Claude Nadeau, musique classique - clavecin, orgue... musique baroque

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lundi 22 septembre 2008

Webnoz : pari réussi! le "clavecin en prime time" récolte les meilleures cotes d'écoute

Pari réussi pour l'équipe de Webnoz ! L'émission de jeudi dernier autour du clavecin, avec des morceaux interprétés en direct et devant le public, dans un café branché à Vannes et en breton a été un énorme succès : elle a récolté la meilleure audience de l'émission depuis sa création et la deuxième meilleure audience de la jeune chaîne, diffusée exclusivement sur internet (WebTV Brezhoweb).

Si vous n'avez pas regardé jeudi soir l'émission Webnoz, animée par Lionel Buannic (photo) en direct du café A l'aise Breizh à Vannes, vous pouvez écouter l'émission en suivant ce lien :

http://www.surlaplace.tv/voflashlive/live.php?stream=WN19_Gwened&path=&id=87

Même si vous ne parlez pas breton, ne vous laissez pas impressionner par la langue utilisée dans ce talk-show : après tout, la musique n'a pas besoin d'être traduite... On m'entend interpréter en public la Sarabande en ré mineur de Handel (1733), que vous reconnaîtrez sûrement car c'était le thème du film Barry Lindon, puis trois mouvements d'une suite française d'un compositeur vannetais (1735), ensuite le Prélude en do majeur du premier livre du Clavier bien tempéré de Bach (1722), une improvisation sur une mélodie bretonne traditionnelle, "An hini a garan", c'est une chanson d'amour... enfin en générique de fin, l'Andro (une danse bretonne) de la Suite vannetaise de Yves Ribis, un morceau pour clavecin électronifié avec boucleur composé pour moi ;-) par Yves Ribis.

Ma première intervention parle de l'instrument lui-même, et de mon parcours de musicienne ; la seconde, en compagnie de Bernez Gestin, fait le parallèle entre la musique baroque et ce qui se passait à ce moment dans l'histoire de Bretagne, la troisième intervention comprend un micro-trottoir avec des collégiens ("Aimez-vous la musique classique?") et un échange avec le public. Parmi les autres invités, le groupe Houarnaj (guitare-saxophone), ainsi que des personnalités de la vie vannetaise et bretonne.

Je remercie l'animateur Lionel Buannic et toute son équipe de professionnels, et je tiens également à remercier le designer de haute couture Christophe Le Bo, qui m'a habillée pour cette émission. J'adore le travail de ce créateur, qui a déjà la réputation d'être "le couturier des stars"! Le baroque et l'un des thèmes favoris de ses collections, et d'ailleurs vous remarquerez la correspondance entre les motifs "baroques" de ma veste et le décor du clavecin...

mercredi 10 septembre 2008

Dopage : la claveciniste la plus givrée du moment est sur France Musique

On m'a sollicitée pour intervenir à l'antenne de France Musique sur un sujet peu commun et un tantinet provocateur : le dopage dans la musique classique. Sujet d'actualité cet été avec le Tour de France et les Jeux Olympiques, le "dopage" est-il l'apanage des sportifs? Est-ce qu'il y a du dopage en musique classique? J'avais déjà rédigé l'été dernier un billet sur mon blog à ce sujet...

C'est aussi l'occasion de parler du métier de musicien classique, un métier qui finalement présente plusieurs points communs avec celui de sportif professionnel. Je ferai donc une petite intervention (3 min) vendredi 12 septembre entre 18h et 19h30 dans l'émission Le Magazine de France Musique, animée par Lionel Esparza, avec la collaboration d'Emilie Munera (photo), diffusée en direct de La Roche-Posay. Où que vous soyez autour du monde, vous pouvez aussi l'écouter en direct et jusqu'à cinq jours après sa diffusion sur le site internet de Radio France

Les auditeurs de cette émission découvriront peut-être enfin le secret de mon énergie... ou la recette de la potion magique? ;-)

"Du clavecin en prime time" 18 septembre à 20h30

"Une première en France : du clavecin, en direct, en prime time… sur internet !

"La claveciniste Claude Nadeau, Artiste en Résidence à Vannes, sera l’invitée principale de l’émission WebNoz, le jeudi 18 septembre à 20 h 30, depuis « À l’aise Breizh Café », dans le cadre du festival Gwened e Breizh.

Elle évoquera son amour pour la musique classique et la musique bretonne, et interprétera plusieurs morceaux en direct et en public.

Claude Nadeau est une jeune artiste d’origine québecoise. Elle réside aujourd’hui en France où elle mène une carrière active de claveciniste professionnelle. « Tombée en amour » de la Bretagne, elle y mène un travail de recherche sur la musique baroque en Bretagne. Polyglotte, elle parle couramment français, anglais et breton !

WebNoz est un talk-show mensuel en langue bretonne, entièrement réalisé en direct et en public, depuis décembre 2006. Il est diffusé sur deux WebTV : brezhoweb.com et armortv.fr.

WebNoz aborde, chaque mois, des thèmes de société et invite des artistes à s’exprimer en direct. Inviter une artiste « classique » dans un talk-show en breton, dans un café « branché » est un pari, et un nouvelle preuve de la créativité de WebNoz et de la capacité à prendre des risques sur Internet.

L’émission, après sa diffusion en direct, restera en ligne pendant un an. Brezhoweb est la première WebTv 100% en langue bretonne. Elle propose 35 heures de programmes frais par an : talk-shows, dessins animés, sitcoms, films… Brezhoweb est soutenue par la Région Bretagne et les Conseils Généraux du Finistère, des Côtes-d’Armor et du Morbihan. Cette émission en direct de Vannes bénéficiera également du soutien de la ville de Vannes." Télécharger le communiqué de presse (.pdf)

Pour un avant-goût, vous pouvez aussi regarder les vidéos de mes concerts récents sur mon canal Youtube : http://www.youtube.com/contessa1750

Lire également l'article paru dans Le Télégramme (édition du 17 septembre) cliquer sur la miniature

lundi 21 juillet 2008

Concet à l'orgue baroque historique (1709) de Notre-Dame de Quelven (Morbihan)

Première vidéo du concert: (4 min)

Quelven. Claude Nadeau en concert jeudi - Article paru dans Le Télégramme


Depuis le 1er janvier et pour deux ans, Claude Nadeau est en résidence à Vannes. Jeudi, l’artiste donnera un concert à Quelven. Son petit accent qui perdure ne trompe pas, cette claveciniste est bien d’origine québécoise. Sa passion de la musique l’a menée en France, puis en Bretagne. Au programme de ce concert :
Magnificat du Premier Ton (Livre d’orgue de Montréal), Deux chorals (J.-S. Bach), Salve Regina grégorien (chanté, sur le ton solennel), 2 Ricercar sur le Salve Regina (Manuscrit de l’Escurial), Lauda Sion (Arauxo), Kantig ar Baradoz - traditionnel « Le Paradis », extrait. « Huit chants de Bretagne » (Jean Langlais-1975), Deux Noëls, extrait du Premier livre (Claude Balbastre).

Concert à 17 h. Entrée libre
Tél. 02.97.27.70.08 (mairie). www.orgue-de-quelven.org

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samedi 21 juin 2008

Récital pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec : 4 juillet et 10 juillet

Vendredi 4 juillet 2008, 20:30 Eglise Notre-Dame des Victoires, vieux-Québec
Jeudi 10 juillet 20:30 Château Ramezay, rue Notre-Dame, Montréal

Dans le cadre des Fêtes du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, et de la venue du vieux-gréement breton Le Bélem, l'Union des bretons du Canada invite Claude Nadeau pour un récital intitulé "Musique bretonne au temps de la Nouvelle-France", en l'église Notre-Dame des Victoires dans le vieux-Québec le 4 juillet, et au Château Ramezay, à Montréal, le 10 juillet.

Au programme : trois suites pour clavecin du compositeur breton Jean-Odéo de Mars (1735), un 'chant de Bretagne' de Jean Langlais, la création mondiale d'une suite pour clavecin sur des danses bretonnes de Yves Ribis, dédiée à Claude Nadeau, création mondiale d'une oeuvre de Pierick Houdy dédiée à Claude Nadeau à l'occasion du 400e.

