dit qu'il ajouta une septième corde à la viole de gambe. Pas de musique dans la bière Sainte-Colombe, mais quand même un souci d'authenticité dans ces bières pur malt, non filtrées, non pasteurisées.
Et pour ceux qui rigoleraient sous cape, lorsque j'évoque les bonnes bières sur un blog normalement dédié à la musique baroque, je vous signale que les Concertos Brandebourgeois de Bach ont été créés dans une brasserie, le Café Zimmermann, qui a d'ailleurs donné son nom à un ensemble baroque français que j'ai eu l'occasion d'entendre en concert encore récemment sous la houlette de Gustav Leonhardt. Et puis, moi aussi j'ai déjà donné un concert de clavecin dans une brasserie: souvenez-vous de la Fête de la Musique 2004 à Nantes au très culte Café Flesselles : j'avais apporté mon clavecin, et nous nous étions régalés à vous servir du Bach, du Vivaldi, du Handel dans une ambiance qui vaut bien celles des bars jazz... FIP (la radio) en avait parlé toute la journée... Tiens, et si je récidivais à Vannes? Qui connaît un bar un peu branché et alternatif où l'on pourrait faire des sessions baroques? Je sens qu'avec cette nouvelle résidence artistique, on va bien s'amuser...!
Par Claude Nadeau,
samedi 1 décembre 2007 à 00:31 ::Vannes - Gwened
Vannes crée une nouvelle résidence d’artiste
François Goulard, député-maire de la Ville de Vannes, a annoncé hier par voie de conférence de presse la création d'une résidence artistique qui sera confiée à Claude Nadeau.
Après la danse (Gilschamber), le théâtre (Vincent Colin), la photographie (Hélène David), la ville de Vannes crée une résidence d’artiste en musique en accueillant la claveciniste Claude Nadeau.
Cette résidence s’inscrit dans une actualité 2008 riche de créations au sein du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Vannes. Rappelons l’ouverture du 3e cycle de danse-jazz, inédit en Bretagne, et l’ouverture du département Musique traditionnelle.
Masterclass, stages ouverts aux élèves du conservatoire et de l’extérieur, concerts, interventions dans le cadre de l’Académie de musique, du festival de jazz... concrétiseront ces collaborations.
Les actions menées dans le cadre de la résidence seront d’ailleurs transversales :
- avec ces nouvelles disciplines proposées au sein de l’établissement mais également avec les classes d’ensemble
- avec les autres équipements culturels : Musée, Théâtre Anne de Bretagne (travail avec des comédiens)
- avec les associations locales
- avec les scolaires : interventions pédagogiques...
Egalement en projet, des collaborations avec le centre de musique sacrée de Sainte Anne d’Auray.
Cette résidence est conclue sur la période 2008-2010.
Claude Nadeau :
« Dans notre époque à la recherche de ses racines, la musique ancienne dévoile des trésors insoupçonnés.
J'aborde toutes ces musiques dans une quête sincère d'authenticité, à travers l'Histoire et la Tradition. »
Claveciniste (premier prix de conservatoire), organiste, chef de chœur (elle a dirigé le chœur de Radio France
Outremer), Claude Nadeau est issue d’une famille de musiciens d’église au Québec.
Claude Nadeau est spécialisée en musique ancienne mais s’intéresse aussi aux musiques traditionnelles, au chant
grégorien, à la danse, à la création contemporaine. C'est d'ailleurs dans un répertoire de musique contemporaine qu'on a pu l'entendre comme soliste en janvier 2007 à l’Opéra National de Paris.
Elle s’est produit à Vannes en février 2007 à l’Auditorium des Carmes, dans le cadre de la Saison musicale. Au cours du concert, elle avait joué des œuvres d’un compositeur baroque vannetais.
Claude Nadeau est par ailleurs, présidente du comité de soutien de l'école Diwan Paris.
source : mairie de Vannes
Vous pourrez suivre l'aventure de cette résidence artistique, au jour le jour, sur ce blog. Restez branchés!
Bon, cela suppose aussi que je m'achète un ordinateur portable...! ;-) Personne n'en aurait un vieux à donner, par hasard?... (je tente ma bouteille à la mer!)
Par Claude Nadeau,
jeudi 15 novembre 2007 à 20:33 ::Un peu de tout
Des claviers du clavecin au clavier de l'ordinateur, un lieu d'échange pour ceux qui aiment la musique ancienne et classique, ainsi que pour ceux qui la pratiquent, dans un esprit de discussion ouverte, d'entraide et de solidarité: http://musiqueancienne.leforum.eu
Vous pouvez y annoncer gratuitement vos concerts, vos CD et autres publications, placer vos petites annonces, demander une partition introuvable, partager vos bons plans, discuter du métier de musicien, et bien sûr de tout autre sujet dédié à la musique ancienne!
J'espère que ce forum, créé dans un esprit participatif, pourra constituer un outil et un lien de plus entre tous ceux qui aiment la musique ancienne.