Le premier concert au Québec de Claude Nadeau depuis 10 ans. Naturalisée Française, elle revient au Québec spécialement pour deux concerts à l'occasion des Fêtes du 400e.

Claude Nadeau sera habillée par le designer de haute couture Christophe Le Bo (Paris), originaire de Bretagne.

Concerts présentés grâce au soutien de la Région Bretagne et en partenariat avec la Fondation Bélem.

Le Bélem

vendredi 30 mai 2008

"La résidence de tous les possibles" - article dans Armor Magazine

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article paru dans Armor Magazine de juin 2008
photo : Romain JOLY

vendredi 16 mai 2008

"Prenez le plaisir de chanter aux Ateliers" - article dans Ouest-France


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mercredi 16 avril 2008

Concert Samedi à Vannes

Ce matin à 9h15, le téléphone sonne; au Service Culturel de la Ville de Vannes, on vient d'avoir une idée géniale : et si, pour la grande soirée de gala d'inauguration du Festival International de Photo de mer, on faisait un concert baroque?

Ce Festival est événement d'envergure, qui regroupe plusieurs des grands noms de la photographie : Philip Plisson, Marc Riboud, Hélène David... Après tout, je suis Artiste en Résidence à Vannes, c'est fantastique d'avoir le privilège de participer aux activités les plus marquantes de la ville, et cela affirme ma présence dans la Cité des Vénètes... Oui mais voilà : la soirée en question, c'est samedi prochain!

Monter un concert baroque en trois jours? c'est une blague? ou un défi? "Donnez-moi la journée pour y réfléchir". Et surtout pour voir qui serait disponible, au pied levé, pour jouer avec moi à cette occasion, en pleines vacances scolaires... Certes c'est un peu tard pour avoir l'idée de monter un concert ; mais l'essentiel n'est-il pas qu'on l'ait eue, cette idée? Et en milieu d'après-midi, fière comme Artaban, je rappelle la Mairie : "Pari tenu!" - ce sera un concert violon baroque, violoncelle baroque et clavecin !

En gros, nous avons deux jours pour monter ce concert, qui se tiendra dans l'Hôtel de Limur, magnifique hôtel particulier au coeur de Vannes, en présence des élus, des médias (Paris Match, Vogue...), des sponsors et d'invités choisis.

Mes deux complices seront Pierre-Éric Nimylowycz au violon baroque, et Claire Gratton au violoncelle baroque. Quant à moi, j'apporterai avec mon clavecin une touche de pétillance à cette eau de mer... à moins qu'il ne s'agisse d'un baiser salé?

lundi 14 avril 2008

Semaine de la Voix à Vannes

Dans le cadre de la Semaine de la voix à Vannes, j'acccompagnerai les jeunes chanteuses du Conservatoire dans le Stabat Mater de Pergolèse mardi 13 mai à 18h à l'Hôtel de Limur, un superbe hôtel particulier à Vannes qui accueillera également des oeuvres du Festival international de Photo de mer.

J'animerai également un atelier de musique renaissance à l'intention des choristes dimanche 18 mai de 9h30 à 12h30. Ouvert à tous, pensez à vous inscrire!

J'ai commencé à travailler avec Sabine Argaut et les chanteuses du Conservatoire pour cet événement, et je dois vous dire que j'ai été stupéfiée par la beauté des voix et par le talent des jeunes musiciens avec qui j'ai le bonheur de travailler. Tout est donc réuni afin que cette Semaine de la voix soit vraiment un événement exceptionnel, où j'espère vous voir nombreux.

vendredi 28 mars 2008

Du clavecin pour M. le Marquis

On m'a demandé l'utilisation de ma musique au clavecin pour le site d'une exposition de peinture consacrée au Marquis de Sade.

En effet, quel instrument mieux que le clavecin peut faire pénétrer le visiteur dans l'univers du Divin Marquis?... Rendez-vous sur la page d'accueil www.expo-sade-lavalle.com, et attendez que les tableaux apparaissent...

Présentation de la Galerie: Après l’exposition « L’enfer de la BNF », l’exposition au centre culturel Barbican de Londres, retraçant 2000 ans de représentation de la sexualité dans l’art , « Sade ou le théâtre des fous » interprété par Marie-Claude Pietragalla, « Le Bleu du Ciel » qui a réuni les œuvres de Sade, Bataille et Noël à la Maison de la poésie…

A deux pas de la chapelle de Matisse à Vence et de la Fondation Maeght, Marc Lavalle expose du 30 mai au 29 juin 2008, à la chapelle St Jean-Baptiste, dans le village de Saint Jeannet, une série de 120 œuvres inspirées des 120 journées de Sodome du Marquis de Sade et des gravures illustrant une correspondance du divin Marquis et de Madame de Sade.

mercredi 26 mars 2008

"Une journée avec Claude Nadeau" interview dans "Peuple breton - Pobl Vreizh", mars 2008

"Mardi 26 janvier. Claude Nadeau et moi avons rendez-vous sur le quai de la gare de Rennes. Je suis accueilli par un Degemer mat e Roazhon… [bienvenue à Rennes] On sent qu’elle est ici chez elle, comme dans beaucoup d’autres endroits sûrement ! C’est la première fois que je rencontre Claude « en vrai », malgré sa forte présence sur Internet, notamment sur Facebook ou sur son blog. Claude Nadeau a déjà été l’invitée du Peuple breton en octobre 2004. Elle me l’avait promis : Un devezh gant Claude Nadeau a grog da 7 eur vintin hag a echuiñ da 2 eur noz ! [une journée avec Claude Nadeau débute à 7h du matin et se termine à 2h dans la nuit] Bref, d’emblée elle dégage une énergie immense et une réelle présence, qu’elle semble mettre au service de sa passion pour la musique et la langue bretonne..."

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samedi 8 mars 2008

"Interdit aux hommes"

Bonne Journée Internationale de la Femme à toutes! Et à tous, car vive les hommes qui aiment les femmes qui en veulent et qui réussissent...

C'est un signe : c'est aujourd'hui que paraît mon entrevue sur le site "Interdit aux hommes", un site qui a eu ce midi les honneurs du journal de Claire Chazal sur TF1. Cette entrevue fait le parallèle entre mon métier de musicienne et ma vie de blogueuse. Lire l'entrevue

J'en vois déjà qui haussent les épaules à l'idée de la Journée de la Femme : "ouais, bon, mais moi je ne suis pas féministe"...

OK d'accord, admettons. Mais vous trouvez normal qu'en France, aujourd'hui, une certaine catégorie d'être humains soit moins bien payée que l'autre? A compétences égales, les femmes sont 19% moins bien payées que les hommes. Et regardez autour de vous : une femme sur 3 a subi ou subira des violences physiques ou sexuelles. Si si, juste à côté de vous, votre mère, votre soeur, votre collègue, votre secrétaire, votre patronne... une sur trois. Et certaines en meurent. Pas en Afrique : en France. Peut-être à côté de chez vous.

Dans le monde de la musique, c'est difficile de mesurer la descrimination salariale ou d'embauche, car tout est tellement subjectif dans un monde où il faut jouer des coudes pour faire sa place. Mais une chose est certaine : la plupart des orchestres comptent un nombre d'hommes bien supérieur aux femmes, surtout dans les postes les plus prestigieux (chef de pupitre, premier violon...). Et combien de femmes chef d'orchestre? OUI, c'est BEAUCOUP plus difficile de diriger quand on est une femme. Et lorsqu'un jeune musicien obtient une belle nomination, on dit que c'est grâce à son talent ; lorsque c'est une jeune musicienne, on dira, bien sûr, que c'est parce qu'elle a couché... et non pas grâce à son travail. Ne riez pas, j'en ai fait personnellement l'expérience récemment... Labour 'zo, me lâr deoc'h, memes e Breizh!

Différents et complémentaires : la société a besoin des deux, hommes et femmes. Donc oui, je suis féministe, et j'aimerais que davantage d'hommes se déclarent féministes à leur tour : comme on peut être Blanc et anti-raciste, comme on peut être hétéro et combattre l'homophobie, ou toutes les formes d'exclusion, je pense qu'être féministe est une position qui honore l'homme. Et puis, comme dans la chanson de Michel Sardou "Etre femme" (paroles), entre nous messieurs, quoi de plus sexy qu'une femme intelligente, forte et volontaire, à la fois qui assume pleinement sa féminité et qui prend la vie à bras-le-corps pour faire changer la société?

mercredi 27 février 2008

"Une vie, des idées", sur France Info

Enregistrement hier d'une entrevue pour France Info : je serai l'invitée de Jean-Patrick Boutet dans sa chronique "Une vie, des idées", qui sera diffusée à l'antenne de France Info mardi 4 mars à 6h27, 14h21 et 21h19.

"Chaque jour un exemple de réussite individuelle ou associative pour découvrir ceux qui font bouger les choses et contribuent à construire la nouvelle société", voilà comment Radio-France présente cette chronique animée par Jean-Patrick Boutet, qu'on présente comme "un découvreur : régions, patrimoine et talents nouveaux..."

On peut écouter cette chronique sur le site de France Info. Pour connaître la fréquence de France Info dans votre ville, cliquez ici.

lundi 25 février 2008

Marly le roi, Mantes la Jolie et le Clavier bien tempéré

Encore une grosse semaine qui s'achève, avec mardi toute la journée une animation scolaire à Marly le Roi et vendredi un concert-conférence à Mantes la Jolie.

Difficile d'intéresser huit classes de 5e aux merveilles des instruments anciens, surtout quelques jours seulement avant les vacances! Mardi en effet, j'ai effectué une animation à la médiathèque du Collège Louis Lumière à Marly, et j'ai été étonnée de l'attention des élèves pour mes propos sur les siècles passés et les instruments anciens : j'avais peur qu'à l'époque du iPod nano, des SMS et de l'internet, tout cela leur paraisse complètement décalé... mais j'ai trouvé un public attentif, bien que pas du tout conquis d'avance, auquel sont venus s'ajouter en après-midi quelques adultes du Collège, qui s'étaient apparemment donné le mot! A la fin de la période allouée à chaque classe, j'ai posé aux élèves la question : selon vous, est-ce que les gens des siècles passés étaient moins évolués que nous, plus évolués que nous ou comme nous, et pourquoi? Eh bien, j'ai été agréablement surprise par la qualité et l'argumentation de plusieurs réponses...!

Vendredi, je donnais un concert-conférence à Mantes la Jolie sur la reconstitution des instruments anciens : défis et travail de détective pour les musiciens qui cherchent à faire une interprétation "historiquement documentée". Dans la très belle salle art déco du Musée Duhamel, où logeait l'Ecole de musique avant d'emménager dans son nouvel écrin, tout beau et tout moderne, j'ai partagé mes questionnements, mon travail avec des luthiers, et les défis que me pose au quotidien le désir de jouer la musique ancienne sur les instruments pour lesquels elle a été écrite. Pour cette soirée, j'ai eu l'immense privilège, devant rentrer tard sur Paris, d'avoir été véhiculée par le chauffeur de la Mairie. Ce n'est pas tous les jours que les musiciens ont droit à autant d'égards!

Bien que rien ne l'obligeait à passer la soirée avec nous et qu'il ne nourrit aucun intérêt particulier pour la musique ancienne, le chauffeur est resté pour tout le concert-conférence, et m'a dit à la fin à quel point il avait sincèrement apprécié. C'est, de toute la soirée, le compliment qui m'a le plus touchée : certes, le public aussi était ravi, mais si vous voulez, le public était venu expressément pour cela, ils étaient venus parce qu'ils avaient envie d'entendre cela, ils étaient, sinon conquis d'avance, du moins favorablement disposés. Le chauffeur, non. Et d'avoir réussi à l'intéresser à un sujet qui a priori pourrait sembler pointu ou a priori inacessible au commun des mortels, d'avoir capté son intérêt et même suscité son appréciation sincère furent pour moi le plus beau défi relevé.

Je ne me rends compte à quel point je dépense de l'énergie, physiquement, lorsque je joue de la musique ou lorsque j'en parle, que par l'appétit d'ogresse que j'ai au sortir de mes concerts ou animations : mardi soir je me suis ruée sur une choucroute, vendredi sur une fondue montagnarde! D'ailleurs, dans le rituel qui entoure l'événement concert pour des musiciens, la bonne bière qui suit le concert, le bon repas avec les collègues et les amis sont des moments indispensables et ô combien précieux!

Donc samedi, repos bien mérité après cette bonne semaine et la semaine dernière où j'avais pris le TGV tous les jours (Aix, Toulouse pour les Victoires de la musique classique, Paris, Vannes pour The Fairy Queen...). Enfin le temps de s'occuper de soi, de sa cuisine, de bouquiner... de se faire des smoothies! - même si l'usage de ce mot me gêne : qu'est-ce qu'on pourrait bien trouver d'ingénieux et de français pour désigner ce breuvage? Allez, vous allez m'aider, on va lancer une mode! Euh... Onctufruits? Fruits fluides? Délice onctueux non délictueux?... Allez, tempête d'idées dans les commentaires! Et donc, entre deux [smoothies], jouer du clavecin pour le plaisir! On revient toujours à ses premières amours.

Plaisir retrouvé de jouer le Clavier bien tempéré, qui m'a accompagnée toute ma vie, comme il accompagne la plupart des instrumentistes à clavier d'ailleurs. Pour l'avoir joué au piano, lorsqu'au Collège j'étais l'élève appliquée de Soeur Aline; pour l'avoir joué à l'orgue, lorsqu'en paroisse j'avais un instant à illuminer; et pour l'avoir joué au clavecin, j'avoue que c'est encore au clavecin que j'y prends le plus de plaisir. Sans doute parce que c'est l'instrument dans lequel je m'épanouis le plus, mais aussi pour des questions d'accord.

D'ailleurs, samedi j'ai pris la peine de bien refaire un beau Kirnberger (c'est un tempérament baroque) bien juste, pile poil, avant de me lancer dans le dialogue des préludes et fugues. C'est certainement pour cela que c'est encore au clavecin, qu'on peut accorder au plus juste, que cette oeuvre est la mieux servie : Clavier bien tempéré, cela ne veut pas dire joué avec un tempérament égal. Cela veut dire que chacun des 24 préludes et fugues, un couple dans chaque tonalité majeure et mineure, possède une couleur et une sonorité différentes. Avec un vrai tempérament inégal, on mesure mieux la luminosité vibrante d'un do majeur, et on comprend pourquoi c'est en si bémol mineur (que sur les touches noires! enfin, blanches sur un clavier de clavecin...) que Bach a choisi d'écrire la terrible fugue à cinq voix du Premier livre. Le lire en entier, du début à la fin, passer à travers les souvenirs de jeunesse, et les préludes et fugues juste lus qu'il faudrait bien travailler sérieusement un jour, a rempli de bonheur ma journée de samedi. Et puis, on termine avec la Toccata en mi mineur que j'ai entendue cette semaine dans le film "De battre mon coeur s'est arrêté", avec le beau Romain Duris, autrement plus fougueuse que le Clavier si bien tempéré et si mesuré... Quel exercice pour les doigts. Et comme cela fait du bien de replonger dans cette musique et d'en goûter les châtoiements! C'est justement dans ces moments-là que, comme dans le film, de battre, mon coeur s'emballe...

Mes recettes des smoothies (en référence au premier livre du Clavecin bien tempéré)

Smoothies en do mineur

- Une banane bien mûre
- 1/2 mangue
- 1 kiwi
- gingembre frais râpé

Smoothies en ré majeur

- Jus d'orange
- jus d'1/2 citron vert
- lait de soja ou de riz
- feuilles de sauge fraîche

Smoothies en la bémol majeur

- Jus de pomme
- fruits rouges : framboises, fraises, myrtilles, canneberges... (même achetés surgelés, cela fera l'affaire)
- feuilles de menthe fraîche

Mélanger tous les ingrédients au mixeur, rafraîchir et déguster

vendredi 15 février 2008

Victoires de la musique classique 2008

C'est à Toulouse que se sont tenues les 15e Victoires de la musique classique, dans la très belle Halle aux Grains. L'occasion d'entendre le fabuleux Orchestre du Capitole de Toulouse, dans une très belle forme, et de retrouver certains amis musiciens... L'occasion de souligner également, comme l'a fait l'un des membres de l'Orchestre à qui il était remis un trophée d'honneur, que la musique et plus largement la culture sont essentiels dans notre société : oui ça coûte cher, et pourtant ce n'est pas un luxe. Au moment où frémissent tous les acteurs du secteur de la culture, télévision et radio publique en tête, de la diminution programmée de leurs budgets et du désengagement de l'Etat, il était bon de rappeler à quel point tout cela est essentiel. Et je vous avoue que ce qui m'a frappée hier soir, c'est le nombre de personnes qui travaillent autour d'un tel spectacle : sur scène mais aussi en coulisses et en régie. La culture coûte cher, certes, mais elle crée aussi énormément d'emplois... Et puis, que diable! elle sert à mieux vivre.

Mon favori, le claveciniste Benjamin Allard, n'a pas remporté de trophée, même s'il s'est hissé parmi les finalistes. Dommage, pour une fois qu'un instrument autre que le piano, le violon et le violoncelle (et encore) réussisse à se tailler une petite place dans les palmarès... J'ai été étonnée d'ailleurs que deux ou trois lauréats n'aient même pas pris la peine de se déplacer pour venir chercher leur Victoire : certes ils ont des agendas chargés, mais imaginerait-on l'équipe d'un film ne pas venir chercher son prix à Cannes?

Très belle soirée donc, et très beau spectacle : enfin de la musique classique diffusée aux heures de grande écoute (je déteste l'anglicisme "prime time", même s'il me fait penser à "prima donna"...), et avec la qualité au rendez-vous. Et quelle qualité, quand je repense aux musiciens que nous avons entendus: Les Saqueboutiers, Les Elements, Jean-François Zygel, Eugevni Kissine... Comme quoi, pas besoin de vendre son âme au diable, pas besoin de niveler par le bas pour plaire au plus grand nombre. Même si la question est : comment fidéliser les personnes qui regardent les Victoires de la musique classique tous les ans mais qui ne franchissent pas le pas d'aller au concert? Quand on pense que 3% seulement de la population "consomme" des produits culturels classiques (disques, concerts, etc), on peut se demander comment aller chercher les autres 97%... Réelle réflexion que doivent avoir tous ceux qui travaillent dans ce domaine! Et en tout cas sujet de discussion avec Nelson Monfort et Jean-François Daraud, qui m'entourent sur cette photo. Nelson Monfort, je ne vous le présente plus ; quant à Jean-François Daraud (visitez son blog), c'est l'un des candidats à la Mairie de Carcassonne, à qui nous souhaitons plus de succès et moins de galères qu'à son personnage Monsieur Scoumoune !

lundi 11 février 2008

Je suis sourde

Pendant quatre jours, j'ai cru devenir sourde. C'est particulièrement flippant pour une musicienne de perdre l'ouïe, et je ne vous cache pas que j'ai eu des moments de réelle panique en me levant un matin pour me rendre compte que je n'entendais presque plus de l'oreille gauche. Ignorant la cause du mal subit, j'avoue que j'ai eu un mouvement d'effroi, car on redoute toujours immodérément de perdre ce ou ceux qu'on aime le plus. Et cette peur est directement proportionnelle à l'attachement que l'on porte à l'objet de notre amour : et si, du jour au lendemain, je perdais l'audition?

Je suis sourde, je vie au pays des esgourdes
Lasses, Lasse
Dans le silence où je me prélasse
Si tendrement, si calmement
A l'abri des redites
Je respire, on m'évite...

chantait l'excellent groupe Paris combo. Michel Oudoul, dans son fameux livre "Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi", croit que la surdité, qu'elle soit due à une simple otite (comme dans mon cas, j'allais l'apprendre plus tard) ou à des facteurs plus graves, a pour cause le refus subconscient d'entendre. Il est vrai que cette demi-surdité, associée à l'hypersensibilité au bruit propre à ceux qui ont des troubles d'audition, m'a fait prendre conscience de plusieurs choses : d'abord que nous vivons dans une société extrêmement agressive par son côté bruyant. Les bruits de la rue, le train qui arrive en gare, la musique qui joue à tue-tête dans les boutiques, le son du portable réglé au maximum... tout agresse. Et on ne s'en rend pas compte. Nous sommes comme les grenouilles dont on dit qu'on peut lors d'une expérience chauffer l'eau de leur bocal et augmenter sa température considérablement sans que les grenouilles ne réagissent, jusqu'au point limite où elles meurent. Ainsi dans notre monde le niveau de son augmentera-il jusqu'au jour où ce sera vraiment assez?

Tous les palabres, les palabres en cascade
Silence, silence, silence !
Tous les discours, Les discours de chasse à courre
Silence, silence, silence !
Alors tous les faussaires Les faussaires du glossaire
Silence, silence, silence !
Les érudits Qui nous l'ont déjà dit
Silence, silence, silence !

Surdité inquiétante mais ô combien protectrice ; malgré l'angoisse, combien il fut doux de m'enfermer dans mon silence, de ne plus entendre tous les bruits parasites, les importuns, les conversations vides... il me suffisait de fermer les yeux pour cesser de lire sur les lèvres, de ne plus regarder quelqu'un pour ne plus l'entendre. Silence. Et seulement toutes ces musiques qui dansent dans ma tête, mes musiques. Et ce geste intime aussi de me rapprocher physiquement de quelqu'un qui tient une conversation qui m'intéresse vraiment, sous prétexte de vouloir mieux l'entendre...

Dans le silence où je me prélasse
Si tendrement
J'attend le moment
L'instant sans pareil
Où je prête une oreille...

Las! Il faut bien voir et entendre le bon côté des choses. La vérité c'est qu'avec un instrument qui possède la finesse du clavecin, j'ai besoin urgemment de recouvrer une ouïe à 100% le plus rapidement possible! Mais comment faire quand il faut une éternité pour obtenir un rendez-vous chez l'ORL malgré la recommandation "urgente" du médecin de famille? Heureusement, un ami m'a suggéré d'aller au centre de santé d'Audiens, la caisse de santé et de retraite des professions du spectacle. Au bout du fil, dès que j'ai mentionné, pour obtenir un rendez-vous avec un ORL, que j'étais musicienne, on n'a fait ni une ni deux : présentez-vous immédiatement, on va trouver un moyen de vous recevoir, tout de suite, à tout prix. OUF!

Cette incursion dans le monde des personnes malentendantes m'a appris beaucoup de choses. Il faut parfois être privé de quelque chose qui nous semble naturel et allant de soi pour en mesurer tout le prix...

lundi 4 février 2008

"Claude Nadeau : la baroque star" Mensuel du Golfe du Morbihan

"Claveciniste de renom, Claude Nadeau, 32 ans, a posé ses valises à Vannes. Elle a carte blanche pour remuer le milieu culturel vannetais. Quitte à user d'un style atypique.

par Donovan POTIN - photo : Romain JOLY

Claude Nadeau, 32 ans, toutes ses dents... mais peut-être pas toute sa tête. Certains pourraient le penser. Cette claveciniste de renommée internationale dépote, défrise, déride, voire même dérange selon les goûts et les couleurs. Elle ne passe jamais inaperçue. (...) Un peu barrée, tendance musique baroque, ascendant rock star, le regard surligné d'un élégant petit chapeau brun, un sourire malin aux lèvres, Claude Nadeau a hâte de triturer la culture vannetaise et mettre les mains dans le cambouis."


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jeudi 24 janvier 2008

"Spered ar vro" - Article paru aujourd'hui dans Le Télégramme

Article de Lionel Buannic, paru aujourd'hui dans toutes les éditions du Télégramme
Photo: François Destoc

Claude Nadeau : Galv ar glavisin


Brudet eo e Breizh rak he deus desket brezhoneg ha savet Diwan Pariz. Med brudet eo e bed ar sonerezh ivez, rak ur sonerez glavisin a-vicher eo. Dispar eo Claude Nadeau e meur a zoare.

Pa veze ar re all o seniñ gitar pe o selaou rock, e veze hi o seniñ ograoù, bemdez, er skolaj, diouzh ar mintin, a-raok an oferenn 'bred. « Toud an dud, er familh, a oa sonerien.Kavet hon eus dielloù : gwir eo abaoe kantvedoù! Ma zad kozh a oa mestr-laz-kanañ er barrez. Kan gregorian a veze bemdez er ger. Donezonet e oa ma mamm ivez. Tud o chom war er maez e oant, e Bro Gaspesie, e Bro Gebek. Ar re a blije dezho ar sonerezh, d'ar mare-se, n'o doa nemet un dra d'ober : mont da ganañ pe da seniñ e-barzh an iliz. Ar memes tra e oa bet evidon. E Montreal o oan o chom. Ar sonerezh "ansian" a blije din. Ha gant ar seurezed em boa kroget seniñ piano ». Hag ograoù. Ha klavisin. Hag eo deuet brav ganti. Pevar bloavezh e-barzh skol-veur Montréal. Un diplom early music. « Morse n'em eus soñjet ober un dra bennak all. ».

Aesoc'h e Pariz
Ur vro nevez eo ar C'hebek. Ha n'eo ket sot an dud, du-hont, gant ar sonerezh klasel. « N'eus ket kalz a dud o vevañ diwar er sonerezh-se e Kanada.». Ha ret e oa dezhi choaz. Mont da Londrez, bro ar sonerezh barok, pe mont da Bariz. Re ger ar vuhez e Londrez. Kenkoulz mont d'ar Frañs. Resevet e oa bet Claude Nadeau en ur c'honservatoire e Bro Bariz. Priz kentañ ar glavisin he doa tapet ur bloavezh gloude. Soñjet em boa e vije bet aesoc'h amañ, met debret en deus bara du. Ur publik a zo evit ar sonerezh klasel ha pik echu. Ur publik all a zo evit ar rock, unan all evit ar jazz... Diaes eo sachañ tud nevez. Met deuet on a-benn da vevañ diwar ar vicher-se. Seniñ a ra e pep lec'h: en Opera Bastille, Marseille, Aix... E Bro- Japan a oa n'eus ket pell zo...

"An dud ne anavezont ket mat er glavisin. Soñjal a ra dezho eo evit ar re cheuc'h. N'ouzont ket ez eus moaien d'ober tango pe sonerezh a-vremañ gant ar glavisin. Ma fal eo mont da welet an dud-se."

Tud all eo deuet da welet Claude Nadeau : ar Vretoned ! E Pariz he deus kejet gant Breizh. Desket hor yezh. Ha deuet eo a-benn da gaout un doare da labourat e Breizh, e galleg hag e brezhoneg, e bed ar sonerezh. Pedet eo bet gant ti-ker Gwened da zont e « résidence » e-pad daou vloaz.

Daou vloaz e Gwened
« Muioc'h mui a dud a vez plijet gant ar sonerezh klasel e Bro Gwened. Emaon o vont da glask sevel ur strollad laz-seniñ barok. Ur "gartenn wenn" am eus bet ! Mont a rin da furchal e-barzh dielloù ar vro, da glask petra a veze sonet e Gwened, da vare ar barok, etre 1600 ha 1750. Dielloù a zo en eskopti. Mont a ran, ivez, da ijinañ traoù da sachañ ur publik nevez, doareoù nevez da ginnig sonerezh klasel d'an dud. Soñjet em eus sevel un devezh "Clavecin en libre service". Pedet e vefe toud an dud da zont da welet ar benveg, da selaou sonerezh, da douchañ ar glavisin... Mont a ran da labourat gant ar skolioù ivez. Ha gouest e vin da labourat e brezhoneg, evel just ! »

Pebezh kejadenn, memestra. Kejet he deus Claude Nadeau gant muzik hor yezh. Deomp-ni, bremañ, da gejañ yezh he muzik.

Lionel BUANNIC

Claude Nadeau : L'appel du clavecin

Elle est connue en Bretagne pour avoir appris le breton et avoir créé Diwan Paris. Mais elle est connue dans le monde de la musique aussi, pour être claveciniste de métier. Claude Nadeau est exceptionnelle à plus d'un titre.

Quand les autres jouaient de la guitare ou écoutaient du rock, elle jouait de l'orgue tous les matins à la messe au collège. « Tout le monde dans ma famille jouait de la musique. Nous avons fouillé les archives : c'est vrai depuis des siècles!  Mon grand-père était chantre à la paroisse. Il y avait du chant grégorien tous les jours à la maison. Ma mère chantait aussi. C'étaient des gens de la campagne, en Gaspésie, au Québec. Les gens qui aimaient la musique, à cette époque, n'avaient d'autre possibilité que de chanter ou jouer à l'église. J'ai fait la même chose qu'eux. J'habitais Montréal. J'aimais la musique ancienne. Et j'ai commencé le piano chez les soeurs. » Puis l'orgue. Puis le clavecin. Et ça lui a réussi. Quatre ans à l'université à Montréal. Un diplôme en Early Music. « Je n'ai jamais imaginé faire autre chose ».

Plus facile à Paris
Le Québec est un pays neuf, et les gens, là-bas, ne sont pas fous de musique ancienne. « Il n'y a pas énormément de gens qui en vivent, au Canada ». Et il lui a fallu choisir. Aller à Londres, capitale de la musique baroque, ou aller à Paris. La vie était trop chère à Londres, plutôt aller en France. Claude Nadeau est acceptée dans un conservatoire à Paris. Un an plus tard, elle décroche un premier prix de clavecin. Elle qui pensait que ce serait plus facile ici, elle a quand même eu des moments difficiles. Il y a un public pour la musique classique qui est très fermé. Un public pour le rock, un pour le jazz... Difficile d'élargir. Mais elle est arrivée à vivre de ce métier. Elle joue partout : à l'Opéra Bastille, Marseille, Aix... Au Japon même récemment...

« Les gens ne connaissent pas bien le clavecin. Ils croient que c'est un instrument de bourgeois. Ils n'imaginent pas qu'on peut jouer des tangos ou des musiques actuelles au clavecin. Mon but est d'aller vers ces gens. »

D'autres gens sont venus vers Claude Nadeau : les Bretons! C'est à Paris qu'elle a rencontré la Bretagne. Appris notre langue. Et fini par trouver un moyen de travailler en Bretagne, en français et en breton, dans le monde de la musique : elle a été invitée par la Mairie de Vannes à venir en « Résidence artistique » pour deux ans.

Deux ans à Vannes
« De plus en plus de gens sont demandeurs de musique classique à Vannes. Nous allons essayer de monter un groupe de musique baroque. C'est un peu une « carte blanche »! Nous allons chercher dans les archives que jouait-on à Vannes à l'époque baroque, entre 1600 et 1750. Il y a des archives au diocèse. Je vais aussi essayer d'imaginer des façons d'attirer un public nouveau, des nouvelles façons de présenter la musique classique aux gens. J'aimerais faire une journée « Clavecin en libre-service » pour que les gens puissent venir voir l'insturment, le toucher, l'écouter... Je vais travailler avec les scolaires également. Et je pourrai le faire en français mais aussi en breton, bien sûr! »

Quelle rencontre, quand même. Claude Nadeau est venue à la rencontre de la musique de notre langue. A nous maintenant d'aller découvrir le langage de sa musique.

Lionel BUANNIC (traduction : Claude Nadeau)


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mercredi 2 janvier 2008

Voeux 2008


Cliquez!
C'est l'époque des agapes, aussi voici mes voeux de saison! Cliquez sur le gui pour visionner ma carte de voeux, aussi accessible à cette adresse : http://www.claudenadeau.net/voeux2008.html

Il est possible que vous deviez activer un contrôle ActiveX car ma carte est en Flash

La musique qu'on m'entend jouer en arrière-plan est une gigue d'un composieur baroque breton du XVIIIe siècle... la suite bientôt à Vannes!

vendredi 28 décembre 2007

Star Academy, Cirque du Soleil, tragédie lyrique et opéra

Certes je ne fais pas partie des intellectuels bien-pensants (Dieu m'en préserve! et je chéris d'ailleurs ma mal-pensance) qui brûlent en effigie la Star Académie au nom d'une certaine vision de la culture et de l'élitisme. Un jour, Patrick Le Lay (président de TF1) me disait, au cours d'un dîner, que personnellement il ne regardait pas la Star Académie et que c'était une émission qui ne l'intéressait pas du tout. Mais puisque ses téléspectateurs en redemandaient...

En revanche je me demande justement pourquoi cette émission a autant d'auditoire. Et surtout cela me pose des questions profondes : la Star Ac' est-elle une "fabrique de stars" ou une rampe de lancement pour des talents que personne ne connaît encore?

Certes dans la vie, et la vie musicale en particulier, il ne suffit pas d'avoir du talent pour réussir, et loin s'en faut. Si la Star Ac' est l'occasion de dénicher des gens qui bossent et qui méritent un public, alors d'accord. Mais on peut en douter : il est bien fini le temps où des producteurs écumaient les bars de province enfumés à la recherche d'un nouveau Bécaud ou d'une nouvelle Piaf. A l'époque du zapping, le public veut toujours plus de nouvelles têtes, bonnes ou mauvaises peu importe, comme le faisait observer Pascal Nègre (président d'Universal Music France) lors d'une entrevue au Parisien parue jeudi dernier. Les albums sont des feux de pailles où dansent les lueurs fugaces d'une gloire éphémère.

Mais surtout ce qui me chagrine, dans le phénomène Star Ac', c'est : est-ce que le public va vraiment le croire, quand on veut lui faire miroiter qu'il suffit de quelques semaines et de quelques "cours" pour fabriquer un artiste? Quel chanteur, quel comédien, quel interprète pourrait être dupe? Et d'ailleurs suffit-il de savoir danser et d'avoir un joli minois pour "percer"? Barbara, Aznavour, Barbara Streisand ou même Céline Dion auraient-ils réussi au test de la Star Académie?

L'exemple de Céline Dion est familier aux Québécois, nous qui la connaissons depuis "Une colombe", alors qu'elle était toute jeune. Tout dans sa vie a été orienté en fonction du développement de sa carrière, et pour paraphraser Padrig Al Lay (permettez-moi de dire son nom en breton! ça lui ferait plaisir), personnellement je n'écoute pas ses chansons à longueur de journée mais je suis admirative du travail : elle s'est donné les meilleurs professeurs, elle a trimé des années en chant, en danse, elle a su bien s'entourer et a tout investi dans sa musique. Son succès, elle le mérite. Tout autant que le pianiste ou le violoniste qui remplit la salle Pleyel et qui depuis l'âge de 5 ans consacre trois, quatre, dix heures par jour à son instrument.

Je zappe la Star Ac' et je me demande si je ne devrais pas arrêter la musique classique, finalement, et tenter ma chance à un show de télé-réalité bidon. Mais je persiste à croire que le travail finit toujours bien par payer.

Sur une autre chaîne, sur Arte en fait, le Cirque du Soleil présente son spectacle Kâ. Et en voyant tout ce déploiement sur scène d'artistes du spectacle vivant, et bien vivant d'ailleurs!, d'acrobates, de danseurs, de costumes, cet univers complètement magique et profondément onirique rythmé par des pyrotechnies et dont la musique originale réunit 57 musiciens et 40 chanteurs, je me demande si je ne suis pas en fait en train de regarder un spectacle complètement baroque. Baroque dans son essence : en opérant la réunion de tous ces arts de la scène, en faisant retrouver au mot saltimbanque toutes ses lettres de noblesse (saltimbanque, chez moi, est toujours un mot d'amour), est-ce que le Cirque du Soleil n'est pas en train de réinventer la Tragédie Lyrique, version baroque du "spectacle total", un opéra dantesque version XXIe siècle?

Je remarque qu'un contre-ténor, sur scène, participe au spectacle. Eh bien, je vais vous confier quelque chose, moi qui aime les beaux costumes et qui affirme souvent que mon 6e sens est le sens de la démesure : je rêve de jouer dans un spectacle comme celui-là. Un spectacle par lequel le mot baroque n'aurait plus le sens simplement historique de référence aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais se conjuguerait au présent. Et si c'était vraiment cela, l'esprit baroque?

mardi 25 décembre 2007

2 recettes détox pour les lendemains de veille

"V'là l'bon temps d'en profiter
Ca arrive rien qu'une fois par année!"

proclame un refrain québécois. Eh bien justement : pourquoi est-ce que ça n'arrive qu'une fois par année qu'on :

- prenne le temps d'organiser un vrai repas de famille? en faisant la trève autour de tous les sujets qui fâchent, le temps de Noël...

- ait sous la main des vraix beaux produits pour cuisiner? les marchés fleurissent de denrées rares qu'on n'arrive pas à retrouver le reste de l'année même quand c'est la saison

- fasse des cadeaux aux gens qu'on aime? les centres commerciaux étaient bondés ces jours derniers, et sans vouloir tomber dans la démonisation de la société de consommation, en regardant ce foisonnement de gens se bousculer à la caisse je me demande quel est pour chacun d'eux le vrai sens de la fête de Noël

- aie une vraie belle messe, avec plein de chants, avec la chorale au complet, l'orgue, parfois des instruments, bref avec de la belle musique qui ose prendre le temps d'exister parce que pour une fois les fidèles ne vont pas regarder leur montre au moment de la communion en se disant que la messe a été longue cette fois-ci

- pourquoi, enfin, ça n'arrive qu'une fois par année qu'on ait ce "formidable élan de générosité envers les plus démunis" : on se donne bonne conscience en faisant un don à un organisme de charité à Noël, ou une cause quelconque, mais tous le reste de l'année la misère continue d'exister dans une relative indifférence générale

Autrefois dans les campagnes il y avait souvent à table "la place du pauvre". Et si aujourd'hui on osait prendre les somptueux restes du festin d'hier soir et inviter, oh allez! je ne dis pas le sdf dans la rue, je dis juste : la vieille dame du 3e; je dis juste : le copain fraîchement divorcé qui n'a pas la garde de ses enfants pour Noël et qui se morfond dans son coin ; je dis juste : les gens dans notre carnet d'adresses ou dans le répertoire de notre portable qui ont besoin d'amitié.

Donc c'était la première recette détox, la détox morale. Rassurez-vous je ne me fais pas donneuse de leçons, et je serais moi-même bien en peine de mettre tout cela en pratique. Mais en savourant à la lumière de mon sapin mon 2e café de Noël (avec cannelle, muscade, girofle et gingembre mélangée au café moulu dans le filtre), je me prends, en ce matin de Noël, à rêver d'un monde meilleur. Pas d'un monde idéal, je suis réaliste et je connais le genre humain, mais juste d'un monde un petit peu meilleur. On peut tous, aujourd'hui, passer un petit coup de fil à quelqu'un resté seul dans notre entourage.

Bon sinon, sur un ton plus culinaire, c'est le moment de se faire une bonne soupe de légumes pour compenser les excès de table... Celle que j'ai sur le feu contient : carottes, oignons, ail, chou blanc, navet, céleri, fenouil, poivron, brocoli, poireau, surtout pas de pommes de terre car ce sont des féculents, par contre des panais, un légume au goût délicat qu'on ne consomme plus beaucoup (son goût est entre la carotte et la patate douce), et bien sûr tous les aromates qui me tombent sous la main : feuilles de laurier, branches de romarin, thym, graines de coriandre et de fenouil, 5 baies de poivre (entier), et sel marin mais pas trop : on mange déjà beaucoup trop salé... On peut manger la soupe avec les morceaux de légumes, éventuellement moulinés, ou encore boire le bouillon seul (et on peut même ensuite rajouter de l'eau dans la marmite pour refaire le niveau afin de tirer le maximum des légumes)

Parmi les aliments à consommer sans modération après les repas sans modération, il y a le pamplemousse, pour éliminer les graisses ; le radis noir et l'artichaud, pour drainer le foie (on les trouve aussi en ampoules et en gélules en pharmacie) ; le romarin et le basilic, éventuellement en huiles essentielles, pour la digestion... Et au lever, rien ne remplace un demi-citron pressé dans de l'eau (et le moins de sucre ajouté possible) pour remettre les idées en place!

Il existe également en pharmacie des complexes minceur "détoxifiants", comme le fameux "4-3-2-1" qui fonctionne très bien, ou d'autre encore du même acabit qui allient l'action des plantes à celle du thé et parfois même de l'argile.

Et pour rester dans l'esprit des Fêtes, vous pouvez télécharger gratuitement quelques airs de saison (Alleluia du Messie de Handel, Noels bretons à l'orgue, Fantaisie "L'Hyver" de Telemann...) soit sur la page de téléchargements de mon site http://www.claudenadeau.net/mp3.html soit sur ma page "iLike" sur Facebook (et donc vous pouvez ajouter ma musique à votre profil): cliquez ici

Petit clin d'oeil en terminant : messe de minuit provençale à Salon de Provence

www.flickr.com
Voici un module Flickr utilisant les photos d'un album intitulé Noel en Provence. Cliquez ici pour créer votre module.

Joyeuses fêtes à tous!

dimanche 23 décembre 2007

Pour ou contre le travail le dimanche

La polémique enfle, faut-il oui ou non autoriser l'ouverture dominicale? En tant que musicienne et particulièrement en tant qu'organiste, j'aimerais participer au débat.

Oui mesdames et messieurs, c'est profondément injuste car voici des siècles que les églises sont ouvertes le dimanche et que les organistes travaillent dominicalement, sans être mieux payés et parfois même (souvent!) sans être payés du tout. Le premier des dix commandements de l'organiste n'est-il pas "Le dimanche tu travailleras, les jours de fête également"? Mais ce n'est pas là le seul sujet de récrimination, chers camarades.

Que dire en effet de l'emploi non-rémunéré des petits chanteurs dans les Maîtrises, martyrisés par leurs grands méchants patrons, j'ai nommé les ignobles, les infâmes chefs de choeur, sans que personne ne crie au scandale pour l'exploitation éhontée des enfants.

Sans compter le job de prêtre, où on constate une discrimination évidente au niveau du recrutement, discrimination liée non seulement au sexe, mais aussi aux croyances religieuses!

Où va-t-on avec tout cela, je vous le demande.

PS: ceux qui n'ont pas d'humour, pas la peine de poster des commentaires incendiaires... ;-)


au boulot! accompagnement d'une messe, église St-Eustache, Paris

dimanche 16 décembre 2007

Stage de musique médiévale : Chant choral avec "Vocalys" à Nouaillé

Travail tout au long du week-end avec la vingtaine de choristes du Groupe Vocal de Nouaillé 1356, près de Poitiers. Cet ensemble s'est donné pour objectif de faire entendre la musique du Moyen Age à la fin de la Renaissance, particulièrement au cours de la journée médiévale organisée le dernier dimanche de juin à Nouaillé.

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Tout au long de ce week-end, j'ai tenté d'apporter aux chanteurs, qui m'ont fait venir spécialement pour cette séance de travail, les outils qui leur permettront d'aller plus loin dans leur connaissance et dans leur interprétation "historiquement éclairée" de la musique médiévale chorale. Nouvelles idées de répertoire, nouvelles techniques de travail de la voix, nouvelles images mentales, avec pour centre de réflexion mon image du "corps-cathédrale" comme pivot de la technique vocale que j'enseigne, qui vise à chanter en utilisant la résonance naturelle de la voix, sans effort ni fatigue, nouveau regard sur la performance musicale dans une fête historique : j'ai jeté un tas de nouveaux ingrédients dans la marmite de ce groupe, et j'espère que ces choristes les laisseront mijoter afin d'en tirer, dans le futur, leur meilleure soupe!

C'est difficile d'arriver face à un nouveau groupe, dont on ne connaît ni l'histoire ni le cheminement, et d'avoir si peu de temps pour leur apporter quelque chose, que j'espère être "le meilleur de moi-même" pour reprendre l'expresison consacrée. Ca tient aussi un peu du "speed-dating" : on a très peu de temps pour convaincre, très peu de temps pour susciter l'adhésion des chanteurs et leur enthousiasme. Mais ce qui est le plus intéressant, pour moi, c'est l'échange, la véritable relation musicale. Certes le groupe en tant qu'entité et que moi en tant que musicienne nous avons des cheminements différents, et théoriquement, c'est moi qu'on fait venir pour apporter quelque chose au groupe ; mais le groupe m'apporte beaucoup aussi, et la magie ne peut survenir que si cet échange a lieu. Et puis, c'est formidable de repartir en se disant qu'en deux jours, on a quand même réussi à emmener un groupe d'un point A à un point B, et que la différence s'entendait vraiment!

J'ai donc beaucoup semé, et j'espère qu'un jour il me sera donné, dans quelques mois peut-être, d'entendre la moisson. Mais c'est aussi un peu une bouteille à la mer : je ne sais pas ce que les musiciens feront des outils que je leur ai donnés et de tout ce que j'ai pu partager avec eux. Rendez-vous le dernier dimanche de juin 2008 à Nouaillé pour le savoir!

samedi 15 décembre 2007

Eloge des clavecins mûrs (2)

Je suis allée ce soir au concert de Gustav Leonhardt à la Cité de la Musique : il jouait sur deux instruments historiques qui font partie de la collection permanente du Musée, le clavecin Jean-Henry Hemsch, que je n'avais jamais encore entendu en vrai mais que j'ai déjà joué en copie (mais attention! en excellente copie signée Marc Ducornet), et également un clavecin Ioannes Couchet de 1652, classé trésor national, et acquis par le Musée de la Musique avec l'aide de l'Etat en 2003.

Un clavecin, un simple clavecin, trésor national de la République Française? Ca fait du bien de savoir qu'un bel instrument de musique peut être considéré trésor national, en ces temps d'audimètre et de Star Académie.

Tiens au fait, on devrait faire une Baroque académie : on enferme des jeunes dans un château, on leur donne des cours intensifs de clavecin, ou d'un autre instrument d'ailleurs, des cours de danse baroque, des cours de rhétorique, de contrepoint, de basse continue, et après quelques semaines, hop! on voit qui le public va sacrer "nouvelle star de la musique classique". Ca marcherait, vous croyez? Ah bon, la musique ça demande quoi? Du travail, vous dites? Naaaaan, incroyable!

Bref! très beau concert ce soir, qui affichait complet depuis plusieurs semaines. Ce n'est que grâce à une amie que j'ai pu obtenir exceptionnellement une place, et encore! j'étais assise par terre, sur une marche. Ce qui me plaçait, littéralement, aux pieds du Maître... Et qui m'a permis de constater, avant qu'il n'attaque chacune des pièces, un léger tremblement de mains du claveciniste : comment? même quand on est Gustav Leonhardt, avec 180 enregistrements à son actif, le Maître incontesté, le demi-dieu du clavecin, voire le dieu tout entier, on a parfois le trac? Le Maître, du coup, m'est apparu tellement humain. Tellement proche. Et son regard bleu qui scrutait la foule applaudissante, cherchant un regard sympathique, s'attardant un instant sur le mien (mais peut-être n'est-ce qu'une illusion du fait d'avoir été au premier rang?) couplé à l'intense bonheur d'entendre ces instruments exceptionnels tantôt frémir et tantôt rock'et'rouler m'ont procuré un intense bonheur.

Il n'y a pas de musique ancienne. Toute musique ne peut être que profondément contemporaine, au-delà des codes de l'esthétisme, dès lors qu'elle procure une émotion aujourd'hui même. Ce fut le cas ce soir.

lundi 3 décembre 2007

Ouest-France et Le Télégramme en parlent

Paru aujourd'hui dans Le Télégramme:

La claveniste Claude Nadeau en résidence d’artiste
À partir du 1er janvier 2008 et pour trois ans, Vannes soutiendra une nouvelle artiste : Claude Nadeau. Son petit accent qui perdure ne trompe pas, cette claveciniste est bien d’origine québécoise. Sa passion de la musique l’a menée en France, puis en Bretagne.

Est-ce le fait de parler « franc » dans un pays en majorité anglophone ? Claude Nadeau a le franc-parler et le verbe enflammé. Loin d’être exclusive dans ses passions, cette résidence à Vannes est pour elle l’occasion de « conjuguer mon amour de la culture bretonne à celui de la musique ». Et la présidente de Diwan Paris de préciser : « La musique bretonne ne s’arrête pas aux bagadoù ».

Carte Blanche
Imagine-t-elle déjà ce que sera sa résidence d’artiste à Vannes ? « Un artiste interprète en résidence dans un conservatoire de musique, c’est très rare. Cela dit, je ne suis pas une pédagogue, je ne viens pas pour donner des cours. Je vais commencer par observer Vannes : ce qui existe, qui fait quoi. Il y a un foisonnement culturel, je veux m’y inscrire. Je me vois comme une agitatrice, comme un catalyseur qui puisse faire des projets avec certains ou attirer à Vannes des artistes d’ailleurs. Cette résidence est comme une gigantesque carte blanche ! », constate-t-elle entre jubilation et trac. « En tout cas, j’espère porter la musique classique où on ne l’attend pas. » Et peut-être pas que la musique classique car Claude Nadeau joue aussi de la musique traditionnelle et de la musique contemporaine. Elle est issue d’une lignée d’organistes québécois, un flambeau qui se transmet depuis au moins cinq générations. Mais elle a une deuxième corde à ses doigts : le clavecin. C’est pour lui qu’elle est venue en France en 1998. « Je ressemble à mon instrument, explique-t-elle. Il est précis, réactif et nerveux. Et il ressemble à la langue bretonne. Il est ancien, fragile, et possède un répertoire bien plus large qu’on ne le croit ! » Sa première rencontre avec Vannes est d’ailleurs une histoire de répertoire. En faisant des recherches sur la musique ancienne, elle a trouvé mention d’une œuvre disponible chez l’auteur à Vannes...

Grâce à Jean-Odéo de Mars
Évidemment Jean-Odéo de Mars, le compositeur du XVIIIe siècle, était mort, mais la musicienne a fait revivre son œuvre. C’était en juin 2005, lors d’un concert à la cathédrale. Le public vannetais a ensuite retrouvé Claude Nadeau, en février 2007, à l’auditorium des Carmes. « Cette résidence est pour nous l’opportunité d’élargir l’offre culturelle de Vannes, précise le maire, François Goulard. Il y a une forte attente de la population en terme d’activité culturelle. Et un public pour la musique classique. » Cette résidence s’ajoute pour l’instant à celle du metteur en scène Vincent Colin, qui avait été prolongée d’un an, et la bourse de 8.000 € accordée l’an dernier à la photographe Hélène David, dans le cadre du Festival de la photo de mer.


Paru aujourd'hui dans Ouest-France :

La claveciniste Claude Nadeau résidra au Conservatoire dès janvier

La claveciniste d'origine québécoise, Claude Nadeau, a signé pour une résidence d'artiste de deux ans au Conservatoire de musique de Vannes. De 2008 à 2010, elle va explorer toutes les passerelles possibles entre son art et la pratique culturelle locale en vue d'un enrichissement mutuel.

« L'idée, c'est que Vannes devienne un immense terrain de jeu, qu'on y parle musique dans des lieux inattendus. Je me donne les premiers mois de cette résidence pour faire un inventaire des possibles. D'ores et déjà, je me sens moitié agitatrice, moitié catalyseur. »

Premier prix du conservatoire national en interprétation du clavecin, diplômée en musique ancienne de l'université Mc Gill, polyinstrumentiste, chef de choeur, cette jeune femme de 32 ans, s'est déjà produite à Vannes aux Carmes en février 2007. François Goulard avait eu l'occasion de la rencontrer à Paris dans son engagement associatif aux côtés de Diwan. La musicienne est en effet très attachée à défendre la cause de la langue bretonne. « Une résidence d'artiste interprète, c'est une première à Vannes, relève le député maire. L'intérêt de ce partenariat est d'élargir l'offre culturelle de la ville. »

Bière, clavecin et brandebourgeois

Il y a quelques mois, je vous parlais de la Duchesse de Lorraine, une bière brassée selon une recette du XVIIIe siècle, que je qualifiais de véritable "bière de claveciniste" : instruments d'époque, bières d'époque, même combat. Aujourd'hui je voudrais porter un toast avec deux autres bières de baroqueux : la Hotteterre et la Sainte-Colombe.

Bières de baroqueux, car elles portent chacune le nom d'un compositeur de l'époque baroque, Jacques Hotteterre, célèbre pour ses oeuvres pour la flûte, et Monsieur de Sainte Colombe, dont le nom évoque tout de suite la viole de gambe - plusieurs d'entre vous ont peut-être déjà fait sa connaissance à travers le film "Tous les matins du monde"...

La petite ville de La Couture Boussey, dans l'Eure, est célèbre pour avoir été un important centre de lutherie : entre 1850 et 1940, la moitié de la population du village vit de la lutherie! On peut d'ailleurs y visiter un musée des instruments à vent. C'est là que vécut et travailla Jacques Martin Hotteterre, qui fut célèbre pour sa Méthode de flûte traversière (le fameux traverso des baroqueux, une flûte traversière en bois sans système de clés, avec un son complètement différent des flûtes en métal modernes), pour ses pièces de flûte et bien sûr pour les instruments qu'il fabriquait. Le logo de la bière "Hotteterre" représente d'ailleurs le musicien en train de jouer du traverso... Et, comble de bonheur, la brasserie Hotteterre, qui se visite, propose, en plus de ses chambres d'hôtes, des concerts!

"Bienvenue au pays des fées" nous dit d'emblée le site de la Brasserie Sainte Colombe, situé à... Sainte-Colombe, dans l'Ille et Vilaine (près de Rennes). Deux Hollandais qui ont la passion de la bière ont créé cette brasserie en 1996, et si le nom de Brocéliande évoque les enchantements des fées, celui de Sainte Colombe est pour les musiciens la souvenance d'un compositeur prolifique dont on dit qu'il ajouta une septième corde à la viole de gambe. Pas de musique dans la bière Sainte-Colombe, mais quand même un souci d'authenticité dans ces bières pur malt, non filtrées, non pasteurisées.

Et pour ceux qui rigoleraient sous cape, lorsque j'évoque les bonnes bières sur un blog normalement dédié à la musique baroque, je vous signale que les Concertos Brandebourgeois de Bach ont été créés dans une brasserie, le Café Zimmermann, qui a d'ailleurs donné son nom à un ensemble baroque français que j'ai eu l'occasion d'entendre en concert encore récemment sous la houlette de Gustav Leonhardt. Et puis, moi aussi j'ai déjà donné un concert de clavecin dans une brasserie: souvenez-vous de la Fête de la Musique 2004 à Nantes au très culte Café Flesselles : j'avais apporté mon clavecin, et nous nous étions régalés à vous servir du Bach, du Vivaldi, du Handel dans une ambiance qui vaut bien celles des bars jazz... FIP (la radio) en avait parlé toute la journée... Tiens, et si je récidivais à Vannes? Qui connaît un bar un peu branché et alternatif où l'on pourrait faire des sessions baroques? Je sens qu'avec cette nouvelle résidence artistique, on va bien s'amuser...!

samedi 1 décembre 2007

Claude Nadeau nommée artiste en résidence à Vannes (Morbihan, Bretagne)

Vannes crée une nouvelle résidence d’artiste<